Archives par étiquette : Stanislas Cotton

Rentrée littéraire 2025 : continuité et renouveau

rentree 2025

Immuable temps fort de l’année édi­to­ri­ale française, la « ren­trée lit­téraire d’automne » sus­cite beau­coup d’attention en Bel­gique aus­si.

De la part des libraires et des lecteurs, évidem­ment, puisque la lit­téra­ture pub­liée en France reste, de loin, la plus ven­due chez nous. Pour les auteurs et autri­ces belges pub­liés en France, cette ren­trée est pleine­ment la leur, et ils se mêleront, comme tous les romanciers hexag­o­naux, à l’effervescence du moment et notam­ment à la course aux prix. Les maisons d’édition belges, quant à elles, adoptent vis-à-vis de cette péri­ode des atti­tudes divers­es. Cer­taines en font un moment-phare de leur année. Elles optent alors pour un pro­gramme d’ampleur, et des dates de paru­tion qui rejoignent celles des voisins français (fin août), ou sont au con­traire plus tar­dives, pour éviter une con­cur­rence déséquili­brée. D’autres maisons, sans être inac­tives au cours du deux­ième semes­tre, pla­cent plutôt le cen­tre de grav­ité de leur année édi­to­ri­ale à la Foire du livre de Brux­elles, et présen­tent donc un pro­gramme plus léger pour l’automne.

Tour d’horizon des auteurs et autri­ces belges qui fer­ont la ren­trée 2025, en Bel­gique ou à l’étranger. Con­tin­uer la lec­ture

Le temps de l’amour

Stanis­las COTTON, Léa, l’été, Mur­mure des soirs, 2022, 286 p., 20 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑930657–83‑7

cotton léa l'étéLe dernier livre de Stanis­las Cot­ton, Léa, l’été, c’est comme avoir de l’eau jusqu’aux coudes, à chercher un galet « rond, pas trop grand, pas trop lourd » et le faire presque s’envoler tout tout juste au-dessus de l’Ambrée, la riv­ière qui fai­sait tourn­er l’aube du vieux moulin dans lequel vit Melvil Tour­nel, le nar­ra­teur de ce réc­it. Une his­toire en qua­tre mou­ve­ments, l’été.

Quand l’histoire com­mence, Melvil a 12 ans. Il racon­te son ennui de l’école et com­ment il déjoue les attaques du gros lourd de Gabriel Maussin qui passe son temps à le harcel­er. Les assauts de Maussin n’empêchent pour­tant pas Melvil d’investir la riv­ière, son domaine, pour y pêch­er des tru­ites arc-en-ciel, en explor­er l’autre rive, véri­ta­ble jun­gle aux tré­sors. Con­tin­uer la lec­ture

Cap ou pas cap ?

Stanis­las COTTON, Ce que baleine veut, coll. « Théâtre à vif », 2021, 48 p., 10 €, ISBN : 9782807103108

cotton ce que baleine veutQuelque chose ne tourne pas rond chez les Per­limpin. Capucine, la nar­ra­trice, a remar­qué un change­ment de com­porte­ment chez son petit frère Philib­ert. Ce dernier n’agit pas comme d’habitude. Du genre à râlot­er facile­ment et à hous­piller sa sœur, il devient tac­i­turne et accepte tout ce qu’elle lui demande. Il s’isole dans sa cham­bre, par­le tout bas et passe des heures devant son ordi­na­teur. Ses par­ents, Ali­da et Edmond, ne remar­quent pas tout de suite ses sautes d’humeur et ses actes inhab­ituels. Capucine par con­tre le sur­prend à net­toy­er de fond en comble la mai­son, tra­vers­er à toute vitesse un car­refour dan­gereux ou insul­ter vio­lem­ment ses par­ents. Le tout avec pho­tos ou vidéos à l’appui. La nuit, Philib­ert dort peu et écoute les chants d’une baleine qui ago­nise. Capucine a peur que son frère devi­enne fou. Il n’est plus lui-même. Les trucs tor­dus s’enchainent jusqu’à un acte final qui pour­rait bien lui être fatal. Qu’a‑t-il bien pu se pass­er pour que Philib­ert agisse de cette manière ? Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 3 de Thierry Detienne

Chaque jour, Le Car­net et les Instants revis­ite l’an­née lit­téraire 2020 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujour­d’hui : la sélec­tion de Thier­ry Deti­enne. Con­tin­uer la lec­ture

Une famille comme les autres

Stanis­las COTTON, Mes papas, l’ogre et moi, Lans­man, 2020, 44 p., 10€, ISBN : 978–2‑8071–0289‑7

Clo­vis Patati et Flo­ri­mond Tic­tac souhait­ent adopter un enfant. Ils devi­en­nent les par­ents d’une petite Pétron­ille que tout le monde finit par appel­er Ninou. Ils aiment lui racon­ter les péripéties de son adop­tion : une véri­ta­ble série en trois saisons. Ninou, à son tour, se plaît à com­menter gen­ti­ment leurs con­ver­sa­tions et à racon­ter leur ren­con­tre dans un café. Con­tin­uer la lec­ture

La ronde honnie

Stanis­las COTTON, Le joli monde, Mur­mure des soirs, 2020, 94 p., 16 €, ISBN : 978–2‑930657–58‑5

Une plume s’offre à une autre pour écrire son œuvre posthume et racon­ter l’indicible, l’ineffable ; ce que per­son­ne ne peut accepter ni com­pren­dre. Et surtout pas l’humanité. Peu avant sa mort, Ariel Bildzek, ce géant de la lit­téra­ture mon­di­ale, m’a révélé ce qu’il n’avait jamais racon­té à per­son­ne.

