Un coup de cœur du Carnet
Michèle FABIEN, Notre Sade, Sara Z., Charlotte, postface d’Élise Deschambre, Impressions nouvelles, coll. « Espace Nord », 2025, 184 p., 10 €, ISBN : 9782875687111
Figure majeure des Lettres belges, de la scène théâtrale des années 1970-1990, autrice, dramaturge, adaptatrice, traductrice de Pasolini, Michèle Fabien (1945-1999) a interrogé avec une puissance inégalée l’espace théâtral, la dialectique des mots et des choses, du corps et du désir, de l’ordre symbolique, de son en deçà et de son au-delà. Accompagnées d’une remarquable postface d’Élise Deschambre, trois de ses pièces, Notre Sade, Sara Z., Charlotte, sont rééditées (dans un ordre différent) par Espace Nord vingt ans après la première édition dont la lecture éclairante était signée Marc Quaghebeur. Continuer la lecture
Dans la brève histoire (moins de deux siècles) de la famille royale belge, les noms qui suscitent encore aujourd’hui le plus de controverses sont ceux de Léopold II et Léopold III, respectivement associés aux mains coupées du Congo ou à la main serrée d’Hitler. L’attention des hagiographes s’est aussi davantage concentrée sur les mâles couronnés, pour saisir les états d’âme de Léopold Ier à régner sur un peuple de « petits esprits », pour forger le mythe du « Roi-Chevalier » Albert Ier ou pour magnifier le doux sourire du « binamé » Baudouin. Il fallait une tragédie pour que soit sacralisée la Reine Astrid ou encore les qualités du dévouement ou du bon goût artistique, pour que prenne consistance la Reine Élisabeth…
Un destin qui a soulevé beaucoup de curiosité, c’est celui de Charlotte de Belgique (1840-1927) dont la longue vie sombra très tôt dans la folie. Elle la termina dans le calme d’un délire installé, mais dans un état physique relativement stable et constant. Nombre d’études, commentaires ou histoires figurent parmi les références bibliographiques du dernier ouvrage en date qui lui est consacré par André Bénit, professeur à l’Université Autonome de Madrid. Charlotte princesse de Belgique et impératrice du Mexique s‘inspire en effet des plus récentes recherches historiques et psychiatriques concernant cette princesse, un ouvrage commenté ainsi dès sa première de couverture : un conte fées qui tourne au délire. Ce qui se confirme au regard d’un bref résumé.