Archives par étiquette : animal

Jolies rencontres en sauvagerie urbaine

Jean-Michel LECLERCQ (Texte)et MArie MAHLER (Illus­tra­tion), J’habite ici aus­si, CFC, 2022, 46 p., 15 €, ISBN : 978–2875720795

leclercq mahler j habite ici aussiDepuis quelque temps, on décou­vre des pho­tos et des anec­dotes de ren­con­tres d’animaux et d’humains en pleine ville. Le monde sauvage et le monde urbain coex­is­teraient-ils ? Telle mai­son com­mu­nale filme les rapaces instal­lés sur son toit, telle autre cherche des solu­tions pour éloign­er les renards des poubelles. Nos villes bruis­sent et ser­vent de cachettes à cet autre monde. MArie MAl­her et Jean-Michel Lecler­cq ont com­pris. « Ils habitent ici aus­si ». C’est ce que nous racon­te leur livre. Album témoignage. Con­tin­uer la lec­ture

Bestiaire du vivant

Véronique JANZYK, Sachant qu’aucun ani­mal ne nous appar­tient, Onlit, 2022, 128 p., 17 €, ISBN : 978–2‑87560–167‑4

janzyk sachant qu'aucun animal ne nous appartientTrou­ver une chi­enne en rue qui vous fait rep­longer en enfance et s’aventurer alors avec cette Douce. Enten­dre le cri, con­stater le sac de ter­reau éven­tré, décou­vrir « l’animal ». Saisir le ren­dez-vous quo­ti­di­en de l’homme et de l’oie, sur un banc, en bord de lac. S’attarder sur les beaux yeux d’une poule, ten­ter d’aider un coq, décou­vrir l’œuf du jour. Réc­on­cili­er une fil­lette avec l’apprentissage de la lec­ture grâce à des éléphantes, ouvrir la porte à des chats errants, cohab­iter sur la même branche pour cap­tur­er l’instant, défendre la cause des columbidés. Recueil­lir Mouchette, la mou­ette. Croire inten­sé­ment en l’espérance de vie des héris­sons et, plus tard, en bord de mer, en celle d’un goé­land. Ren­con­tr­er un fer­vent mil­i­tant pour les sans voix, touch­er des ailes le Cham­pi­on et le milieu colom­bophile, accueil­lir un per­ro­quet et devenir son insé­para­ble. S’organiser pour boy­cotter le gazage de pigeons et voir, au-delà, des oreilles d’un lapin. Dix-neuf réc­its où mon­des humains et mon­des ani­maux se ren­con­trent, se super­posent, s’entrelacent. Con­tin­uer la lec­ture

Sommes-nous bêtes ?

Pierre SCHOENTJES, Nos regards se sont croisés. La scène de la ren­con­tre avec un ani­mal, Mot et le reste, 2022, 192 p., 17 € / ePub : 10,99 €, ISBN : 9782384310029

schoentjes nos regards se sont croisésPar­mi les prix qu’elle a décernés en 2021, notre Académie royale de langue et de lit­téra­tures français­es avait dis­tin­gué un ouvrage de Pierre Schoen­t­jes, Lit­téra­ture et écolo­gie. Le mur des abeilles (Cor­ti 2020). Salu­ant le lau­réat, pro­fesseur de lit­téra­ture française à l’Université de Gand, Yves Namur présen­tait cet essai comme enten­dant répon­dre à la ques­tion suiv­ante : « Com­ment la lit­téra­ture s’empare-t-elle des ques­tions envi­ron­nemen­tales pour penser notre avenir et notre futur ? ». Il soulig­nait que l’auteur fondait sa démarche sur une relec­ture de notre pat­ri­moine lit­téraire à la lumière de cette ques­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Des chats, des souris et des hommes

Anne RICHTER, La four­mi a fait le coup, Sam­sa, 2021, 20 €, ISBN : 9782875933645

richter la fourmi a fait le coupAnne Richter a quinze ans lorsqu’elle rédi­ge les dix-sept con­tes rassem­blés dans le recueil, La four­mi a fait le coup, réédité aujourd’hui par Sam­sa.

