Un coup de cœur du Carnet

Un premier roman, un polar atmosphérique, et, d’emblée, Le Masque, qui a publié Christie et Carr, Boileau-Narcejac et Véry, Steeman ou Rendell. Mais qui est donc ce Mehdi Bayad, qui n’a rien à voir avec le médiatique Mehdi Bayat de l’univers sportif… ni avec le classicisme des auteurs précités ? Ce Bruxellois né en 1989 n’a rien d’un débutant mais nous vient d’un alter-monde, celui de la fiction radiophonique ; il a travaillé pour le théâtre, la télévision, tour à tour comédien, metteur en scène ou auteur, souvent primé. Continuer la lecture
Patrick Vancoillie nous fait découvrir ici le parcours de Joy Esteban Lozano, une juriste new-yorkaise qui vient de conclure son troisième divorce. Fatiguée par le rythme effréné de Big Apple, elle décide de prendre un congé sabbatique afin d’aller à Ibiza, l’île où elle est née et a vécu les trois premiers mois de sa vie.
On oublie souvent que le texte ne surgit pas du néant, mais d’un corps. Le deuxième ouvrage publié par Morgane Eeman remédie à cette négligence en s’incarnant dans une écriture organique, habitée, aussi exaltée que les étudiants fraîchement débarqués sur cette île envoûtante dont l’autrice donne à vivre les charmes et les maléfices. L’île quimboiseuse est un texte mouvant, qui vogue entre les genres et les registres. Qualifié de roman-poème, cet ouvrage en vers pulvérise les frontières et présente un récit singulier, dont l’aspect bigarré voisine une détermination (au sens de poursuite d’une intuition première) palpable.