Archives par étiquette : Philippe Lekeuche

“afin que résonne encore et toujours , la clarté du mystère”

Béa­trice LIBERT, Dans le dos de la nuit, Ate­lier du Grand Tétras, coll. « Glyphes », 2025, 88 p., 14 €, ISBN : 978–2‑37531–138– 7

libert dans le dos de la nuitOrné d’un « avant-dire » du poète et académi­cien Philippe Lekeuche, l’ouvrage de Béa­trice Lib­ert, paru dans la belle col­lec­tion « Glyphes » réu­nit des textes poé­tiques « parus à divers­es épo­ques, sou­vent dans le cadre de livres d’artistes, ou inspirés par des pein­tres » comme le pré­cise d’emblée le pré­faci­er.

La réu­nion a pos­te­ri­ori de textes de cir­con­stance aurait pu en affaib­lir la force par un effet d’éparpillement et d’éloignement de la référence qui les a inspirés. Il n’en est rien ici. Hormis Pierre Cay­ol, dont une lino­gravure illus­tre la cou­ver­ture du livre, les textes sem­blent exaltés par l’absence de la représen­ta­tion des œuvres qui les ont ini­tiale­ment inspirés, qu’il s’agisse d’œuvres d’Edward Hop­per, Angel Beat­ove, Pierre Cay­ol, Van Don­gen, Giu­liana Gironi, ou d’André Romus. Con­tin­uer la lec­ture

Nos livres de l’année 2025

Tout au long du mois de décem­bre, nous vous avons présen­té les « Tops » 2025 des chroniqueurs et chroniqueuses du Car­net. Voici les livres qui ont été plébisc­ités. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 2025 d’Éric Brogniet

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2025 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la sélec­tion d’Éric Brog­ni­et. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 2025 de François-Xavier Lavenne

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2025 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la sélec­tion de François-Xavier Lavenne.  Con­tin­uer la lec­ture

Des images, des mots, et vice-versa

Yves NAMUR (sous la direc­tion de), Lit­téra­ture et Pho­togra­phie. Académie royale de langue et de lit­téra­ture française de Bel­gique, 2025, 128 p., 16 €, ISBN : 978–2‑8032–0088‑7

collectif litterature et photographieImman­quable dès le pre­mier abord : la diver­sité même de cet ouvrage où dix auteurs/autrices s’intéressent aux rela­tions entretenues avec la pho­togra­phie par une série d’autres l’ayant, depuis le début des années 1980, pra­tiquée, ou observée, ou com­men­tée, ou mise en retrait. Ce petit livre réu­nit les inter­ven­tions pronon­cées en novem­bre 2024, lors d’un col­loque organ­isé à Brux­elles par l’Académie royale de langue et de lit­téra­ture française. Dix inter­ven­tions : celles de Jan Baetens, Danielle Bajomée, Muriel Claude, Luc Del­lisse, Hélène Gian­nec­chi­ni, Philippe Lekeuche, Yves Namur et Mar­tine Renouprez. Autant dire qu’il en ressort des approches sig­ni­fica­tive­ment dif­férentes sur la thé­ma­tique abor­dée, témoignant de l’impact incroy­able­ment fécond qu’a procuré l’image pho­tographique depuis son inven­tion par Niépce, vers 1825, et ce qu’il en advint par la suite. Impos­si­ble ici de ren­dre compte en détail des apports par­ti­c­uliers de ces dix chapitres en noir et blanc. Mais à tra­vers ces pages vien­nent s’inscrire des élé­ments qui, dans leur dis­par­ité, sem­blent autant de pointeaux mar­quants au sein du ter­ri­toire délim­ité. Con­tin­uer la lec­ture

L’arche poétique

Philippe LEKEUCHE, Élé­gies, Post­face de René de Cec­ca­t­ty, Herbe qui trem­ble, 2025, 102 p., 16 €, ISBN : 978–2‑491462–79‑6

lekeuche elegiesDessi­nant un espace de vie, entail­lé par les chants de la ruine et de la perte, porté par la flamme de l’amour char­nel et spir­ituel, le recueil poé­tique Élé­gies arpente les ter­res de la pos­si­bil­ité du Poème, en appelle à l’horizon d’un salut bar­ré par lui-même. Auteur d’une œuvre poé­tique ambitieuse, de pre­mier ordre, Philippe Lekeuche ques­tionne le corps de l’amour, le corps de la poésie, le lien entre l’humain et le monde dans des tes­sons de parole enfuie. Divisé en six chants intro­duits par les pho­togra­phies en noir et blanc de l’auteur, le recueil apos­tro­phe les dieux, con­voque une grande tribu élec­tive, Hölder­lin, Vil­lon, Rim­baud, Ver­laine, Baude­laire, Keats, Dick­in­son, Celan, ces funam­bules de la survie qui nous ont légué des rêves recou­verts par la cen­dre. Con­tin­uer la lec­ture

Gribouille en Morticolie ?