Et si le titre peut paraître enfan­tin, que l’on ne s’y trompe pas, l’écriture et les sujets traités témoignent de la grande matu­rité de l’autrice en devenir. Dans ce pre­mier ouvrage annon­ci­a­teur du réal­isme mag­ique qui imprégn­era plus tard l’ensemble de son œuvre, les ani­maux et les insectes se met­tent à par­ler et les objets à s’animer parce qu’ils ont des choses à dire et à faire com­pren­dre aux humains qui les chas­sent, les utilisent, les ignorent ou les délais­sent. Con­tin­uer la lec­ture

Des toutous partout

Un coup de cœur du Car­net

Kit­ty CROWTHER, Je veux un chien et peu importe lequel, Pas­tel, 2021, 56 p., 13,50 €, ISBN : 9782211307017

crowther je veux un chien et peu importe lequelMil­lie n’a qu’une phrase en bouche : « Est-ce que je pour­rais avoir un chien ? ». Jour après jour, elle pose inlass­able­ment la même ques­tion. Peu lui importe quelle sorte de chien, grand, comique ou à poils longs, l’essentiel est qu’elle en ait un ! Tout aus­si inlass­able­ment, sa mère lui répond non, jour après jour, en la trainant à l’école comme un toutou. Il faut dire que Mil­lie y va avec les pieds de plomb, à cette école nom­mée « Les Trois Couronnes », étab­lisse­ment select dans lequel la petite ne sem­ble pas trou­ver sa place. Pas éton­nant, puisque toutes ses petites cama­rades font par­tie du Club des dogs. Et bien enten­du, pour en faire par­tie, il faut avoir… un chien. Con­tin­uer la lec­ture

Vinciane Despret : récits de rencontres, de transformations entre humains et animaux

Vin­ciane DESPRET, Quand le loup habit­era avec l’agneau, Nou­velle édi­tion aug­men­tée, Empêcheurs de penser en rond, 2020, 325 p., 20 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 978–2‑35925–182‑1

Dans cette nou­velle édi­tion aug­men­tée de Quand le loup habit­era avec l’agneau, Vin­ciane Despret inter­roge les trans­for­ma­tions mutuelles pro­duites par les ren­con­tres entre les pri­mates, les per­ro­quets, les cor­beaux, le monde ani­mal et les étho­logues, les pri­ma­to­logues. Les réc­its portés sur les ani­maux ont changé au cours des dernières années. Alors que des préjugés, des a pri­ori enfer­maient les mou­tons dans l’image d’êtres dociles, mou­ton­niers, on leur a décou­vert une intel­li­gence sociale élaborée. Plaidant pour la con­ti­nu­ité des formes du vivant, des pri­mates aux humains, Dar­win a cher­ché des can­di­dats pri­mates témoignant de notre orig­ine. Un des can­di­dats, com­pat­i­bles avec la théorie de l’évolution et de la sélec­tion naturelle fut le babouin. Enrôlé dans un pro­to­cole devant nous aider à com­pren­dre notre orig­ine, le babouin mâle a peu à peu été perçu comme belliqueux, com­péti­tif, dom­i­nant. Or, des nat­u­ral­istes ont par la suite mon­tré que, loin d’être pris dans des liens de com­péti­tion, les babouins mâles s’intégraient dans une société vertébrée par l’amitié avec les femelles. Con­tin­uer la lec­ture

Les mondes-oiseaux

Vin­ciane DESPRET, Habiter en oiseau, Post­faces de Stéphane Durand et de Bap­tiste Mori­zot, Actes Sud, coll. « Mon­des sauvages. Pour une nou­velle alliance », 2019, 224 p., 20 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 978–2‑330–12673‑5

Com­ment déter­ri­to­ri­alis­er les pra­tiques sci­en­tifiques, sor­tir de l’attention exclu­sive à l’universel pour s’ouvrir aux réc­its des indi­vid­u­al­ités ani­males ? Com­ment ten­ter de penser en oiseau et non sur eux ? Dans Habiter en oiseau, Vin­ciane Despret, auteur d’une œuvre déci­sive qui déclo­ture les savoirs et sec­oue leur anthro­pocen­trisme (Quand le loup habit­era avec l’agneau, Être bête, Penser comme un rat, Au bon­heur des morts….) nous livre un voy­age éthologique au pays des oiseaux. Au nom­bre des réquisits de sa démarche : une explo­ration de modes d’attention nég­ligés par les sci­en­tifiques, un éloge de la lenteur, du « ralen­tir », un déplace­ment des ques­tions que l’on pose aux ani­maux observés. Écouter les chants du mer­le, com­pren­dre les mon­des que les oiseaux con­stru­isent, leurs rap­ports au ter­ri­toire implique de s’attacher à des « his­toires de vie d’oiseaux indi­vidu­els ». Con­tin­uer la lec­ture

