Archives par étiquette : Fabien Abrassart

Le Top 2022 d’Éric Brogniet

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2022 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. La sélec­tion d’Éric Brog­ni­et. Con­tin­uer la lec­ture

Naître au bout du rouleau …

Fabi­en ABRASSART, Vers la joie, pein­tures de Jean DALEMANS, L’herbe qui trem­ble, 2022, 81 p., 15 €, ISBN : 9782491462109

abrassart vers la joieQua­tre rouleaux pour une marée de mots. Qua­tre rouleaux-chapitres mus par les replis des vagues absentes, peut-être sur les berges de la Mer Morte, aux alen­tours de Qum­rân et qui for­ment l’ossature du dernier recueil de Fabi­en Abras­sart, Vers la joie. Poète dis­cret et exigeant, auteur de qua­tre livres en 20 ans, il sem­ble appro­fondir ici une réflex­ion entamée dans son précé­dent livre, Si je t’oublie, pub­lié en 2017 chez le même édi­teur. Quelle poésie, quels mots pour dire l’atrocité, pour par­ler après l’atroce ? Com­ment repouss­er, repenser le néant avec les mots de la tribu ? Con­tin­uer la lec­ture

De la brisure à la réconciliation : le poème témoigne

Fabi­en ABRASSART, Si je t’oublie : poème, pré­face de Philippe Lekeuche, pein­tures de Marie Alloy, L’Herbe qui trem­ble, 2017, 64 p., 13 €, ISBN : 9782918220442

abrassart si je t oublie.gif« S’il n’émeut le salaud à quoi bon le poète » : Fabi­en Abras­sart résume ici le dilemme qu’Adorno for­mu­lait ain­si : « Com­ment encore écrire de la poésie après Auschwitz ? ». Auschwitz a en effet prou­vé l’échec de la cul­ture alle­mande, européenne, occi­den­tale : après Auschwitz et dans cette cul­ture, il ne peut y avoir d’art que selon Auschwitz, en fonc­tion d’Auschwitz. Aucune image ne peut mas­quer Auschwitz. Après le nazisme, tout lan­gage est devenu prob­lé­ma­tique. L’autre pôle dialec­tique du livre d’Abrassart, c’est la référence à Jérusalem, nom qui évoque le culte du dieu des Cananéens, Shalem, divinité de la créa­tion, de l’exhaustivité et du soleil couchant. L’étymologie de la ville repose sur deux racines chaldéennes : YeRu (la demeure, la ville) et ShLM (qui a don­né les mots, en hébreu et en arabe, shalom et salaam, dont la sig­ni­fi­ca­tion actuelle est « paix », mais dont le sens orig­inel était la com­plé­tude, l’achèvement). Con­tin­uer la lec­ture