Le roman préhistorique : Rosny aîné et après

roman prehistorique en belgique

Objet de fas­ci­na­tion pour les écrivains, la Préhis­toire a inspiré de nom­breux romans dès la fin du 19e siè­cle. En Bel­gique sin­gulière­ment, des romanciers d’hier et d’aujourd’hui font vivre l’imag­i­naire des pre­miers hommes. Tour d’horizon. « Les Oul­hamr fuyaient dans la nuit épou­vantable. Fous de souf­france et de fatigue, tout leur sem­blait vain devant la calamité suprême : le Feu était mort. »[1]  Le souf­fle romanesque et la force évo­ca­trice qui se déga­gent des pre­miers mots du célèbre roman La guerre du feu de Ros­ny aîné illus­trent à eux seuls l’in­térêt immense qu’a sus­cité ce roman pub­lié en 1909. Con­tin­uelle­ment réédité depuis, adap­té à de mul­ti­ples repris­es en ban­des dess­inées et en films, il con­stitue aujour­d’hui l’œuvre emblé­ma­tique d’un genre, d’une tra­di­tion, d’un cor­pus que l’on rassem­ble sous le nom de « roman des âges farouch­es », de « roman préhis­torique » ou encore de « roman de la Préhis­toire ».

rosny ainé 2

Ros­ny Ainé

Mais quelle réal­ité se cache exacte­ment der­rière ces expres­sions ?

Entre science et imagination

Les romans ou nou­velles met­tant en scène la Préhis­toire, cette très vaste péri­ode com­prenant les près de 3 mil­lions d’an­nées qui sépar­ent l’émer­gence des pre­miers humains de l’in­ven­tion de l’écri­t­ure, peu­vent-ils être rassem­blés sous une même éti­quette, en un genre lit­téraire iden­ti­fi­able et iden­ti­fié à l’in­star du roman his­torique, du roman d’aven­tures ou encore de la sci­ence-fic­tion aux­quels sa pro­duc­tion est régulière­ment asso­ciée ?

schoentjes inventer des grottesLes spé­cial­istes de la ques­tion sem­blent s’ac­corder glob­ale­ment lorsqu’il s’ag­it de définir l’ex­pres­sion « roman préhis­torique ». Pierre Schoen­t­jes, dans son très récent Inven­ter des grottes, pré-his­toires romanesques, l’u­tilise pour « désign­er des fic­tions dont une part impor­tante de l’ac­tion se déroule à la Préhis­toire »[2]. Marc Guil­lau­mie quant à lui pro­pose de définir le roman préhis­torique comme « un réc­it de fic­tion en prose suff­isam­ment impor­tant et autonome, dont l’ac­tion est cen­sée se dérouler dans la Préhis­toire, en référence à la sci­ence de l’époque où il a été écrit »[3]. Au-delà de leurs allures tau­tologiques, ces déf­i­ni­tions révè­lent les dif­fi­cultés inhérentes liées à la mise en évi­dence d’un genre regroupant une con­stel­la­tion d’œuvres, néces­saire­ment hétérogène.

Cepen­dant, et sans entr­er dans d’ex­ces­sifs détails[4], les romans préhis­toriques pub­liés dans ce que l’on con­sid­ère comme la péri­ode fon­da­trice du genre, située entre le dernier quart du 19e siè­cle et les pre­mières années du 20e siè­cle, présen­tent une remar­quable cohé­sion struc­turelle et thé­ma­tique. Si ce con­stat s’ap­plique à l’ensem­ble de la pro­duc­tion de l’époque, il est par­ti­c­ulière­ment vis­i­ble dans celle d’o­rig­ine belge fran­coph­o­ne, notam­ment peut-être sous l’in­flu­ence de Ros­ny aîné auquel nos auteurs se rat­tachent volon­tiers.

C’est que l’émer­gence du roman préhis­torique à la fin du 19e siè­cle s’in­scrit dans un con­texte par­ti­c­uli­er qui voit l’archéolo­gie préhis­torique se dévelop­per comme sci­ence. Influ­encée à la fois par la géolo­gie, qui ne cesse de repouss­er l’âge de la Terre, et les théories évo­lu­tion­nistes de nat­u­ral­istes comme Jean-Bap­tiste Mon­net de Lamar­ck puis Charles Dar­win, qui révo­lu­tion­nent l’ap­proche du vivant, l’époque vit une véri­ta­ble révo­lu­tion intel­lectuelle à laque­lle de nom­breux artistes sont sen­si­bles. Si les romans préhis­toriques se nour­ris­sent de ces sci­ences, ils s’éloignent pour­tant dès leurs orig­ines des don­nées sci­en­tifiques et dévelop­pent une série de car­ac­téris­tiques com­munes, véri­ta­bles matri­ces d’un imag­i­naire préhis­torique fait de grottes et de mas­sues, de nature lux­u­ri­ante et de luttes frat­ri­cides certes éloigné de la réal­ité, mais dont l’an­crage dans la cul­ture pop­u­laire témoigne de sa force et de sa per­ma­nence.