L’urgence est aussi littéraire

Un coup de cœur du Car­net

Car­o­line LAMARCHENous sommes à la lisière, Gal­li­mard, 2019, 165 p., 16 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 9782072819292

Nous sommes à la lisière : superbe titre pour un recueil de nou­velles qui ne l’est pas moins. Car­o­line Lamarche s’était déjà, dès ses débuts, révélée comme une auteure exigeante en matière de lit­téra­ture et d’écriture peaufinée. Le recueil de nou­velles, Le jour du chien, pub­lié aux édi­tions de Minu­it en 1996, lui val­ut d’emblée le prix Rossel. À la suite d’un chien en errance, elle traçait le por­trait d’humanités au bord de gouf­fres.

Con­tin­uer la lec­ture

Robert Goffin, écrivain sous roche

Robert GOFFIN, Le roman des anguilles, pré­face d’Arnaud de la Croix, Sam­sa / ARLLFB, 2018, 160 p., 18 €, ISBN :  978–2‑87593–151‑1

Robert Goffin, Le roman des anguillesS’il est une per­son­nal­ité attachante dont il s’agit de redé­cou­vrir sans tarder l’œuvre poly­mor­phe, c’est bien celle de Robert Gof­fin (1898–1984).

Les rares à con­naître son nom citeront sans hésiter ses nom­breuses con­tri­bu­tions à la décou­verte du jazz. Ain­si l’un de ses tout pre­miers recueils de poésie, en 1922, s’intitulera Jazz-band et lui vau­dra l’honneur d’être pré­facé par Jules Romains. Mais il a égale­ment rehaussé l’historiographie de ce courant musi­cal avec Aux fron­tières du jazz (présen­té par Mac-Orlan cette fois), son incon­tourn­able His­toire du jazz, parue ini­tiale­ment à Mon­tréal en 1946 et enrichie deux ans plus tard pour s’étendre du Con­go au Bebop, un essai plus recher­ché encore sur La Nou­velle-Orléans ou une mono­gra­phie sur Louis Arm­strong parue chez Seghers en 1947… Con­tin­uer la lec­ture

Humaniser l’animal pour réhumaniser l’homme ?

Tous Din­go ? Une poli­tique de l’animal nat­u­ral­iste, Neuf études réu­nies et présen­tées par Paul ARON et Clara SADOUN-ÉDOUARD, Édi­tions Sam­sa / CIEL – ULB – ULg / Société Octave Mir­beau, 2018, 160 p., 19 €, ISBN :  978–2‑87593–179‑5

aron sadoun edouard tous dingoDepuis le milieu des années 1990, l’antispécisme s’est imposé comme un courant de pen­sée impor­tant en Occi­dent. Cette vision du monde con­siste à refuser l’idée qu’une soi-dis­ant « espèce humaine » puisse se revendi­quer dif­férente, notam­ment sur le plan moral, d’une soi-dis­ant « espèce ani­male », et se pré­ten­dre supérieure au point de s’arroger le droit d’exploiter la sec­onde. Les anti­spé­cistes assim­i­lent l’humain à un « ani­mal comme les autres », rejet­tent la dis­tinc­tion nature-cul­ture, et se con­for­ment à un mode de vie en adéqua­tion avec leur éthique – dont l’indice le plus évi­dent est l’adoption d’un strict régime végane – par respect envers ces frères inférieurs, util­isés comme matéri­au d’expérimentation en lab­o­ra­toire, indû­ment instru­men­tal­isés au gré de nos humeurs, vic­times enfin d’un mas­sacre organ­isé à dimen­sion indus­trielle avant con­di­tion­nement et con­som­ma­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Les chats savent toujours

Car­o­line ALEXANDER, Une vie en minia­ture, M.E.O., 2018, 108 p., 14 € / ePub : 8.99 €, ISBN : 978–2‑8070–0156‑5

alexander_une vie en miniature« Quoi ? Moi, l’agnostique, la logique, la sen­sée, la raisonnable, la raison­neuse, je deviendrais l’espace de quelques heures une Alice qui, au lieu de tra­vers­er les miroirs, passerait, qui sait, par des trous de ser­rure ? »

