Vincent ENGEL, Et dans la forêt, j’ai vu, Hévillers, Ker éditions, 2015, 196 p., 10 €
Vincent Engel est un écrivain fidèle à certains lieux. Dans Et dans la forêt, j’ai vu, roman destiné à la jeunesse, il plante une nouvelle fois son décor en Toscane, quatorze ans après la publication de Retour à Montechiarro, dont un des personnages fait ici une brève incursion. Le contexte politique, celui de l’Italie des années noires et du règne de Mussolini, imprègne le livre et détermine la destinée de ses personnages. L’histoire se déroule en 1928, dans une petite ville isolée dont le maire applique avec zèle les préceptes du Duce qu’il admire, tout en se lamentant sur le sort de la petite Letizia, sa fille, muette depuis le décès de sa mère, advenu dans des circonstances mystérieuses. Continuer la lecture
Un fou dans la manche, c’est un commissaire de police en vacances – mais non content de l’être –, avec sa compagne Mariana – « sa belle, mi-elle, mi-lui […], son monsieur-madame, sa mademoiselle-monsieur » –, dans le village d’origine de son père, une chaude semaine de septembre. C’est aussi une panoplie d’autochtones – Salvatore Voltino et Andrea Pastore, « deux grands ados désœuvrés en mal de sensations », une jeune fille, Elena Lanfredi, au regard « étrangement azuré », un père aubergiste, Agata, une vieille « au dos voûté par les ans », un pharmacien shooté, une « grande perche » qui assure les livraisons du supermarché, un curé obsédé par les seins de sa femme de ménage, excellente cuisinière par-dessus le marché, etc. –, le Camping Mare Blu (« trois étoiles et une chique »), « ses gémissements la nuit, sous les toiles de tentes et sous les étoiles, […] ses grincements de sommiers, plutôt moyens, dans les bungalows », son barman Gianluigi dit Luigi dit Billy, « prédateur à la peau tannée, aux trois neurones séjournant dans les couilles » et les derniers touristes de la saison. Un fou dans la manche, c’est encore des cadavres, celui d’une femme d’abord – une Allemande, Linda –, retrouvé sur la plage, puis un autre, puis des autres… et le va-et-vient d’anges gardiens dépités de n’avoir su veiller sur leur petit protégé. 