Il faut dire que l’époque con­cernée en pre­mier chef par le roman préhis­torique présente des dis­po­si­tions naturelles à l’ex­trap­o­la­tion fic­tion­nelle : la Préhis­toire s’ar­rête lorsqu’apparait l’écri­t­ure. Certes, cette con­ven­tion his­torique est cri­ti­quable et cri­tiquée. Quoi qu’il en soit, aucun témoignage écrit direct n’a été pro­duit. Que pen­saient les femmes et les hommes de la Préhis­toire ? Que voulaient-ils exacte­ment faire pass­er comme mes­sage lorsqu’ils s’adon­naient à l’art par­ié­tal ? Com­ment envis­ageaient-ils leur envi­ron­nement ? Quelles étaient leurs croy­ances ? Leur rap­port au vivant ? Com­ment s’or­gan­i­saient les rap­ports entre les sex­es ? Entre les âges ? Entre les groupes humains ? Il sem­ble bien hasardeux de répon­dre fer­me­ment à ces ques­tions et cette absence invite tout autant les sci­en­tifiques à la pru­dence que les artistes à la créa­tiv­ité.

En somme, le roman préhis­torique ne pou­vait se dévelop­per sans l’émer­gence d’une sci­ence préhis­torique, mais ce n’est qu’en la trahissant que les romanciers fai­saient œuvre de fic­tion. Ain­si, si les pre­miers auteurs affir­ment presque tou­jours, en pré­face ou au sein même de leur œuvre, se soumet­tre aux don­nées de la sci­ence, ce n’est que pour mieux la renier, de manière con­sciente ou non, presque aus­sitôt. Il con­vient dès lors de voir ce fac­tice ancrage comme une con­ven­tion du genre, une sorte d’ef­fet de réel, de cau­tion fic­tive, et de lire ces réc­its non comme des témoins fiables de ce que pou­vait être la vie à la Préhis­toire mais comme des fic­tions avant tout innervées par les idéolo­gies de leur époque.

Naissance dans les lettres belges francophones

Alors que le motif préhis­torique sem­ble con­naitre un retour sig­ni­fi­catif dans la pro­duc­tion lit­téraire belge fran­coph­o­ne récente, sous des formes hybrides et dans des con­textes par­ti­c­uliers que nous explorerons plus loin, le roman préhis­torique entre­tient avec nos let­tres un rap­port par­ti­c­uli­er qui remonte à ses orig­ines. Dans l’in­tro­duc­tion de son étude, le chercheur Marc Guil­lau­mie établit un cor­pus fon­da­teur du genre qui s’éla­bore dans l’e­space fran­coph­o­ne européen entre 1870 et 1914 avant d’es­saimer dans d’autres langues. Il y souligne la « sur-représen­ta­tion des Belges»[5] , sans que l’on puisse réelle­ment expli­quer cette éton­nante par­tic­u­lar­ité. Ain­si, par­mi les neuf auteurs orig­inels qu’il iden­ti­fie, qua­tre sont d’o­rig­ine belge : Gus­tave Hage­mans (1830 — 1908), J.-H. Ros­ny aîné (1856 — 1940), Ray Nyst (1864 — 1948) et Paul Max (1884 — 1945). Pour com­pléter le tableau, bien que leur con­tri­bu­tion soit plus tar­dive et d’une moin­dre impor­tance, citons égale­ment Hen­ri-Jacques Proumen (1879–1962), Jean Tou­sseul (1890–1944) et Pierre Goe­maere (1894–1975).

rosny aine les navigateurs de l'infiniPar­mi eux, il con­vient assuré­ment de met­tre en exer­gue J.-H. Ros­ny aîné. S’il n’est pas l’in­ven­teur du roman préhis­torique, comme l’ont affir­mé par excès d’en­t­hou­si­asme cer­tains de ses spé­cial­istes, il reste que le tal­ent de l’au­teur et l’am­pleur de son œuvre dédiée à la thé­ma­tique de la Préhis­toire (au moins six romans et plusieurs nou­velles écrits entre 1887 et 1935) en font une fig­ure cen­trale dans l’e­space fran­coph­o­ne et, a for­tiori, dans l’e­space fran­coph­o­ne belge ; si bien que l’on pour­rait, s’il fal­lait établir une somme anthologique du roman préhis­torique belge, para­phras­er le titre de la célèbre antholo­gie du fan­tas­tique établie par Jean-Bap­tiste Baron­ian en 1975 et nom­mer ain­si le vol­ume : « La Bel­gique préhis­torique : avant et après J.-H. Ros­ny aîné ». En effet, bien que son influ­ence soit aujour­d’hui peut-être moins directe­ment vis­i­ble, au siè­cle précé­dent, il sem­blait dif­fi­cile pour les auteurs belges fran­coph­o­nes de ne pas s’in­scrire dans les traces de leur illus­tre com­pa­tri­ote. Ray Nyst ne manque pas de le citer dans sa longue intro­duc­tion à La cav­erne (1909) tan­dis que Hen­ri-Jacques Proumen dédie son Ève, proie des hommes (1934) à « l’in­com­pa­ra­ble romanci­er »[6] et que Pierre Goe­maere pré­cise que son Pèlerin du soleil (1927) est écrit en « hom­mage admi­ra­tion et d’af­fec­tion [au] Maître J.-H. Ros­ny aîné»[7] . André-Mar­cel Adamek, près d’un siè­cle plus tard dans Ran­dah, la fille aux cheveux rouges, nomme l’un de ses per­son­nages « Bak­ouhm, celui qui sait »[8] en référence au savant Bakhoûn imag­iné par Ros­ny aîné dans le fasci­nant Les Xipéhuz. Ce témoignage con­tem­po­rain illus­tre la per­ma­nence de la fig­ure de l’au­teur de La guerre du feu dans l’imag­i­naire lit­téraire du roman préhis­torique. De quoi se con­stitue-t-il ?

