Archives par étiquette : Italie

Histoire d’une œuvre en deux époques et quatre actes

Chris­tiana MOREAU, La dame d’argile, Préludes, 2021, 315 p., 19 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑253–04050‑7

moreau la dame d'argileAu décès de sa non­na Angela, Sab­ri­na hérite de « La belle dame », un buste en argile qui se trans­met aux femmes de la famille de généra­tion en généra­tion. Restau­ra­trice d’art, elle com­prend instan­ta­né­ment que la valeur de la sculp­ture n’est pas unique­ment sen­ti­men­tale. Datée de la Renais­sance, éton­nam­ment signée d’un nom de femme, elle représente Simon­et­ta Vespuc­ci dite « La Sans Pareille », muse de plusieurs artistes phares du Quat­tro­cen­to tels que Bot­ti­cel­li. Con­tin­uer la lec­ture

Ombres et doubles-fonds

Un coup de cœur du Car­net

Giuseppe SANTOLIQUIDO, L’été sans retour, Gal­li­mard, 2021, 265 p., 20 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 978–2‑07–291575‑8

L’été sans retour est d’abord l’histoire d’un homme, Pasquale Serrai, de sa famille, de la relation proche et riche de silence qu’il a avec Sandro, le fils d’un des ses amis décédé. C’est aussi l’histoire d’un drame dans le beau village de Ravina qui se blottit dans les collines du sud de l’Italie, la disparition d’une adolescente. C’est encore et surtout l’histoire du rapport des hommes avec leur terre, « les hommes sont indissociables de la nature qui les a vus naître et dont ils sont le portrait le plus fidèle, effrayante de beauté et d’âge ». Giuseppe Santoliquido rend bien ce lien fort, quasi irrationnel, à la terre natale qui est pour plusieurs personnages le fondement de leur rapport au monde, leur raison de vivre, avant les relations sociales ou amoureuses. Ainsi, Pasquale Serrai a connu la misère de l’après-guerre et un bref exil pour raisons économiques en Belgique, mais il est revenu très vite chez lui préférant le travail de forçat d’arracher à la terre sa subsistance à la relative aisance d’un travail dans la sidérurgie. Sandro Lucano a vécu longtemps à Ravina, auquel il reste lui aussi viscéralement attaché. Des années plus tard, il raconte le drame qui a secoué le village et ses propres souffrances. Le roman offre de la vie villageoise un portrait complexe et nuancé. Bien sûr, il y a les rancœurs et les tensions entre personnes et familles, l’insatisfaction des jeunes qui pour la plupart n’aspirent qu’à partir, fascinés par la vie dans les villes que leur révèle la télévision. Et il y a ceux qui, victimes des anciennes fractures sociales les condamnant à la misère, ont lutté toute leur vie pour l’amélioration de leur sort et voient leurs efforts presque anéantis. Mais le village, c’est aussi une vie sociale riche et souvent heureuse, rythmée par les moments de fête. Et puis surtout il y a cette terre, difficile à cultiver, mais pas si ingrate puisqu’elle offre sa beauté particulière.  G. Santoliquido situe le roman en 2005, à une époque charnière. Celle où les rêves de mieux-être par un travail agricole acharné laissent place aux mirages que proposent la télévision et les moyens modernes de communication. Le drame que vit le village va d’ailleurs être profondément influencé par la couverture télévisuelle tout sauf anodine, les présentateurs de téléréalité dictant les attitudes et les propos des protagonistes décervelés par les mirages de réussite et de visibilité sociales. Fort de sa connaissance des médias italiens, l’auteur décrit à plusieurs reprises pour les dénoncer les procédés du « mécanisme du spectacle » qui n’illustre plus la réalité, mais s’est substitué à elle.  