Archives par étiquette : Florence Noël

Nos abîmes intérieurs

Flo­rence NOËL, Sylvie DURBEC, Rup­tures d’étoile, Chat polaire, 2024, 77 p., 15 €, ISBN : 978–2‑931028–33‑9

noel ruptures d'étoileNée à Ciney en 1973, Flo­rence Noël a une for­ma­tion en his­toire, en ori­en­tal­isme, en théolo­gie et en didac­tique. Ce livre est son neu­vième recueil de poèmes. Pour Solom­bre (Le Tail­lis Pré) elle a reçu le prix Dela­by-Mour­maux en 2019. Comme c’est le cas ici encore avec Sylvie Durbec, son tra­vail d’écriture se nour­rit régulière­ment de col­lab­o­ra­tions avec d’autres artistes. Sylvie Durbec, artiste plas­ti­ci­enne française, orig­i­naire de Mar­seille, est aus­si autrice (poésie, théâtre, lit­téra­ture jeunesse, romans). Elle est lau­réate du prix Jean Fol­lain pour Mar­seille éclats et quartiers paru chez Jacques Bré­mond en 2008. Son œuvre sen­si­ble est mar­quée par le tra­vail de mémoire, une forme à la fois épurée et col­orée de trans­fig­u­ra­tion lyrique et l’influence du pein­tre Chaïm Sou­tine qui depuis longtemps requiert son atten­tion. Con­tin­uer la lec­ture

La rentrée littéraire 2024, avec sobriété

Rentrée littéraire 2024

Pour la plu­part d’entre nous, le début des vacances est aus­si immi­nent qu’attendu. Évo­quer en ce moment la ren­trée, fût-elle lit­téraire, a donc for­cé­ment quelque chose d’incongru. Pour­tant, les maisons d’édition ont générale­ment déjà bouclé leur pro­gramme autom­nal et plusieurs d’entre elles l’ont présen­té aux libraires, voire aux médias. Comme tou­jours, les autri­ces et auteurs belges seront nom­breux à dévoil­er leur nou­veau livre cet automne. Le point sur leurs sor­ties annon­cées au deux­ième semes­tre.

Mais d’abord quelques con­stats. À part les édi­tions M.E.O., Weyrich et Les impres­sions nou­velles, dont cer­tains romans parais­sent dès la fin août, les maisons d’édition belges ne se calquent pas sur le cal­en­dri­er de la ren­trée lit­téraire française : la plu­part de leurs pub­li­ca­tions sont prévues plus tard dans la sai­son. Ce décalage peut s’expliquer par une volon­té de ne pas se plac­er en con­cur­rence, for­cé­ment déséquili­brée, avec des sor­ties hexag­o­nales accom­pa­g­nées de moyens pro­mo­tion­nels sans com­mune mesure. Il reflète aus­si une logique autre : plusieurs maisons d’édition inter­rogées pour pré­par­er cet arti­cle nous ont expliqué pro­gram­mer leurs paru­tions en fonc­tion non de la ren­trée lit­téraire, mais des événe­ments plus por­teurs pour elles, tels que le Marché de la poésie, le fiEs­ti­val ou encore le Poet­ik Bazar. Con­tin­uer la lec­ture

Le mythe jamais écrit de la consolation

Flo­rence NOËL, Ni de sang, ni de sens, Nou­velle Revue des Élytres, édi­tion spé­ciale n°2, mars 2022, 36 p., 8 €, ISSN : 0777401 

noel ni de sang ni de sensQue dire ou plutôt com­ment dire le réel quand il y a eu atten­tat ?

Dans son dernier recueil Ni de sang, ni de sens sous-titré Chants pour Paris 13 novem­bre 2015 & pour Brux­elles 22 mars 2016, Flo­rence Noël ruse avec la langue pour son­der la ques­tion du sens d’un réel volé en éclats. Quelle langue pour la sidéra­tion ?