Nature sauvage

Il y a d’abord un décor. Nom­bre des pre­miers romans préhis­toriques s’ou­vrent sur des descrip­tions de paysages qui, en plus de pos­er le cadre dans lequel l’in­trigue va se déploy­er, illus­trent avec force une con­cep­tion de la Nature, présen­tée comme pro­fondé­ment ambiva­lente. Nourri­cière, foi­son­nante, d’une abon­dance édénique, elle con­stitue égale­ment la prin­ci­pale men­ace qui pèse sur des hommes encore peu out­il­lés pour s’en pro­téger. S’y déploient une faune et une flo­re endémiques, encore courantes aujour­d’hui, coex­is­tant avec un ensem­ble d’e­spèces dis­parues, du moins sous nos lat­i­tudes. L’ef­fet d’ex­o­tisme de ces descrip­tions, sim­i­laire au dépayse­ment pro­pre à la lit­téra­ture d’aven­tures, con­stitue assuré­ment un des prin­ci­paux attraits des romans préhis­toriques.

La lumière s’él­e­va dans sa force. Elle roulait sur le marécage, fouil­lant les boues et séchant la savane. La joie du matin était en elle, la chair fraîche des plantes. L’eau parut plus légère, moins per­fide et moins trou­ble. Elle agi­tait des faces argen­tines par­mi les îles vert-de-grisées ; elle jetait de longs fris­sons de mala­chite et de per­les, elle éta­lait des soufres pâles, des écail­lures de mica, et son odeur était plus douce à tra­vers les saules et les aulnes. Selon le jeu des adap­ta­tions et des cir­con­stances, tri­om­phaient les algues, étince­lait le lis des étangs ou le nénuphar jaune, sur­gis­saient les flambes d’eau, les euphorbes palus­tres, les lysi­maques, les sagit­taires, s’é­ta­laient des golfes de renon­cules à feuilles d’a­conit, des méan­dres d’or­pin velu, de linai­grettes, d’épi­lobes ros­es, de car­damines amères, de rosso­lis, des jun­gles de roseaux et d’oseraies où pul­lu­laient les poules d’eau, les cheva­liers noirs, les sar­celles, les plu­viers, les van­neaux aux reflets de jade, la lourde out­arde ou la marou­ette aux longs doigts. Des hérons guet­taient au bord des criques roussâtres ; des grues s’é­bat­taient en claquant sur un promon­toire ; le bro­chet bar­belé se ruait sur les tanch­es, et les dernières libel­lules filaient en traits de feu vert, en zigza­gs de lazulites.[9]

La descrip­tion hyper­bolique d’une nature tri­om­phante qu’of­fre Ros­ny aîné dans les pre­mières pages de La guerre du feu est par­faite­ment représen­ta­tive de l’imag­i­naire préhis­torique déployé dans ces réc­its. Il s’ag­it d’évo­quer l’ex­tra­or­di­naire vital­ité des règnes végé­tal et ani­mal.

Pierre Goemaere

Pierre Goe­maere

Ain­si lorsqu’un feu, allumé par une peu­plade enne­mie, dévore les alen­tours, la petite troupe des Hommes du Fleuve mise en scène par Pierre Goe­meare dans Le pèlerin du soleil, assiste, ter­ror­isée et impuis­sante, à la fuite des ani­maux :