Les valeurs auxquelles s’accroche Pasquale peuvent ainsi paraître périmées. Dans le passé, elles ont été nécessaires à la survie des hommes et du village. Elles sont partagées par Sandro. Si le roman est construit autour de la disparition de l’adolescente, il s’agit d’abord de la mise en avant de l’importance des liens : les liens familiaux, ceux fondés sur la complicité et la proximité que donne la vie dans un même petit village, ceux qui fondent la solidarité lorsque frappe le deuil. Mais tous ne sont finalement que des variations de ce lien fondamental à la terre. Cette problématique apparaissait déjà dans les autres romans de l’auteur, mais elle est ici traitée dans toutes ses implications.  Entre autre, est abordée la difficulté pour la communauté villageoise de s’ouvrir à d’autres réalités. Comment est-il possible d’être vraiment soi-même là où tout le monde se fait une certaine image de l’autre ? Cela pousse Sandro dans une voie en miroir de celle de Serrai : tout le pousse à partir, mais il choisit de rester, jusqu’au jour où le départ devient inéluctable, suspendant ce lien vital. Et le paradoxe veut que ce soit la ville qui devienne la garante de sa liberté. Giuseppe Santoliquido revient souvent sur la notion de destin, surtout vers la fin du roman, quand Sandro, le narrateur, tire des enseignements de ce à quoi il a été confronté. Il a le sentiment que « le destin est une bête sournoise, il procède par touches légères, infinitésimales, vous laissant accumuler mauvais choix et petites erreurs… ». D’autant plus quand s’y mêle le sentiment d’une faute commise, faute peut-être non définie mais qui pollue le vécu d’un drame ; à l’image du garçon se reprochant la mort accidentelle de sa mère parce qu’il ne s’est pas levé assez tôt. Dans cette loterie du destin, Santoliquido montre sa sympathie pour deux de ses personnages, chez qui se marque le sentiment d’infériorité des laissés-pour-compte acceptant l’injustice « sans jamais se révolter ». Le roman est émaillé de l’adaptation de délicieuses expressions locales, comme « Vouloir discuter avec le gros Dino, cela revenait à creuser un puits avec un doigt ». Ou d’heureuses  formules, parfois graves : « Le danger avec les souvenirs, c’est qu’ils sont souvent l’antichambre des remords », parfois drôles : « Les confidences sont la propriété du vent, il vous suffit de tendre l’oreille où que vous soyez pour les entendre roucouler à la cantonade ». Perplexe devant la complexité des situations, Sandro a cette phrase qui peut résumer son récit : « Aucune pensée n’est jamais totalement juste. Totalement pure. Aucun sentiment ». C’est la conclusion que l’on peut tirer à la fin de L’été sans retour, qui laisse ouvertes les interprétations.  Joseph DuhamelL’été sans retour est d’abord l’histoire d’un homme, Pasquale Ser­rai, de sa famille, de la rela­tion proche et riche de silence qu’il a avec San­dro, le fils d’un des ses amis décédé. C’est aus­si l’histoire d’un drame dans le beau vil­lage de Rav­ina qui se blot­tit dans les collines du sud de l’Italie, la dis­pari­tion d’une ado­les­cente. C’est encore et surtout l’histoire du rap­port des hommes avec leur terre, « les hommes sont indis­so­cia­bles de la nature qui les a vus naître et dont ils sont le por­trait le plus fidèle, effrayante de beauté et d’âge ». Con­tin­uer la lec­ture

Dans les pas d’André Sempoux

André SEMPOUX, Dévo­ra­tion et Torqua­to, Lec­tures par Ginette Michaux, Sablon, 2020, 206 p., 13 €, ISBN : 978–2‑931112–04‑5