Lit­téra­ture et Médecine. Deux arts du regard. Autour de Jean-Christophe Rufin, Jean-Bap­tiste Baron­ian, Georges Casimir, Bernard Dan, François Emmanuel, Philippe Lekeuche, Pierre Mertens, Yves Namur et Ray­mond Red­ing, Académie rouyale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique, 2023, 130 p., 15 €, ISBN : 9782803200696

litterature et medecine deux arts du regardLit­téra­ture et Médecine… L’ordre des mots adop­té dès le titre se soumet-il sim­ple­ment à celui de l’alphabet, ou bien est-ce que, fussent-elles toutes deux affublées d’une majus­cule et érigées en « arts du regard » la sec­onde reste un corol­laire de la pre­mière ? Il fal­lait tranch­er, bien sûr, et ce livre par­le davan­tage en ter­mes de « roman », « fic­tion », « auteurs », que de « patholo­gie », « traite­ment » ou « prati­cien ».

Il n’empêche : l’historiographie lit­téraire (fran­coph­o­ne mais pour tout dire, mon­di­ale) a beau regorg­er de fig­ures d’« écrivains-médecins », il serait peut-être plus juste de les qual­i­fi­er de « médecins-écrivains », puisque l’exercice de l’art d’Esculape précé­da par­fois de loin la fréquen­ta­tion des Mus­es… Prenons le cas le plus célèbre en lit­téra­ture française du XXe siè­cle, Louis-Fer­di­nand Céline. Il décou­vre sa voca­tion au Camer­oun, en 1916, en soignant vaille que vaille les pop­u­la­tions indigènes. Sa thèse de médecine, con­sacrée à un chirurgien hon­grois du siè­cle précé­dent, est con­sid­érée, à rai­son, comme son pre­mier texte lit­téraire… mais il fau­dra atten­dre les années 1926–1927 pour qu’il se mette à la rédac­tion de ce qui allait devenir Voy­age au bout de la nuit. Com­bi­en sont-ils, par­mi ses détracteurs, à regret­ter que le Doc­teur Destouch­es ait lâché son car­net d’ordonnances pour devenir le par­a­digme de l’écrivain col­labo et anti­sémite ? Con­tin­uer la lec­ture

Bilans 2022 : nos livres de l’année

Tout au long du mois de décem­bre, nous avons présen­té les sélec­tions 2022 des chroniqueurs et chroniqueuses du Car­net. Voici les livres qui ont été le plus sou­vent cités. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 2022 de Francine Ghysen

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2022 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. La sélec­tion de Francine Ghy­sen.  Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 2022 d’Éric Brogniet

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2022 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. La sélec­tion d’Éric Brog­ni­et. Con­tin­uer la lec­ture

Philippe Lekeuche : la poésie et le sacrifice

Philippe LEKEUCHE, L’épreuve, Ill. Isabelle Nouwynck, Herbe qui trem­ble, 2022, 94 p., 14 €, ISBN : 9782491462185

lekeuche l epreuveLa poésie est sac­ri­fice – sac­ri­fice pour quoi ? – nul ne le sait, mais sac­ri­fice indu­bitable. L’idée sur­git dès le préam­bule de L’épreuve de Philippe Lekeuche et tra­verse ses trois mou­ve­ments. Le recueil est en effet con­stru­it en forme de sonate et sa par­ti­tion est ryth­mée par les pein­tures d’Isabelle Nouwynck. Au fil de ses développe­ments, les thèmes s’introduisent, sont repris, mod­ulés, croisés en con­tre-chant, mais jamais réso­lus. Con­tin­uer la lec­ture

François Emmanuel, à tu et à nous…

Un coup de cœur du Car­net

Christophe MEURÉE (dir.), Le monde de François Emmanuel, A.M.L., coll. « Archives du futur », 2022, 492 p., 28 €, ISBN : 978–2‑87168–089‑5

meuree le monde de francois emmanuelSi on ne présente plus François Emmanuel, on peut sans fin le redé­cou­vrir, à l’exemple de Jean-Luc Out­ers qui con­fie s’emparer régulière­ment, au hasard, de l’un de ses romans – et l’étagère qu’ils peu­vent occu­per dans une bib­lio­thèque est longue – pour y picor­er une page, un bref extrait, une ligne. Le vol­ume Le monde de François Emmanuel per­me­t­tra, à celles et ceux qui ont trop longtemps ajourné le bon­heur de faire sa ren­con­tre, de l’approcher cette fois en exhaus­tiv­ité comme en intim­ité. Con­tin­uer la lec­ture