En un galop forcené se ruent à tra­vers la plaine des légions de bêtes. Il sem­ble que la Forêt mourante se soulève et lance con­tre ses bour­reaux toutes les meutes qu’abri­taient ses ombrages. Elles ont fui par les lisières supérieures et ont ren­con­tré la chaîne des Roches Rouges qui les fait dériv­er vers le sud. Elles passent, avec un fra­cas de cyclone, en un tour­bil­lon de pelages, de crinières, de four­rures, entraî­nant dans leur panique les ani­maux de la plaine. Il y a là des bêtes accou­rues des four­rés, des tanières, des savanes, des marécages. Il y a des Léopards, des Lynx, des Chats, des Pan­thères ; il a des Ours, des Loups, des San­gliers ; il y a des Élans, des Saï­gas, des Hyènes, des Ona­gres ; il a des Buf­fles et des Aurochs ; il y a des Rhinocéros… Il y a encore des cervidés qui se pré­cip­i­tent par ban­des, mufles au vent, cous ten­dus, bois couchés sur les croupes, trouant les buis­sons comme flèch­es ; et des Chevaux qui fuient par trou­peaux immenses, les pattes pro­jetées en détentes folles. Leurs crinières volent en écume, la terre, sous leur galopée fan­tas­tique, résonne comme un tam­bour.[10]

Si l’on peut soulign­er ici la remar­quable absence du mam­mouth (qui appa­rait ailleurs dans le roman), pour­tant véri­ta­ble sym­bole de la faune préhis­torique présent dans la qua­si-total­ité des romans, cette descrip­tion cumu­la­tive illus­tre le syn­crétisme his­torique et géo­graphique du paysage préhis­torique. L’e­space qui est mis en scène, mal­gré le soin avec lequel une par­tie des auteurs situe l’époque et l’en­droit de l’in­trigue, appa­rait avant tout comme un espace rel­a­tive­ment indéter­miné, fan­tas­ma­tique, car­ac­térisé en pri­or­ité par sa spec­tac­u­laire abon­dance de vie ; un ter­ri­toire romanesque avant tout. 

L’espèce humaine

Dans cet espace sauvage s’ébroue une curieuse espèce qui, sou­vent pénible­ment mais avec une admirable déter­mi­na­tion, est tout en train de s’ex­traire de l’an­i­mal­ité. C’est l’hu­main.

Ray Nyst

Ray Nyst

L’hu­man­ité prim­i­tive se situe tou­jours au cœur des romans préhis­toriques et s’in­car­ne la plu­part du temps dans une fig­ure héroïque : c’est Vamireh, Naoh, Aoûn, Back­hoûn chez Ros­ny aîné, c’est Tab­bok chez Gus­tave Hage­mans, c’est Vol­car le ter­ri­ble chez Paul Max ou encore Yram chez Pierre Goe­maere. Si Ray Nyst ne nomme pas ses héros, leur rôle est sim­i­laire. Ils sont là pour sym­bol­is­er une human­ité en marche vers le pro­grès.

Rarement totale­ment soli­taire, le héros préhis­torique guide un petit groupe. Il est l’ini­ti­a­teur de l’ac­tion, celui grâce auquel la tribu va se mou­voir et, à tra­vers l’ac­com­plisse­ment d’un exploit (tri­om­pher de l’en­ne­mi, migr­er vers des ter­res plus accueil­lantes, domes­ti­quer le feu…), opér­er un saut évo­lu­tif dont le réc­it et la représen­ta­tion con­stituent le véri­ta­ble enjeu du roman préhis­torique. Le héros se situe ain­si entre passé et futur et incar­ne l’e­spèce humaine en pleine évo­lu­tion.

Les car­i­ca­tur­istes con­tem­po­rains de Charles Dar­win dessi­naient le nat­u­ral­iste en homme-singe. Ces dessins restés célèbrent illus­traient le scan­dale que pou­vaient représen­ter les théories évo­lu­tion­nistes dans une société qui n’é­tait pas encore tout à fait prête à con­sid­ér­er l’être humain comme un pri­mate par­mi d’autres. Loin d’y voir une relé­ga­tion, les auteurs de romans préhis­toriques dévelop­pent au con­traire une forme d’ad­mi­ra­tion pour cette human­ité prim­i­tive qui, mal­gré une con­di­tion physique plutôt désa­van­tageuse a pu, par son ingéniosité, domin­er le vivant :

L’homme préhis­torique, for­mé aux écoles d’une vie soli­taire et dan­gereuse, presque sans armes, soute­nait la lutte avec suc­cès con­tre une flo­re et une faune maître du sol ; la main à la mas­sue il a ouvert les forêts et a tenu tête à la nature. Il a ren­du hab­it­able à sa lignée la terre des fauves, des élé­ments ravageurs, des mal­adies et des poi­sons ; si bien qu’au­jour­d’hui nous sommes des mil­lions, et les têtes sont dev­enues plus nom­breuses n’é­taient jadis les arbres des forêts, où lui était presque seul dans l’im­mense hal­li­er qui cou­vrait la terre.[11]

Pour Ray Nyst, et pour tous les romanciers préhis­toriques avec lui, les décou­vertes archéologiques élèvent l’Hu­man­ité.

