Immuable temps fort de l’année éditoriale française, la « rentrée littéraire d’automne » suscite beaucoup d’attention en Belgique aussi.
De la part des libraires et des lecteurs, évidemment, puisque la littérature publiée en France reste, de loin, la plus vendue chez nous. Pour les auteurs et autrices belges publiés en France, cette rentrée est pleinement la leur, et ils se mêleront, comme tous les romanciers hexagonaux, à l’effervescence du moment et notamment à la course aux prix. Les maisons d’édition belges, quant à elles, adoptent vis-à-vis de cette période des attitudes diverses. Certaines en font un moment-phare de leur année. Elles optent alors pour un programme d’ampleur, et des dates de parution qui rejoignent celles des voisins français (fin août), ou sont au contraire plus tardives, pour éviter une concurrence déséquilibrée. D’autres maisons, sans être inactives au cours du deuxième semestre, placent plutôt le centre de gravité de leur année éditoriale à la Foire du livre de Bruxelles, et présentent donc un programme plus léger pour l’automne.
Tour d’horizon des auteurs et autrices belges qui feront la rentrée 2025, en Belgique ou à l’étranger. Continuer la lecture



Clovis Patati et Florimond Tictac souhaitent adopter un enfant. Ils deviennent les parents d’une petite Pétronille que tout le monde finit par appeler Ninou. Ils aiment lui raconter les péripéties de son adoption : une véritable série en trois saisons. Ninou, à son tour, se plaît à commenter gentiment leurs conversations et à raconter leur rencontre dans un café.
Une plume s’offre à une autre pour écrire son œuvre posthume et raconter l’indicible, l’ineffable ; ce que personne ne peut accepter ni comprendre. Et surtout pas l’humanité. Peu avant sa mort, Ariel Bildzek, ce géant de la littérature mondiale, m’a révélé ce qu’il n’avait jamais raconté à personne.
Sirius Malgrétout commence un nouveau job dans un magasin d’électroménagers. Il passe ses journées à parcourir les longues allées d’un hangar, à charger des frigos ou des lave-vaisselles, à pousser un chariot et à transporter le tout jusqu’à l’accueil. Un emploi fatigant et extrêmement répétitif : ticket allée numéro untel, emplacement untel — chargement — déplacement — livraison. Et on recommence. De plus, Sirius n’a pas vraiment le physique du déménageur. Un curieux personnage, Tommy Tantpis, le suit partout. Qui est-il ? Un fantôme qui le hante, comme le dit la légende ? Un mauvais cauchemar ? Un ami qui lui veut du mal ? Son propre double ? Le mystère reste entier.
Un fou dans la manche, c’est un commissaire de police en vacances – mais non content de l’être –, avec sa compagne Mariana – « sa belle, mi-elle, mi-lui […], son monsieur-madame, sa mademoiselle-monsieur » –, dans le village d’origine de son père, une chaude semaine de septembre. C’est aussi une panoplie d’autochtones – Salvatore Voltino et Andrea Pastore, « deux grands ados désœuvrés en mal de sensations », une jeune fille, Elena Lanfredi, au regard « étrangement azuré », un père aubergiste, Agata, une vieille « au dos voûté par les ans », un pharmacien shooté, une « grande perche » qui assure les livraisons du supermarché, un curé obsédé par les seins de sa femme de ménage, excellente cuisinière par-dessus le marché, etc. –, le Camping Mare Blu (« trois étoiles et une chique »), « ses gémissements la nuit, sous les toiles de tentes et sous les étoiles, […] ses grincements de sommiers, plutôt moyens, dans les bungalows », son barman Gianluigi dit Luigi dit Billy, « prédateur à la peau tannée, aux trois neurones séjournant dans les couilles » et les derniers touristes de la saison. Un fou dans la manche, c’est encore des cadavres, celui d’une femme d’abord – une Allemande, Linda –, retrouvé sur la plage, puis un autre, puis des autres… et le va-et-vient d’anges gardiens dépités de n’avoir su veiller sur leur petit protégé. 