Archives par étiquette : Les empêcheurs de penser en rond

Alliances entre morts et vivants

Vin­ciane DESPRET, Les morts à l’œuvre, Empêcheurs de penser en rond, 2023, 176 p., 20,50 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782359252439

despret les morts a l'oeuvrePro­longeant les ques­tion­nements posés dans Au bon­heur des morts. Réc­its de ceux qui restent (La Découverte/Les Empêcheurs de penser en rond, 2015), Vin­ciane Despret con­sacre son nou­v­el essai à la mise en réc­it de cinq his­toires qui témoignent de la manière dont les morts font agir les vivants. Le « com­ment racon­ter ? » des vies inter­rompues, des exis­tences pré­cip­itées dans la mort fait par­tie inté­grante d’un dis­posi­tif de pen­sée qui révo­lu­tionne et con­teste les anti­ennes de la notion car­di­nale de tra­vail de deuil dans l’Occident con­tem­po­rain. La pen­sée thérapeu­tique et économique d’un deuil que l’on doit tra­vailler, per­la­bor­er afin de regag­n­er le rivage de la vie, de se détach­er de l’abîme lais­sé par l’absent fait place à une pen­sée des rela­tions entre ceux qui restent et ceux qui sont encore là tout en n’étant plus à nos côtés. La sin­gu­lar­ité des réflex­ions provient ici du pro­to­cole d’expérimentation artis­tique qui relie les cinq his­toires : les inter­venants, les citoyens de cha­cun de ces cinq réc­its de décès ont fait appel au col­lec­tif des Nou­veaux Com­man­di­taires créé par François Hers en 1990, un col­lec­tif qui attribue la créa­tion d’une œuvre plas­tique, musi­cale, lit­téraire, théâ­trale, archi­tec­turale… à un artiste con­tem­po­rain chargé de réalis­er un « mon­u­ment de sen­sa­tions » (Deleuze) per­me­t­tant de ren­dre présents celles et ceux qui ont été fauchés par la Camarde. Con­tin­uer la lec­ture

Vinciane Despret : récits de rencontres, de transformations entre humains et animaux

Vin­ciane DESPRET, Quand le loup habit­era avec l’agneau, Nou­velle édi­tion aug­men­tée, Empêcheurs de penser en rond, 2020, 325 p., 20 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 978–2‑35925–182‑1

Dans cette nou­velle édi­tion aug­men­tée de Quand le loup habit­era avec l’agneau, Vin­ciane Despret inter­roge les trans­for­ma­tions mutuelles pro­duites par les ren­con­tres entre les pri­mates, les per­ro­quets, les cor­beaux, le monde ani­mal et les étho­logues, les pri­ma­to­logues. Les réc­its portés sur les ani­maux ont changé au cours des dernières années. Alors que des préjugés, des a pri­ori enfer­maient les mou­tons dans l’image d’êtres dociles, mou­ton­niers, on leur a décou­vert une intel­li­gence sociale élaborée. Plaidant pour la con­ti­nu­ité des formes du vivant, des pri­mates aux humains, Dar­win a cher­ché des can­di­dats pri­mates témoignant de notre orig­ine. Un des can­di­dats, com­pat­i­bles avec la théorie de l’évolution et de la sélec­tion naturelle fut le babouin. Enrôlé dans un pro­to­cole devant nous aider à com­pren­dre notre orig­ine, le babouin mâle a peu à peu été perçu comme belliqueux, com­péti­tif, dom­i­nant. Or, des nat­u­ral­istes ont par la suite mon­tré que, loin d’être pris dans des liens de com­péti­tion, les babouins mâles s’intégraient dans une société vertébrée par l’amitié avec les femelles. Con­tin­uer la lec­ture