Vincent Poth : la force de l’intranquillité

Vin­cent POTH, À l’abri de l’abîme, Pré­face de Philippe Lekeuche, Fron­tispice d’Yvon Goossens, Tail­lis Pré, 2019, 98 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87450–150‑0

Que l’aventure poé­tique ne fasse qu’un avec un enjeu vital, une urgence exis­ten­tielle, À l’abri de l’abîme, le pre­mier recueil du jeune poète Vin­cent Poth en témoigne. La force inven­tive qui sourd de ces textes trem­pés dans la néces­sité du vers provient tout à la fois de leur intran­quil­lité native et de leur soif d’un Ailleurs. Ques­tion­nant l’advenue du poème, la matière des mots, À l’abri de l’abîme accorde sa descente dans les abysses au rythme du « vers à venir », au sens où Blan­chot par­lait du « livre à venir ». S’ouvrant sur une cita­tion de Charles Péguy, deux par­ties com­posent le recueil, « Let­tre à la mort » et « Transe cana­di­enne ». Les noms des poètes et penseurs tutélaires — Baude­laire, Ver­laine, Péguy, Niet­zsche — creusent une poésie qui se tient face à la mort, aux puis­sances du Mal, aux décep­tions de la chair, à la trouée de Dieu. Comme l’analyse Philippe Lekeuche dans sa pré­face, « le poème racon­te sa genèse, son orig­ine », son sur­gisse­ment. Des motifs récur­rents — la cen­dre, les anges, les démons… — con­ver­gent vers une pos­si­ble déf­i­ni­tion du poète : Con­tin­uer la lec­ture

S’ouvrir à l’essence de la vie

Philippe LEKEUCHE, Poème à l’impossible, Pein­tures de Jean Dale­mans, Tail­lis pré, 2018, 74 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87450–125‑8
lekeuche poeme a l impossible

Tu retour­nais le Bon­heur
Le met­tais à l’envers
Et tu voy­ais ce qu’il recou­vre
Un gouf­fre caché
Ton cœur trem­bla
L’espérance fut brin d’herbe au fond du désert
Ne mou­rut point 

De ce Poème à l’impossible, grave et beau comme son titre, Philippe Lekeuche dit à mi-voix qu’il lui est venu, un jour de mai, le vis­i­tant sans qu’il s’y attendît, et est repar­ti, tout aus­si mys­térieuse­ment, à la fin de l’automne, le lais­sant plus ouvert à « l’essence de la vie ». Écrivant comme sous sa dic­tée. Con­tin­uer la lec­ture

De la brisure à la réconciliation : le poème témoigne

Fabi­en ABRASSART, Si je t’oublie : poème, pré­face de Philippe Lekeuche, pein­tures de Marie Alloy, L’Herbe qui trem­ble, 2017, 64 p., 13 €, ISBN : 9782918220442

abrassart si je t oublie.gif« S’il n’émeut le salaud à quoi bon le poète » : Fabi­en Abras­sart résume ici le dilemme qu’Adorno for­mu­lait ain­si : « Com­ment encore écrire de la poésie après Auschwitz ? ». Auschwitz a en effet prou­vé l’échec de la cul­ture alle­mande, européenne, occi­den­tale : après Auschwitz et dans cette cul­ture, il ne peut y avoir d’art que selon Auschwitz, en fonc­tion d’Auschwitz. Aucune image ne peut mas­quer Auschwitz. Après le nazisme, tout lan­gage est devenu prob­lé­ma­tique. L’autre pôle dialec­tique du livre d’Abrassart, c’est la référence à Jérusalem, nom qui évoque le culte du dieu des Cananéens, Shalem, divinité de la créa­tion, de l’exhaustivité et du soleil couchant. L’étymologie de la ville repose sur deux racines chaldéennes : YeRu (la demeure, la ville) et ShLM (qui a don­né les mots, en hébreu et en arabe, shalom et salaam, dont la sig­ni­fi­ca­tion actuelle est « paix », mais dont le sens orig­inel était la com­plé­tude, l’achèvement). Con­tin­uer la lec­ture

« La Poésie, à l’arraché »

Philippe LEKEUCHE, L’éclat noir du désir. Poèmes 1988–1998, Tail­lis Pré, 2015, 250 p., 20 €

lekeuche l'éclat noir du désirSous le beau titre L’éclat noir du désir, qui ressem­ble à sa poésie même, tis­sée de lumière et de nuit, d’ardeur et de dés­espérance, d’appels vibrants et de silence, Philippe Lekeuche nous livre une nou­velle édi­tion, revue et cor­rigée, de trois recueils parus en l’espace de dix ans : Si je vis (1988), Celui de rien (1993), L’état rebelle (1998). Trois titres qui com­po­saient une trilo­gie, dans la bien nom­mée col­lec­tion Feux, créée par Lil­iane Wouters aux édi­tions Les Éper­on­niers. Con­tin­uer la lec­ture