La réal­ité nazie reste sans réponse pos­si­ble, incom­men­su­rable et sans réc­on­cil­i­a­tion entre l’être et l’humain. Et juste­ment… si être humain n’était pas un lumineux sup­plé­ment d’âme, mais bien une som­bre erreur de la nature ? Je suis entré, j’ai repoussé le pan­neau et je me suis retrou­vé nez à nez avec un type qui me souri­ait. J’ai remar­qué une tête de mort sur le col de son uni­forme.


Lire aus­si : Écrire sur les camps aujour­d’hui (C.I. 199)


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Robinson enfermé

Stanis­las COTTON, Le com­plexe de Robin­son, Lans­man, 2019, 63 p., 11 €, ISBN : 9782807102316

Stanis­las Cot­ton est un marin au long cours de la lit­téra­ture et de la lit­téra­ture dra­ma­tique en par­ti­c­uli­er. Il a bourlin­gué entre de nom­breuses rési­dences théâ­trales et lieu de créa­tion en Europe et au Québec. Lau­réat de plusieurs prix, il n’a cessé de men­er une obser­va­tion minu­tieuse de la société dans laque­lle il développe, sur de nom­breuses scènes, sa vision des para­dox­es et du délite­ment des rela­tions humaines et sociales. Con­tin­uer la lec­ture

S’accroche-t-on Malgrétout ou Tantpis, c’est fini ?

Stanis­las COTTON, La pro­fondeur des forêts, Lans­man, 2018, 48 p., 11€, ISBN : 9782807101845

cotton la profondeur des forêts.jpgSir­ius Mal­grétout com­mence un nou­veau job dans un mag­a­sin d’électroménagers. Il passe ses journées à par­courir les longues allées d’un hangar, à charg­er des fri­gos ou des lave-vais­selles, à pouss­er un char­i­ot et à trans­porter le tout jusqu’à l’accueil. Un emploi fati­gant et extrême­ment répéti­tif : tick­et allée numéro untel, emplace­ment untel — charge­ment — déplace­ment — livrai­son. Et on recom­mence. De plus, Sir­ius n’a pas vrai­ment le physique du démé­nageur. Un curieux per­son­nage, Tom­my Tant­pis, le suit partout. Qui est-il ? Un fan­tôme qui le hante, comme le dit la légende ? Un mau­vais cauchemar ? Un ami qui lui veut du mal ? Son pro­pre dou­ble ? Le mys­tère reste entier. Con­tin­uer la lec­ture

Sea, sex and sun

Stanis­las COTTON, Un fou dans la manche, Avin, Luce Wilquin, 2015, 222 p., 20 €

Un fou dans la manche, c’est un com­mis­saire de police en vacances – mais non con­tent de l’être –, avec sa com­pagne Mar­i­ana – « sa belle, mi-elle, mi-lui […], son mon­sieur-madame, sa made­moi­selle-mon­sieur » –, dans le vil­lage d’origine de son père, une chaude semaine de sep­tem­bre. C’est aus­si une panoplie d’autochtones – Sal­va­tore Volti­no et Andrea Pas­tore, « deux grands ados désœu­vrés en mal de sen­sa­tions », une jeune fille, Ele­na Lan­fre­di, au regard « étrange­ment azuré », un père auber­giste, Aga­ta, une vieille « au dos voûté par les ans », un phar­ma­cien shooté, une « grande perche » qui assure les livraisons du super­marché, un curé obsédé par les seins de sa femme de ménage, excel­lente cuisinière par-dessus le marché, etc. –, le Camp­ing Mare Blu (« trois étoiles et une chique »), « ses gémisse­ments la nuit, sous les toiles de tentes et sous les étoiles, […] ses grince­ments de som­miers, plutôt moyens, dans les bun­ga­lows », son bar­man Gian­lui­gi dit Lui­gi dit Bil­ly, « pré­da­teur à la peau tan­née, aux trois neu­rones séjour­nant dans les couilles » et les derniers touristes de la sai­son. Un fou dans la manche, c’est encore des cadavres, celui d’une femme d’abord – une Alle­mande, Lin­da –, retrou­vé sur la plage, puis un autre, puis des autres… et le va-et-vient d’anges gar­di­ens dépités de n’avoir su veiller sur leur petit pro­tégé. Con­tin­uer la lec­ture

Le monde se reflète dans une goutte d’eau

Un coup de coeur du Carnet
Émilie GÄBELE

cottonSix jeunes par­courent la ville à la recherche de l’amour, d’un tra­vail, du bon­heur, du plaisir, du récon­fort… Cha­cun à leur tour, par cou­ple ou seul, ils nous racon­tent leurs déboires sen­ti­men­taux, leurs pul­sions, leur soif de change­ment, leur envie de meurtre par­fois. Con­tin­uer la lec­ture