Archives par étiquette : Mexique

Un délire calme, diffus et incohérent

André BÉNIT, Charlotte princesse de Belgique et impératrice du Mexique (1840-1927), Historic’one Editions, 2017, 218 p., 20 €, ISBN : 978-2-912994-62-4

bénitUn destin qui a soulevé beaucoup de curiosité, c’est celui de Charlotte de Belgique (1840-1927) dont la longue vie sombra très tôt dans la folie. Elle la termina dans le calme d’un délire installé, mais dans un état physique relativement stable et constant. Nombre  d’études, commentaires ou histoires figurent parmi les références bibliographiques du dernier ouvrage en date qui lui est consacré par André Bénit, professeur à l’Université Autonome de Madrid. Charlotte princesse de Belgique et impératrice du Mexique  s‘inspire en effet des plus récentes recherches historiques et psychiatriques concernant cette princesse, un ouvrage commenté ainsi dès sa première de couverture : un conte fées qui tourne au délire. Ce qui se confirme au regard d’un bref résumé. Continuer la lecture

Au Mexique, « sur la route », avec Alechine

Un coup de coeur du Carnet

Ivan ALECHINE, Enterrement du Mexique, avec des dessins d’Eduardo ARROYO, Galilée, 2016, 96 p., 16 €   ISBN : 9782718609492

alechineIl est toujours en marche, à pied, à cheval, dans un autocar surchargé, une voiture que conduit un adolescent pauvre imbibé de substances frelatées et de mauvaise bière. On the road. Il est sonné, « moitié éveillé, marchant dans la plaine », groggy, allongé dans une miteuse chambre d’hôtel, parfois avec une femme fourmi, indienne ou japonaise  – mais on ne sait lequel soutient l’autre. Ou au contraire il est d’une lente patience, les sens en alerte, et guette d’un œil l’instant décisif où l’image, qu’elle soit poétique ou photographique, prendra place dans son champ de vision. « Un poète prépare le terrain, certes, écrit Ivan Alechine dans Enterrement du Mexique, son nouveau recueil, mais le pouvoir de la poésie écrite tient à ce que des phrases entières s’imposent à soi et qu’il faut capturer sur le champ. » Continuer la lecture

Presque fin d’un monde à Dolores, Mexique

Maria de los Angeles PRIETO MARIN, Raconte-moi les pluies, Editions du Cygne, 2016, 143 p.,15€   ISBN : 978-2849244500

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La jeune Charlotte Janin débarque d’un bus sur la Plaza Mayor d’une petite ville mexicaine: « Oasis formée de cubes miniatures et colorés, qui grimpaient sur les collines entourant le centre-ville », Dolores « portait bien son nom : ‘Douleurs’, petite ville asséchée suppliant dans la souffrance la pluie boudeuse ». La pénurie d’eau est totale : « 121 jours de sècheresse. La municipalité ordonne des mesures de rationnement », lit-on dans le journal.

Charlotte vient enseigner à l’Institut français avec l’intention de s’éloigner d’une famille ardennaise d’un catholicisme rigide. Alexandre Cracosky, le directeur de l’Institut, est cultivé, ambitieux et exalté : quadragénaire passionné de sciences politiques, il professe des idées critiques sur l’ordre financier mondial et projette de devenir ambassadeur. Continuer la lecture

Carnets mexicains

Un coup de coeur du Carnet

Hubert ANTOINE, Danse de la vie brève, Paris, Gallimard, coll. »Verticales », 227 p., 19,50 €/ePub : 13.99 €

antoineA propos de son dernier recueil publié aux Editions La Lettre volée Pourquoi je ne suis pas devenu poète, le poète namurois Hubert Antoine nous donnait à entendre qu’il délaisserait pour un temps la poésie pour le roman. C’est maintenant chose faite. Et voici donc ce qu’il est convenu d’appeler le premier roman d’un poète, gageure s’il en est, sous la forme du journal intime de Melitza dont on sait d’emblée qu’elle mourra… Continuer la lecture

L’itinéraire d’Ivan Alechine au pays des Indiens Huichols

Pierre MALHERBE

alechine_delaunoisDans Oldies (Galilée, 2012), Ivan Alechine était remonté à la source de ses années d’enfance, à Sauvagemont en Brabant wallon, puis nous avait entraînés à sa suite dans un voyage souvent tumultueux, celui de son adolescence et de son entrée dans un monde adulte où il peinait à trouver sa place. Proche par ses parents, Pierre et Micky Alechinsky, de toute une communauté intellectuelle et artistique extrêmement vivifiante, curieuse de tout, Ivan Alechine a raconté dans Oldies combien il lui avait été difficile de prendre ses propres marques. Tardivement, il s’était aperçu qu’il lui fallait absolument aborder un nouveau continent, un territoire mental et émotionnel qui lui appartienne en propre, où il allait lui aussi pouvoir expérimenter, tracer des lignes, dessiner des cercles, danser et sautiller autour d’un feu central, sans crainte de lâcher des mains. Continuer la lecture