Dou­ble réédi­tion bien­v­enue de deux textes du poète et romanci­er André Sem­poux qui nous a quit­tés voici un an et demi : Dévo­ra­tion et Torqua­to… Si les deux romans procè­dent d’une époque et d’une inspi­ra­tion bien dif­férentes, un élé­ment com­mun pour­rait les reli­er : l’empreinte majus­cule et pos­si­ble­ment cas­tra­trice du père sur la des­tinée du fils. Dans Dévo­ra­tion, au cours d’un voy­age et au fil de deux let­tres adressées à son amant, un homme, tout en évo­quant leurs sou­venirs, lui révèle enfin ce que fut le poids sur sa vie, comme sur leur vie com­mune, d’un secret tou­jours bien gardé en lui. Celui d’un père col­lab­o­ra­teur des nazis durant la Sec­onde Guerre et promis à un poste min­istériel dont la Libéra­tion devait for­cé­ment l’éloigner sans ruin­er ses con­vic­tions délétères. Réfugié en Nor­mandie avec Ingrid, sa jeune maîtresse, il vit des retraits opérés sur un cap­i­tal placé en Suisse. Retraits assurés chaque année par son fils, empoi­son­né par cette mis­sion clan­des­tine qui le « dévore » à l’égal du secret hon­teux dont elle est indis­so­cia­ble. Tout comme de la soumis­sion imposée par la fatal­ité à l’emprise létale d’un père dont le sang bat dans ses pro­pres veines et qui, pour l’heure, est tout proche de la mort. Con­tin­uer la lec­ture

Ah, pauvres anges gardiens

Loren­zo CECCHI, La soli­tude des anges gar­di­ens, Nou­velles, Tra­verse, coll. « Lente­ment », 2020, 168 p., 17 €, ISBN : 978–2‑93078–335‑2

cecchi la solitude des anges gardiensNé à Charleroi en 1952, Loren­zo Cec­chi a com­mencé à pub­li­er tar­di­ve­ment avec un pre­mier roman remar­qué, Nature morte aux papil­lons (Cas­tor Astral édi­tions, 2012). Il fut ain­si sélec­tion­né pour le Prix Pre­mière de la RTBF, ain­si que les prix Alain-Fournier, Saga Café et des lecteurs du mag­a­zine Notre Temps. Depuis, l’auteur belge, pro­lixe, alterne romans et recueils de nou­velles : La soli­tude des anges gar­di­ens est son neu­vième titre. Con­tin­uer la lec­ture

La mère, le père & l’être dans la langue

Un coup de cœur du Car­net

Nicole MALINCONI, Nous deux, Da solo, post­face de Marie Klinken­berg, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2020, 260 p., 8,5 €, ISBN : 9782875684882

malinconi nous deux da soloAmour pos­sédé. Amour sous pos­ses­sion. Amour. Avoir. Ain­si com­mence Nous deux. Par un court poème sous forme de décli­nai­son amoureuse : « Heureuse­ment que je t’ai/Heureusement qu’on s’a… »  Jusqu’à l’ambigu dernier vers : « Tu m’as eue ». Piège. De l’amour. De l’amour mater­nel dans ce livre-ci de Nicole Mal­in­coni, prix Rossel 1993. Le livre de la mère et de la fille. Con­tin­uer la lec­ture

Un roman inédit de Madeleine Bourdouxhe

Madeleine BOURDOUXHE, Man­toue est trop loin, Névrosée, coll. « Femmes de let­tres oubliées », 2019, 208 p., 16 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 978–2‑9311048–16‑0