Au tra­vers de ce recueil, c’est comme si Flo­rence Noël se demandait : quelle langue quand on attente à

[ce qui] restera
com­posé à 75%
d’eau 

êtres humides
êtres humains Con­tin­uer la lec­ture

« des siècles tremblants de tant de vie… »

Un coup de cœur du Car­net

Flo­rence NOËL, Assise dans la chute immo­bile des heures, Bleu d’encre, 2021, 117 p., 12 €, ISBN : 978–2‑930725–39‑0

noel assise dans la chute immobile des heuresEn 2019, Solom­bre, le précé­dent recueil de Flo­rence Noël pour lequel elle a reçu le prix Dela­by-Mour­maux, s’ouvrait par une cita­tion d’exergue de l’écrivain mex­i­cain Octavio Paz. Pour Assise dans la chute immo­bile des heures qui paraît aux édi­tions Bleu d’encre, l’auteure con­vie le poète argentin, Rober­to Juar­roz, à ouvrir le bal. Pre­miers indices peut-être qui attes­tent de l’importance accordée au trem­blé de la lumière, de cette « lumière fendue d’exactitude », ver­ti­cale, qui arrose lit­térale­ment la poésie de Flo­rence Noël. Comme l’arpenteur du désert dont la vue est trou­blée par le brouil­lard à l’horizon, le lecteur perçoit d’emblée ici ce que nous iden­ti­fions dans les autres recueils à savoir, cette ten­sion con­stante entre la nuit intraitable, con­so­la­trice et l’ardeur vac­il­lante de la lumière. Véri­ta­ble « épopée lumineuse », livre solaire sur la table de chevet de la nuit, la langue poé­tique ne cesse de jouer sur ces con­trastes pour révéler l’angoisse pro­fonde d’un trop-plein d’émotions, une crainte ances­trale qui peut sur­gir à tout instant. « Peur incur­able » de ces lende­mains qui s’épuisent et au creux desquels même la rosée déchante. Con­tin­uer la lec­ture

Les prix littéraires de l’AEB

La mai­son Camille Lemon­nier, siège de l’AEB

L’As­so­ci­a­tion des écrivains belges de langue française a remis ses tra­di­tion­nels prix lit­téraires ce mar­di 22 octo­bre. La poésie et le roman étaient à l’hon­neur, de même que les maisons d’édi­tion belges.  Con­tin­uer la lec­ture

Quand la nuit enfle

Flo­rence NOEL, fron­tispice de Pierre GAUDU, Solom­bre, Tail­lis Pré, 2019, 83 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87450–145‑6

C’est durant la nuit que la poésie s’éveille ! Celle des amants, des enfants dont les « pattes nues» effleurent, tel un pin­son apeuré, « le car­relage en dami­er », celle aus­si des silences angois­sés, des spec­tres, des attentes et des promess­es que l’on ne tien­dra peut-être pas. Atten­dant l’aube, la nuit se plaît à déclin­er les ombres soli­taires que sug­gère le titre en forme de mot-valise. « Solom­bre », l’ombre au sol pro­jetée, noc­turne, la cache som­bre du soleil noir, ou encore la nuit-ombrelle pro­tégeant des strates de l’astre qui, on le sait, rede­vien­dra carmin dès les pre­miers rayons du jour. «  Solom­bre », mot d’exergue extrait des Hom­mages et pro­fa­na­tions d’Octavio Paz et que Flo­rence Noël fait sien pour enclencher l’écriture. Mais c’est aus­si dans la nuit que l’écriture scelle les ser­ments, les longues his­toires, tou­jours les mêmes, que l’on racon­te aux enfants pour les ras­sur­er, leur per­me­t­tre de plonger dans la nuit des songes con­so­la­teurs. Comme pour les sous­traire aux cauchemars qu’aiguise la nuit intraitable qui se terre der­rière les ten­tures et que les con­tes bal­aieront « d’une aile ». Con­tin­uer la lec­ture