L’œuvre de Ros­ny aîné con­stitue sur cet aspect l’ex­em­ple le plus abouti. Ses fic­tions préhis­toriques, tout comme celles par ailleurs qui relèvent de la sci­ence-fic­tion, sont innervées par la représen­ta­tion « d’une human­ité perçue comme glob­ale, de ses orig­ines à sa fin, en tant qu’e­spèce »[12]. Le lecteur con­tem­po­rain ne peut qu’être frap­pé par cette vision très actuelle d’une espèce humaine soumise au cycle naturel d’ap­pari­tion, d’évo­lu­tion et de dis­pari­tion. Son pro­jet lit­téraire présente une dimen­sion total­isante, celle de racon­ter l’Hu­man­ité à tous les stades de l’évo­lu­tion, de sa nais­sance, sym­bol­ique évidem­ment, dans les réc­its préhis­toriques, à sa fin, dans La mort de la Terre. S’il affirme, à la fin des Xipéhuz, que « La Terre appar­tient aux Hommes »[13], il ne cesse de mon­tr­er que ce règne n’est qu’éphémère, une sim­ple par­en­thèse dans la for­mi­da­ble his­toire du vivant qui a com­mencé bien avant l’homme et con­tin­uera bien après lui.

Diversité génétique

Pour représen­ter cette évo­lu­tion, les auteurs de romans préhis­toriques n’hési­tent pas à faire cohab­iter en en même lieu et en un même temps des états dif­férents de l’évo­lu­tion humaine, mais aus­si plusieurs espèces humaines imag­i­naires présen­tées comme des « races » et nom­mées ain­si. Cet aspect a don­né au roman préhis­torique une répu­ta­tion de lit­téra­ture raciste, à cer­tains égards jus­ti­fiée. Si l’on ne peut évidem­ment nier que cer­tains romans préhis­toriques se révè­lent vio­lem­ment et frontale­ment racistes (comme bien d’autres romans de la même époque par ailleurs), la plu­part sont avant tout pétris de cette idée que les ancêtres de l’hu­man­ité mod­erne présen­taient des car­ac­téris­tiques physiques et men­tales par­ti­c­ulières. Ce sont elles qui leur ont per­mis de per­dur­er jusqu’à aujour­d’hui alors que d’autres var­iétés humaines, moins favorisées par le hasard biologique, ont dis­paru.

guillaumie le roman prehistoriqueLes auteurs représen­tent ain­si volon­tiers dans leur réc­it une forme de hiérar­chie entre dif­férentes espèces humaines pour la plu­part totale­ment fic­tives. Dépein­dre cette diver­sité con­stitue d’ailleurs l’un des exer­ci­ces priv­ilégiés des romanciers qui mul­ti­plient ce que Marc Guil­lau­mie appelle des « para-human­ités imag­i­naires »[14]. Ce sont les Nains Rouges, ces êtres de petite taille à la peau couleur brique, aux épaiss­es mâchoires et aux « yeux tri­an­gu­laires »[15]. Ce sont les Tardi­grades, mangeurs de vers, « parias aux fron­tières de l’an­i­mal­ité »[16]. Ce sont encore les Hommes des arbres à la tête énorme et à la mâchoire « en forme de mufle »[17] men­tion­nés égale­ment par Ros­ny aîné et repris par Pierre Goe­maere. Ces peu­plades dessi­nent tout une con­stel­la­tion d’hu­man­ités prim­i­tives bien éloignées de la vérac­ité sci­en­tifique, mais qui par­ticipent à la fois à l’ex­o­tisme du réc­it, proche sur cet aspect la sci­ence-fic­tion ou la fan­ta­sy encore à naitre, et à l’il­lus­tra­tion du pro­pos évo­lu­tion­niste défendu par les auteurs : l’hu­man­ité prim­i­tive est une ani­mal­ité. Ray Nyst décrit son héros comme « un ani­mal soigné et ménagé par la nature »[18]. Mais l’évo­lu­tion implique de pro­gres­sive­ment s’ex­traire de cette con­di­tion ani­male car dans un monde dynamique envis­agé à tra­vers le fil­tre de la lutte et de la survie du plus fort, « s’hu­man­is­er » est la con­di­tion de la per­pé­tu­a­tion de l’e­spèce.

Les romans préhis­toriques tels qu’ils se déploient à leur orig­ine ne sont cer­taine­ment pas des doc­u­men­taires. S’ils doivent être lus comme les témoins d’une époque, alors ils en révè­lent bien plus sur les idéolo­gies qui tra­versent l’Eu­rope occi­den­tale à la charnière des 19e et 20e siè­cles que sur les mœurs de nos loin­tains ancêtres. Néan­moins, les lire à tra­vers les lunettes de la sci­ence archéologique n’est cer­taine­ment pas le meilleur moyen de leur faire hon­neur. Leur dimen­sion romanesque, aven­tureuse, l’ex­o­tisme foi­son­nant des mon­des qui y sont créés et le souf­fle mythique qui les tra­versent les inscrivent plus que partout ailleurs dans la vaste tra­di­tion de ce que l’on appelle aujour­d’hui les lit­téra­tures de l’imag­i­naire.

