Aztèques, Huichols, Mayas, Iroquois, Incas, Apaches, Quechuas, Sioux, Triquis, Navajos, Potawatomis… : les Autochtones d’Amérique inspirent auteurs et autrices, en Belgique et ailleurs. Entre aventures de conquistadors et récits de rencontres dans le monde d’aujourd’hui, ils font souvent figure d’altérité radicale.
Très présents dans la littérature belge, les personnages d’Autochtones d’Amérique soulèvent des questions liées à l’identité et à la colonisation. Le sujet valait bien un dossier du Carnet et les Instants.
Initié avec l’article « Les ‘Indiens’ d’Amérique : de la conquête au musée » paru dans Le Carnet et les Instants n° 227 (avril 2026), il se poursuit sur ce blog avec trois entretiens, autour d’œuvres qui mettent en scène des Amérindiens. Continuer la lecture

Est-ce un fait propre à notre paysage belge francophone ? Des auteurs, pleinement reconnus comme poètes, sont nombreux à évoluer avec succès dans le monde du roman, que l’on songe à Lisette Lombé ou à Antoine Wauters pour ne citer qu’eux. Tel fut le cas aussi en 2016 d’Hubert Antoine,
Pour une fois, commençons par la fin. En guise de terminus à Divinités, cette nouvelle échappée d’Ivan Alechine dans la Sierra Madre mexicaine et au-delà, l’auteur d’
Melitza, Mexicaine gorgée de jeunesse et assoiffée d’amour, danse et cadence ses passions, ses révoltes, ses pulsions. Melitza veut, tance, réclame la vie… qui la malmène et la quitte pourtant. Ce fruit juteux aux promesses suaves et acidulées se voit transpercé d’une balle brutale, en pleine poussière d’une rue de Santa Lucía, sous les rayons d’un soleil tardif et les yeux incrédules de son père. Evo, son protecteur huichol aux iris saphir, ramasse alors son enveloppe meurtrie et s’enfuit avec elle. Cette course impérieuse paraît de prime abord étrange, mais « son rapport au monde est tout à fait particulier. Toujours en accord avec la nature, avec les saisons, avec l’équilibre, avec l’instant. Il ne fait rien qui ne soit parfaitement juste. Chacun de ses gestes est en grâce, en logique et en harmonie avec ce qui l’entoure. C’est l’être le plus magnifique qui soit ». Et le mystère se dissout en effet, dans les eaux vertes d’un étang, lorsque l’Indigène s’emplit du dernier souffle de sa soupirante, aspirée dans un mouvement aussi ferme que tendre par la Mort et le chaman. C’est de cette curieuse façon que débute Les formes d’un soupir, continuation de
Un destin qui a soulevé beaucoup de curiosité, c’est celui de Charlotte de Belgique (1840–1927) dont la longue vie sombra très tôt dans la folie. Elle la termina dans le calme d’un délire installé, mais dans un état physique relativement stable et constant. Nombre d’études, commentaires ou histoires figurent parmi les références bibliographiques du dernier ouvrage en date qui lui est consacré par André Bénit, professeur à l’Université Autonome de Madrid. Charlotte princesse de Belgique et impératrice du Mexique s‘inspire en effet des plus récentes recherches historiques et psychiatriques concernant cette princesse, un ouvrage commenté ainsi dès sa première de couverture : un conte fées qui tourne au délire. Ce qui se confirme au regard d’un bref résumé.
Il est toujours en marche, à pied, à cheval, dans un autocar surchargé, une voiture que conduit un adolescent pauvre imbibé de substances frelatées et de mauvaise bière. On the road. Il est sonné, « moitié éveillé, marchant dans la plaine », groggy, allongé dans une miteuse chambre d’hôtel, parfois avec une femme fourmi, indienne ou japonaise – mais on ne sait lequel soutient l’autre. Ou au contraire il est d’une lente patience, les sens en alerte, et guette d’un œil l’instant décisif où l’image, qu’elle soit poétique ou photographique, prendra place dans son champ de vision. « Un poète prépare le terrain, certes, écrit Ivan Alechine dans Enterrement du Mexique, son nouveau recueil, mais le pouvoir de la poésie écrite tient à ce que des phrases entières s’imposent à soi et qu’il faut capturer sur le champ. » 
A propos de son dernier recueil publié aux Editions La Lettre volée Pourquoi je ne suis pas devenu poète, le poète namurois Hubert Antoine nous donnait à entendre qu’il délaisserait pour un temps la poésie pour le roman. C’est maintenant chose faite. Et voici donc ce qu’il est convenu d’appeler le premier roman d’un poète, gageure s’il en est, sous la forme du journal intime de Melitza dont on sait d’emblée qu’elle mourra… 