Madeleine Bour­doux­he, dont Gal­li­mard a pub­lié La femme de Gilles en 1937, soumet à l’édi­teur en 1956 le man­u­scrit d’un nou­veau roman, Man­toue est trop loin – après en avoir pub­lié les pre­mières pages dans Le Monde nou­veau sous le titre Les temps passés. D’abord accep­té, il est ensuite refusé sans expli­ca­tion. Sans doute l’avis favor­able du comité de lec­ture n’a-t-il pas été suivi plus haut, devant cette œuvre com­plexe où les normes nar­ra­tives clas­siques sont bous­culées à plus d’un titre. Rap­pelons que l’autrice se lie vers 1949 avec J.P. Sartre, dont vient pré­cisé­ment de paraitre l’es­sai anti­con­formiste Qu’est-ce que la lit­téra­ture ?  À la même époque, N. Sar­raute entame une série d’ar­ti­cles qui mar­quera les débuts du “nou­veau roman”. Sans aucun doute, M. Bour­doux­he est influ­encée par ce courant nova­teur, qui notam­ment rejète l’analyse intro­spec­tive des per­son­nages au prof­it d’une approche behav­iouriste, mais veut aus­si se dégager du réc­it linéaire pour met­tre en jeu une nar­ra­tion dif­frac­tée, assor­tie de nom­breux effets de miroir. Ces choix romanesques n’iront pas sans décon­cert­er. Si M. Mari­ni évoque « un texte à fac­ture orig­i­nale » (1989), C. Sar­let « se perd dans l’en­tremêle­ment des voix et des points de vue nar­rat­ifs », ajoutant que « l’a­justage de la machine nar­ra­tive qui eût per­mis le pas­sage entre les dif­férents niveaux du réc­it n’est pas au point » (1993). Quant à la pré­face de l’actuelle réédi­tion et à la 4e de cou­ver­ture, elles sont tout aus­si réti­centes : « certes, cette fusion engen­dre une cer­taine con­fu­sion. Nous voulons com­pren­dre, mais nous ne pou­vons pas com­pren­dre »… Con­tin­uer la lec­ture

Le voyage, « un alcool de vie »

André DOMS, Écrits du voy­age, 3 vol., Herbe qui trem­ble, 2019 : Italiques, 208 p., 18 €, ISBN : 978–2‑918220–83‑1 ; Ibériques, 254 p., 18 €, ISBN : 978–2‑918220–85‑5 ; Balka­niques, 220 p., 18 €, ISBN : 978–2‑918220–84‑8 

Le poète André Doms nous livre, en trois dens­es vol­umes — Italiques, Ibériques, Balka­niques -, ses Écrits du voy­age. Portés par une invo­ca­tion vibrante : « en soi et par soi-même, le voy­age m’emporte, m’ouvre, et je m’y adonne comme à un alcool de vie ».

Attirée par Italiques, je lisais avec plaisir : « l’Italie, pre­mière qui me donne à vivre les clartés méditer­ranéennes, physiques et méta­physiques ».

Son rap­port majeur à l’Italie fut lit­téraire. De la ren­con­tre avec l’écrivain et tra­duc­teur Fran­co Prete et quelques amis, ini­ti­a­teurs de la belle aven­ture d’Orig­ine, pari­ant sur la recon­nais­sance mutuelle des poésies ital­i­enne et française, incar­née par de nom­breuses pub­li­ca­tions alliant fer­veur et rigueur, à la lec­ture inépuis­able de poètes et romanciers, épinglant les Car­nets de Dino Buz­za­ti qui, « avec leurs réflex­ions, imag­i­na­tions, apo­logues, angoiss­es et fan­tasmes, font un chant ter­ri­ble de la soli­tude humaine ». Con­tin­uer la lec­ture

Une enfance sicilienne à Seraing

Gio­van­ni LENTINI, Vies à l’om­bre, Cerisi­er, 2019, 147 p., 12 €, ISBN : 978–2872672158

Dans le temps, la rue du Moli­nay était l’artère com­mer­ciale la plus impor­tante de la cité indus­trielle de Seraing, faisant le lien entre le bas de la com­mune et le quarti­er du Pairay. C’est dans une impasse don­nant sur cette artère que se déroule le troisième roman de Gio­van­ni Lenti­ni, Vies à l’om­bre. Con­tin­uer la lec­ture

La terre, la vigne et l’argent

Luc DUPONT, Anna, ici et là, OnLit, 2018, 173 p., 17€ / ePub : 9.49 €, ISBN : 978–2‑87560–098‑1

dupont anna ici et la.jpgUn vil­lage à la cam­pagne, au cœur d’un paysage de collines et de vig­no­bles, avec un air de Toscane. C’est là qu’Anna est envoyée pour faire ses armes. Elle sil­lonne la cam­pagne en bas­kets pour effectuer son tra­vail « J’étais aux­il­i­aire de police. J’aimais les chemins de tra­verse ». Con­tin­uer la lec­ture