Avatars contemporains

Tout au long du 20e siè­cle, le roman préhis­torique con­tin­ue son développe­ment. Les réc­its se décli­nent abon­dam­ment dans la cul­ture pop­u­laire et médi­a­tique et s’é­ten­dent bien au-delà des fron­tières de la lit­téra­ture. Par un hasard dont on pein­erait cer­taine­ment à trou­ver les raisons, l’his­toire de la lit­téra­ture belge fran­coph­o­ne garde bien peu de traces de témoins du genre après le pre­mier tiers du 20e siè­cle. Comme si, à par­tir des années 1930, nos let­tres s’en dés­in­téres­saient glob­ale­ment alors qu’il con­nais­sait ailleurs des suc­cès impor­tants et une présence con­tin­ue.

La pro­duc­tion con­tem­po­raine dément cepen­dant cette affir­ma­tion et si l’on ne trou­ve pas vrai­ment chez nous de grandes fresques préhis­toriques comme peu­vent l’être celles de l’é­ta­suni­enne Jean M. Auel (et sa série Les enfants de la Terre, 1981 — 2011) ou du français Pierre Pel­lot (et sa série Sous le vent du monde, 1997–2001), plusieurs auteurs con­tem­po­rains font aujour­d’hui vivre l’imag­i­naire des pre­miers hommes.

Il con­vient cer­taine­ment de citer en pre­mier lieu Daniel De Bruy­ck­er. Son pre­mier roman, Silex. La tombe du chas­seur, est pub­lié chez Actes Sud en 1999. S’y révèle immé­di­ate­ment l’in­térêt pro­fond que l’au­teur porte à la Préhis­toire ; un intérêt qui se déploie de manière plus évi­dente encore dans son dernier roman, L’orée, pub­lié en 2015 chez Luce Wilquin. Silex se présente comme le jour­nal de bord d’un archéo­logue par­ti en mis­sion de fouille dans les steppes du Tad­jik­istan à la décou­verte d’une sépul­ture néan­der­tal­i­enne. Si le roman ne se déroule donc pas à la Préhis­toire, il se développe au fil de la fouille, à tra­vers les pen­sées retran­scrites de l’archéo­logue, un lien imag­i­naire avec le squelette pro­gres­sive­ment révélé, comme une occa­sion de méditer sur la mys­térieuse et irré­ductible altérité des états anciens de l’Hu­man­ité. L’orée quant à lui con­stitue l’un des exem­ples con­tem­po­rains les plus fidèles à la longue tra­di­tion des fic­tions préhis­toriques. Se déroulant dans une Préhis­toire tar­dive, le roman se présente comme le réc­it d’une trans­mis­sion entre un grand-père à sa petite fille. À tra­vers son his­toire et celle de sa tribu, le vieil homme racon­te le pas­sage de la vie nomade à la vie séden­taire. Une tran­si­tion his­torique­ment longue et iné­gale­ment répar­tie que l’au­teur choisit de rassem­bler dans les quelques dizaines d’an­nées que dure une généra­tion, sym­bol­isant ain­si avec force ce que l’archéo­logue Vere Gor­don Childe a nom­mé « la révo­lu­tion néolithique ». La vision de la Préhis­toire y est ici indé­ni­able­ment plus apaisée que dans les romans préhis­toriques antérieurs, mais l’au­teur ne renonce pour autant pas à quelques motifs qui leur étaient chers comme la forêt prim­i­tive ou encore le spec­tac­u­laire épisode de guerre con­tre une tribu can­ni­bale con­sti­tuée de « brutes obtus­es » qui « ne con­nais­saient pas le feu»[19], rejouant l’éter­nelle lutte entre lumière et obscu­rité.

adamek randah

Dernier roman du regret­té André-Mar­cel Adamek pub­lié chez Mijade en 2011, année de la dis­pari­tion de l’au­teur, Ran­dah. La fille aux cheveux rouges joue une par­ti­tion rel­a­tive­ment sim­i­laire à celle de L’orée. Dans ce roman plus ramassé, des­tiné à un pub­lic plus jeune, l’au­teur con­dense lui aus­si, dans l’e­space d’une vie humaine, le pas­sage du paléolithique au néolithique. Sa prin­ci­pale orig­i­nal­ité réside, comme son titre le laisse enten­dre, dans la fig­ure héroïque au cœur de l’in­trigue incar­née par un per­son­nage féminin. Bien que Ros­ny aîné ait déjà nom­mé l’un de ses romans préhis­toriques par le nom de son per­son­nage féminin prin­ci­pal, Eyrimah en 1893, les femmes y étaient presque tou­jours reléguées au sec­ond plan, chez lui comme chez les autres auteurs. La vision très sex­iste des femmes dans cette pro­duc­tion, que Marc Guil­lau­mie et Pierre Schoen­t­jes ont analysée en pro­fondeur dans leurs essais respec­tifs, relève à la fois d’une idéolo­gie d’époque et de con­ven­tions nar­ra­tives qui font des per­son­nages féminins, dans la grande marche de la per­pé­tu­a­tion de l’e­spèce, des objets de con­quête essen­tielle­ment réduits à des fonc­tions repro­duc­tri­ces. André-Mar­cel Adamek, pro­pose ain­si un roman, peut-être tout aus­si éloigné de la réal­ité de la Préhis­toire mais néan­moins plus con­forme, dans sa nuance, à la sen­si­bil­ité et aux enjeux de notre époque.

