Archives par étiquette : Laurent Robert

Morale élémentaire

Lau­rent ROBERT, Sans morale, Toute chose, 2023, 132 p., 10 €, ISBN : 978–2‑492843–27‑3

robert sans moraleIl y a quelques années déjà, nous avions été séduits par un ouvrage de Lau­rent Robert (Son­nets de la révolte ordi­naire) pub­lié par la belle mai­son lyon­naise, Aethalidès. L’auteur, une fois encore, nous sur­prend avec ce nou­veau recueil inti­t­ulé Sans morale et pub­lié aux Édi­tions Toute Chose. On retrou­ve ici le soin apporté à la mise en page que rehaussent le choix du for­mat à l’italienne ain­si que des illus­tra­tions baro­ques dues au graveur flo­rentin Gio­van­ni Bat­tista Bra­cel­li (1584–1650). Gravures d’une moder­nité éton­nante qui représen­tent des corps aux formes géométriques dessi­nant une étrange mécanique de cou­ples qui danseraient une sorte de valse un peu trop par­faite. La sex­u­al­ité, la sen­su­al­ité des corps, la com­plex­ité des rela­tions humaines délim­i­tant, par­mi d’autres, un trip­tyque thé­ma­tique cher à l’auteur. Con­tin­uer la lec­ture

Sonnets salés sans moraline…

Un coup de cœur du Car­net

Lau­rent ROBERT, Son­nets de la révolte ordi­naire, Aethalidès, coll. « Freaks », 2020, 141 p., 16 €, 978–2‑491517–04‑5

laurent robert sonnets de la revolute ordinairePar­mi les plaisirs de la lit­téra­ture, il y a celui de la décou­verte. Celle de dénich­er par exem­ple un auteur dont on se sent proche immé­di­ate­ment, au pre­mier coup d’œil, et la sur­prise de repér­er un édi­teur que l’on ne con­nais­sait pas encore la veille. Dou­ble plaisir donc ici avec ces Son­nets de la révolte ordi­naire de Lau­rent Robert parus chez l’éditeur lyon­nais Aethalidès. Une maque­tte sobre, élé­gante, un papi­er de qual­ité, une typogra­phie aérée et le titre d’une col­lec­tion – Freaks — qui donne le ton, à la fois inso­lite et provo­ca­teur ! Con­tin­uer la lec­ture

Dans nos archives : la marche blanche

Le 20 octo­bre 1996, 300.000 Belges défi­laient dans les rues de Brux­elles, vêtus de blanc et en silence, à la suite de l’ar­resta­tion de Marc Dutroux et des nom­breux scan­dales politi­co-judi­ci­aires que l’af­faire Dutroux a mis à jour. Si la marche blanche a déplacé les foules, elle a aus­si fait couler beau­coup d’en­cre. Le n° 98 (mai-sep­tem­bre 1997) du Car­net et les Instants con­sacrait, sous la plume de Lau­rent Robert, un dossier à la lit­téra­ture née dans la suite immé­di­ate de l’af­faire Dutroux.

Une lit­téra­ture le plus sou­vent de cir­con­stance, un peu oubliée aujour­d’hui, mais qui témoigne de cette époque pas si loin­taine de l’om­niprésence de l’en­ne­mi pub­lic n°1 — en librairie comme dans les médias ou les con­ver­sa­tions. Nous repub­lions ici le dossier dans son inté­gral­ité. Con­tin­uer la lec­ture

La geste Zola

Lau­rent ROBERT, Gor­gonzo­la, Le chas­seur abstrait, 2018, 88 p., 15 €, ISBN : 978–2‑35554–418‑7

Gorgonzola de Laurent RobertAu début on se demande ce qui se passe, on lit et on ne com­prend que des « fusées », apparem­ment, car tout est dans une apparence biaisée dans le Gor­gonzo­la de Lau­rent Robert. Une apparence fic­tive. Une apparence fic­tive. « Gor­gonzo­la » n’est pas un fro­mage de vache per­sil­lé fab­riqué dans le Pié­mont et la Lom­bardie, mais plutôt une « gor­gone Zola »,  une façon de ren­voy­er les lecteurs à une sorte de sidéra­tion devant ce texte com­posé de 155 tankas, à une expéri­ence de réan­i­ma­tion de soix­ante-deux  ans de la vie d’Émile Zola et de son époque faite de lutte, de mis­ère, de courage et de son génie.

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Sophie Buyse, L’organiste

Le livre des sons

Sophie BUYSEL’or­gan­iste, Images d’Yvoires, 2002

buyse l'organisteDans L’Or­gan­iste, troisième roman de Sophie Buyse, tout est son et le son est tout. Cela com­mence par le nom des peu­ples dans ce monde divisé, que coupe en deux un fleuve, que sépar­ent aus­si les manières de penser et de vivre, d’en­tendre ou non la musique, le bruit et la fu­reur. Chez les Echocides de la rive droite, le silence est impos­si­ble : « Le traf­ic est intense, les bruits fusent de toutes parts, des pub­lic­ités s’il­lu­mi­nent (…) et (…) inter­pel­lent d’une voix aguichante (…) Le pas­sant est inté­gré à la marchan­dise, il ne peut plus se dif­férenci­er de ce qui lui est présen­té ». Chez les Murmu­rants de la rive gauche règ­nent la pau­vreté et l’austérité morale. Les seuls chants admis­sibles sont ceux du culte et ceux des came­lots sur les marchés. Les autres sont inter­dits, comme à peu près tout, d’ailleurs, est inter­dit. Con­tin­uer la lec­ture