Le docteur Fernando

Giuseppe SANTOLIQUIDO, L’Audition du doc­teur Fer­nan­do Gas­par­ri, post­face de Joseph Duhamel, Espace Nord, 2018, 265 p., 8,50€ / ePub : 6.99 €, ISBN : 2875682679

santoliquido l audition du docteur fernando gasparri.jpg« Mais bon sang, Doc­teur, dans quel monde vivez-vous ? […] » En juil­let 1932, Fer­nan­do Gas­par­ri, citoyen belge dont les primes années se sont déroulées dans un petit vil­lage niché dans les mon­tagnes du Latium, est établi à Ixelles. Son exis­tence est régulée par la sim­plic­ité, son univers s’ancre dans la prox­im­ité. Depuis le décès de son épouse Louisa, l’absente adorée avec qui il s’entretient lors de vis­ites régulières au cimetière, Gas­par­ri habite avec sa vieille sœur invalide dont il s’occupe loyale­ment. Le médecin général­iste, quin­quagé­naire tout de tran­quil­lité, se tient éloigné des ques­tions et des tour­ments : il mul­ti­plie ses heures au tra­vail, se dévoue à ses patients, s’assure du bien-être de l’unique mem­bre de sa famille, mange bien, dort suff­isam­ment et va à la messe le dimanche. Il se fond dans une rou­tine absorbante et sat­is­faisante, et se révèle rétif à tout change­ment même lorsque celui-ci prend la forme stim­u­lante d’une étude san­i­taire à men­er avec un ami con­frère. Son âme s’aspire vers le passé, s’engloutit dans le présent et ignore le futur. Con­tin­uer la lec­ture

Autopsie d’un désastre

Éric BROGNIET, Tut­ti Cadav­eri, suivi de la tra­duc­tion en ital­ien de Rio Di Maria et Chris­tiana Panel­la, illus­tra­tion de cou­ver­ture de Daniel Pel­let­ti, L’Arbre à paroles, 2017, 48 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87406–653‑5

brognietTut­ti Cadav­eri, le texte d’Éric Brog­ni­et con­sacré à la cat­a­stro­phe du Bois du Cazier paraît aujourd’hui accom­pa­g­né de sa tra­duc­tion en ital­ien. Ceux qui ont suivi à tra­vers les media la quin­zaine d’enfer vécue à Marcinelle du 8 au 23 août 1956, se sou­vi­en­nent de ce cri ter­ri­ble qui mit fin à tout espoir pour nom­bre de familles de mineurs – en majorité ital­i­ennes – rassem­blées devant les grilles du char­bon­nage sin­istré. Con­tin­uer la lec­ture

Une commode bleue contre un mur ocre

Un coup de coeur du Carnet

Mar­cel SEL, Rosa, ONLiT, 2017, 300 p., 19.50 €/ePub : 9.99 €, ISBN : 978–2‑87560–086‑8

selTout le monde con­naît peu ou prou le blogueur Mar­cel Sel, qu’on le lise ou pas, qu’on s’en amuse ou qu’on s’en irrite…

Le voilà qui endosse le cos­tume de romanci­er et, pour un coup d’essai, c’est un coup de maître… et un coup de cœur.

Vous allez com­mencer à lire ce roman ; vous allez le dévor­er et il vous dévor­era.  Con­tin­uer la lec­ture

L’innamoramento de deux ‘mature love’

Un coup de coeur du Carnet

Clara MAGNANI, Joie, Sabine Wespieser, 2017, 175 p., 17 €/ePub : 11.99 €   ISBN : 978–2‑84805–214‑4

magnani« Toutes nos his­toires se valent, parce qu’il n’y en a jamais qu’une seule. Celle du temps qui fiche le camp », peut-on lire en dernière page de Joie, le pre­mier roman de Clara Mag­nani. Et si l’écriture n’était pas autre chose qu’un moyen de fix­er ce temps, en par­ti­c­uli­er quand il s’agit de se sou­venir d’une pas­sion, d’une belle et grande his­toire d’amour, comme celle décrite ici.