kavian l'homme que les chiens aimaient

C’est d’ailleurs au sex­isme, autant préhis­torique que con­tem­po­rain, que s’at­taque avec un humour toni­tru­ant Eva Kavian dans L’homme que les chiens aimaient, pub­lié en 2016 chez Onlit. Présen­té par son édi­teur comme un road-movie à la sauce mésolithique, le roman suit les péré­gri­na­tions de Galère qui, après avoir reçu « l’équiv­a­lent de son C4 »[20] quitte sa forêt de Mar­lagne pour un voy­age sans retour. Durant ses aven­tures pour le moins loufo­ques, chaque occa­sion, et il s’en présente beau­coup, sem­ble bonne pour tester les mul­ti­ples var­iétés de la sex­u­al­ité libre d’« une époque encore préservée de la morale et de la reli­gion »[21]. Par un con­stant jeu de par­al­lèles entre Préhis­toire et époque con­tem­po­raine, l’autrice s’a­muse à dépein­dre la nais­sance de nos sociétés séden­tarisées tout en égratig­nant joyeuse­ment et avec un réel plaisir de la trans­gres­sion notre imag­i­naire sex­uel et ses représen­ta­tions féminines, ces « incouilles » comme elle les nomme dans le roman.

hupin ne pas nourrir les animaux

Cécile Hupin, dans son pre­mier roman pub­lié chez 180° édi­tions en 2024, ne fait pas autre chose lorsqu’elle ouvre Ne pas nour­rir les ani­maux sur la « fab­uleuse orgie sui­cidaire »[22] à laque­lle s’adonne la nar­ra­trice préhis­torique et sa jeune amante. Enlacées dans la mort, elles sont inter­rompues dans leur félic­ité 35 000 ans plus tard par les coups d’une pel­leteuse. Là s’ar­rête à peu près l’ex­plo­ration préhis­torique de l’autrice. Le roman s’in­téresse alors à la lutte acharnée que se livrent un fer­mi­er et un pro­mo­teur immo­bili­er pour des ter­res agri­coles vouées à accueil­lir un hôpi­tal. Dans ce roman déjan­té, la place de la Préhis­toire reste mar­ginale. Cécile Hupin utilise la dis­tance tem­porelle de sa nar­ra­trice pour nous livr­er avant tout une fable acide sur la pré­da­tion sans lim­ite de notre époque mod­erne.

Dialogue des âges : Préhistoire et science-fiction

On le voit, les romanciers con­tem­po­rains sem­blent sen­si­bles à la représen­ta­tion plus explicite du dia­logue entre les épo­ques anci­ennes et con­tem­po­raines, jusqu’à par­fois flirter avec la sci­ence-fic­tion.

papleux la venus de la vallée mosane

Dans La Vénus de la Val­lée mosane pub­lié chez M.E.O. en 2023, Olivi­er Papleux utilise les dernières décou­vertes sci­en­tifiques, notam­ment sur le séquençage de l’ADN néan­der­tal­ien, pour nous emmen­er dans une véri­ta­ble enquête « généti­co-paléolithique » à la recherche d’un traite­ment mir­a­cle visant à com­bat­tre une mys­térieuse mal­adie liée aux gènes néan­der­tal­iens tou­jours présents chez l’homme mod­erne. Très dynamique mais aus­si très didac­tique, l’in­trigue sem­ble par­fois pré­texte à fournir au lecteur un exposé sci­en­tifique.

Dans des romans pour­tant très dif­férents, le Brux­el­lois Jere­mie Brugi­dou et la Gan­toise Noëlle Michel instal­lent leur intrigue dans un futur rel­a­tive­ment proche où les pro­grès de la géné­tique ont per­mis de faire renaitre des espèces dis­parues.

brugidou ici la beringie

Ain­si dans Ici, la Béringie pub­lié aux édi­tions de l’O­gre en 2021, Jere­mie Brugi­dou explore un même lieu, le détroit de Béring, à tra­vers trois épo­ques. C’est d’abord celle de Sél­hézé jeune nomade vivant dans ce qui était alors un espace ouvert entre Amérique et Asie et foi­son­nant d’une vie aujour­d’hui presque totale­ment dis­parue. C’est ensuite celle d’Huskins, géo­logue améri­cain qui, au milieu du 20e siè­cle, décou­vre, à l’aube de la guerre froide, dans ce ter­ri­toire ô com­bi­en stratégique, les traces de cette vie préhis­torique. C’est enfin celle de Jeanne, archéo­logue œuvrant dans un futur proche à la sauve­g­arde d’un chantier de fouilles détru­it par la fonte rapi­de du per­mafrost d’un immense parc abri­tant des mam­mouths recon­stru­its géné­tique­ment. Ce remar­quable roman tra­verse les tumultes des siè­cles, fait réson­ner les épo­ques dans une con­struc­tion nar­ra­tive com­plexe mais fasci­nante des­tinée à nous faire ressen­tir le chaos du monde, présent et à venir.

