Un coup de cœur du Carnet
Gérald WITTOCK Le dernier roi, The Melmac Cat, 2025, 192 p., 16 €, ISBN : 978–2492759277
Dans ce pop roman, Le dernier roi, Gérald Wittock, par ailleurs auteur et compositeur belge, parsème dans le récit une suite de QR codes qui renvoient aux musiques populaires qui l’ont accompagné dans l’écriture du livre. Le dernier roi est aussi un hommage à Jack London et à un de ses chefs-d’œuvres, L’appel de la forêt. Qui a lu ce livre dans sa jeunesse ne peut s’empêcher de sourire et de faire remonter à la mémoire un plaisir de lecture qui fut intense et fondateur. Dans ce roman, Jack London met en scène un jeune héros et son chien Buck. Gérald Wittock a eu l’excellente idée de reprendre ce rapport de d’homme à animal aujourd’hui dans un récit qui ne se passe pas en Alaska dans le Grand Nord mais bien en mai 1968, à Bruxelles et à Paris. Continuer la lecture
Dans la brève histoire (moins de deux siècles) de la famille royale belge, les noms qui suscitent encore aujourd’hui le plus de controverses sont ceux de Léopold II et Léopold III, respectivement associés aux mains coupées du Congo ou à la main serrée d’Hitler. L’attention des hagiographes s’est aussi davantage concentrée sur les mâles couronnés, pour saisir les états d’âme de Léopold Ier à régner sur un peuple de « petits esprits », pour forger le mythe du « Roi-Chevalier » Albert Ier ou pour magnifier le doux sourire du « binamé » Baudouin. Il fallait une tragédie pour que soit sacralisée la Reine Astrid ou encore les qualités du dévouement ou du bon goût artistique, pour que prenne consistance la Reine Élisabeth…
Fermé depuis fin 2013 pour travaux de rénovation, le Musée royal d’Afrique centrale de Tervuren a rouvert ses portes. C’était le 8 décembre 2018. Occasion rêvée, pour les éditions Maelström, de sortir un ouvrage collectif, d’une centaine de pages, cornaqué par l’iconoclaste rueur dans les brancards Laurent d’Ursel et l’artiste plasticien Eddy Ekete Monbesa. Et ça flingue de tout bord. Et ça flingue de partout, du Rwanda, du Congo et de Belgique. Trente-six personnalités, artistes, sénateur MR, historiens de renom, philosophes, fils et filles de colons, éditeur, experts ès muséographie, physicien, mythographe, ancien président du tribunal de première instance, etc., ont accepté de « faire le nègre ». D’écrire pour le roi, à la place du roi, le discours du roi. Celui que Sa Majesté aurait pu donner, à l’inauguration, en grandes pompes, de ce Musée ancien, érigé il y a plus de cent ans, à la gloire de l’époque coloniale, à la gloire de notre « mission », civilisatrice en diable.