Le roman tient en trois volets. Celui d’Elvira qui, à la mort bru­tale et inat­ten­due de son père de 70 ans, décou­vre dans ses affaires un man­u­scrit où il évoque l’amour intense qu’il éprou­ve pour une Belge : Clara… Mag­nani, grande cri­tique belge de ciné­ma (excusez du peu !) qu’il a ren­con­trée à l’occasion d’une inter­view. Elvi­ra décide de pren­dre con­tact avec Clara, la fille avec l’amante. Con­tin­uer la lec­ture

Dans les replis du papier

Jean-Marc CECI, Mon­sieur Origa­mi, Gal­li­mard, 2016, 157 p., 15 €/ ePub : 10.99 €  ISBN : 978–2‑07–019772‑9

ceciEn cette ren­trée lit­téraire autom­nale où les pub­li­ca­tions afflu­ent, le livre de Jean-Marc Ceci tombe comme une dou­ble sur­prise. Sur­prise inhérente à tout pre­mier roman : per­son­ne (à part peut-être ses proches) n’attend l’auteur d’une pre­mière œuvre. Mais sur­prise, surtout, de décou­vrir ce Mon­sieur Origa­mi par lequel Ceci entre en lit­téra­ture – et à l’enseigne des édi­tions Gal­li­mard, qui plus est. Con­tin­uer la lec­ture

A chacun son idée de la vérité

Un coup de coeur du Carnet

Vin­cent ENGEL, Le miroir des illu­sions, Les Escales, 2016, 509 p., 21,9 €, ePub : 14.99 €    ISBN : 978–2‑36569–191‑8

engelOcto­bre 1849, dans l’étude d’un notaire genevois, Atana­sio assiste au ren­dez-vous qui chang­era le cours de sa vie, lev­ant le voile sur son passé et le chargeant d’une mis­sion pour l’avenir. Le même jour, le jeune homme décou­vre que Don Car­lo, son pro­tecteur de tou­jours, était en réal­ité son père et qu’il a fait de lui son héri­ti­er, posant toute­fois une con­di­tion de taille. Pour béné­fici­er de la for­tune de Don Car­lo, Atana­sio devra d’abord le venger en élim­i­nant, suiv­ant des con­signes pré­cis­es, qua­tre per­son­nes désignées comme les arti­sans de son mal­heur. Con­tin­uer la lec­ture

A la crête des mots

Un coup de cœur du Carnet


Rossano ROSI, Han­s­ka, Les impres­sions nou­velles, 2016, 238 p., 18 €/ePub : 10.99 €

rosiIl est un temps que les moins de vingt ans ne peu­vent pas con­naître. Un temps où presque chaque jeune homme fai­sait son ser­vice mil­i­taire. Rossano Rosi, dans Han­s­ka, se sou­vient de cette époque-là. En 1986, Scurag­gio, fils d’immigrés ital­iens est appelé sous les dra­peaux. Il racon­te le béret qu’il faut porter, le départ pour la caserne, les chaus­sures à cir­er (avec un bas panty, c’est plus effi­cace), les ordres du supérieur hiérar­chique, et l’ennui, le ter­ri­ble ennui à en bâiller. Il s’interroge aus­si. Si lui fait une guerre pour de faux, quelle fut celle de son père, la vraie, dans les années fas­cistes de l’Italie ? De quels camps sont les hommes qu’il a peut-être abat­tus et que con­tient le cahi­er toilé qu’il gar­dait pré­cieuse­ment ? Con­tin­uer la lec­ture