michel demain les ombres

Tout aus­si pas­sion­nant, Demain les ombres de Noëlle Michel, pub­lié au Bruit du monde en 2023, nous trans­porte dans un futur aux accents dystopiques à la décou­verte d’une expéri­ence sci­en­tifi­co-com­mer­ciale visant à faire renaitre les Néan­der­tal­iens. Le roman aux allures de tech­no-thriller est surtout l’oc­ca­sion pour l’autrice de mon­tr­er, au-delà de la géné­tique, l’im­por­tance de l’é­d­u­ca­tion et de la cul­ture dans la con­struc­tion intel­lectuelle et de dénon­cer les dégâts qu’en­gen­dre l’in­sa­tiable soif de con­trôle de nos sociétés mod­ernes.

Inventer la Préhistoire

Ce voy­age dans les romans inspirés par la Préhis­toire illus­tre la fas­ci­na­tion que cette époque mécon­nue exerce sur nos imag­i­naires. Investis­sant les failles, comblant les trous et les silences de la sci­ence, les autri­ces et auteurs for­gent, depuis près d’un siè­cle et demi, un imag­i­naire spécu­latif qui allie la force expres­sive du mythe et le sérieux de la sci­ence. Si le roman préhis­torique s’est trans­for­mé, adap­té au fil du temps, il trou­ve sa cohérence dans un objec­tif tou­jours partagé, celui d’être, avant tout, un réc­it des orig­ines.

Nico­las Steten­feld


[1] J.-H. ROSNY AÎNÉ, La guerre du feu, Brux­elles, Labor, coll. « Espace Nord », 1994, p. 13.
[2] Pierre SCHOENTJES, Inven­ter des grottes, pré-his­toires romanesques, Mar­seille, Le mot et le reste, 2025, p. 41–42.
[3] Marc GUILLAUMIE, Le roman préhis­torique : essai de déf­i­ni­tion d’un genre, essai d’his­toire d’un mythe, Tal­ence, Édi­tions Fedo­ra, 2021, p. 44.
[4] Pour une explo­ration appro­fondie de cette ques­tion, nous ren­voyons à l’in­con­tourn­able essai de Marc Guil­lau­mie (op. cit.), et plus par­ti­c­ulière­ment au chapitre « Inno­va­tion et ressasse­ment » (p. 355–456).
[5] Ibid., p. 46.
[6] Hen­ri-Jacques PROUMEN, Ève, proie des hommes, Brux­elles, Labor, 1934.
[7] Pierre GOEMAERE, Le pèlerin du soleil, Paris, Albin Michel, 1927.
[8] André-Mar­cel ADAMEK, Ran­dah, la fille aux cheveux rouges, Namur, Mijade, 2011, p. 85.
[9] J.-H. ROSNY AÎNÉ, op. cit., p. 16–17.
[10] Pierre GOEMAERE, op. cit., p. 148–149.
[11] Ray NYST, La cav­erne, Brux­elles, Ray Nyst, 1909, p. 53.
[12] Nat­acha VAS-DEYRES, « De l’aube de l’hu­man­ité au cré­pus­cule du futur. La dialec­tique sci­ence-fic­tion-préhis­toire chez Ros­ny aîné, Fran­cis Carsac et Pierre Pelot », dans Elseneur, n°34, 2019, p. 132.
[13] J.-H. ROSNY AÎNÉ, Les nav­i­ga­teurs de l’in­fi­ni précédé de Les Xipéhuz, Brux­elles, Espace Nord, 2024, p. 52.
[14] Marc GUILLAUMIE, « Créer la Préhis­toire, le roman préhis­torique de J.-H. Ros­ny aîné », dans Elseneur, n°34, 2019, p. 22.
[15] J.-H. ROSNY AÎNÉ, La guerre du feu, op. cit., p. 201.
[16] J.-H. ROSNY AÎNÉ, Vamireh, dans Romans préhis­toriques, Paris, Robert Laf­font, coll. « Bouquins », 1987, p. 82.
[17] Pierre GOEMAERE, op. cit., p. 213.
[18] Ray NYST, Notre père des bois, 1899, p. 161, cité dans Pierre SCHOENTJES, op. cit., p. 334.
[19] Daniel DE BRUYCKER, L’orée, Avin, Luce Wilquin, 2015, p. 161.
[20] Eva KAVIAN, L’homme que les chiens aimaient, Brux­elles, Onlit, 2016, p. 10.
[21] Ibid., p. 104.
[22] Cécile HUPIN, Ne pas nour­rir les ani­maux, Sion, 180° édi­tions, 2024, p. 14.


Arti­cle paru dans Le Car­net et les Instants n°225 (2025)