La nar­ra­trice d’Une vie en minia­ture s’éberlue de sa soudaine capac­ité à rapetiss­er. Pas plus grande qu’un doigt, elle se déplace en se mêlant au pelage blanc de Jupiter aux yeux jaunes, la menant entre draps dans la cham­bre et lit d’herbes au jardin. Il est son chat pro­tecteur qui lui per­met de vivre l’impossible. N’a‑t-on pas tous rêvé d’être une petite souris pour voir sans être vu ? Notam­ment l’être aimé ? Con­tin­uer la lec­ture

L’école buissonnière

Un coup de cœur du Carnet

Chris­tine VAN ACKER, La Bête a bon dos, José Cor­ti, coll. « Bio­phil­ia », 2018, 190 p., 18 €, ISBN : 978–2‑7143–1203‑7

van acker la bete a bon dosÀ la fois atyp­ique et mil­i­tante incon­di­tion­nelle du par­ti de la vie dans tous ses états, Chris­tine Van Ack­er use de nom­breux reg­istres pour assumer sa créa­tiv­ité et servir sa vision du monde. À par­tir d’un amour aus­si tenace que trop sou­vent déçu pour son espèce, ses gammes vont de l’humour et de l’autodérision à l’ironie pos­i­tive, à la parabole futée et jusqu’au sur­réal­isme d’une éclairante excen­tric­ité. Avec La Bête a bon dos, l’exploration de l’univers ani­mal la met en vacances de l’humain – enfin, presque… Avec pour car­bu­rant la ver­tu car­di­nale des vrais décou­vreurs : le per­pétuel éton­nement. Mais, est-ce pour nous effray­er qu’elle mobilise presque d’entrée de jeu le micro­scope et le jar­gon savant du bio-généti­cien pour évo­quer la résis­tance du « roy­aume du vivant » face à « l’empire de l’inanimé » ? «  L’eucaryote ne com­pren­dra jamais com­ment un pro­cary­ote, tout à la joie de laiss­er son ADN bar­bot­er nu comme un ver, accom­pa­g­né de nom­breux ribo­somes dans un bain cyto­plas­mique partagé, arrive à sur­vivre sans la pro­tec­tion des parois du Noy­au. »   Encore faut-il pré­cis­er que « Le domaine des eucary­otes (…) regroupe tous les organ­ismes uni­cel­lu­laires ou pluri­cel­lu­laires qui se car­ac­térisent générale­ment par la présence d’un noy­au et de mito­chon­dries dans leurs cel­lules ». Con­tin­uer la lec­ture

Le jardin extraordinaire

Leonor PALMEIRA, Camille PIER, La Nature con­tre-nature (tout con­tre), L’arbre de Diane Edi­tions, coll. « La tortue de Zénon », 2016, 80 p., 12 €

palmeiraIl s’en passe des choses dans la nature. Des choses que l’on n’imagine pas, que l’on ne veut pas voir, ou que l’on nous cache parce qu’elles rendraient chèvre l’ordre établi. Celui, par exem­ple, de la dif­férence entre les hommes et les femmes, cette fameuse dif­féren­ci­a­tion sex­uelle qui serait le dernier rem­part con­tre la con­fu­sion iden­ti­taire, l’ultime argu­ment pour défendre la famille tra­di­tion­nelle. Que n’a‑t-il pas fal­lu enten­dre, en France, au moment des débats pour le mariage pour tous – et toutes ! Quelles couleu­vres n’a‑t-il pas fal­lu avaler ! Même si, au fond, on peut être d’accord avec Juli­ette Gré­co quand elle chante « La nature com­plique jamais inutile­ment / Y’a que les hommes pour s’épouser ». Mais la nature est plus égal­i­taire que la société humaine ; dans le règne ani­mal c’est : le non-mariage pour toutes et tous. Con­tin­uer la lec­ture

Humains de compagnie

Audrey CHÈVREFEUILLE

gerardIls s’appellent Osbert, Smi­ley, Minou, Duck­er ou Ursus. Chien, chat, moineau, ours en peluche : ils vivent tous auprès de nous, humains de com­pag­nie. Nous les imag­i­nons dépen­dants de nous, dénués de pen­sée, pas­sifs, ces ani­maux de com­pag­nie. Et si la réal­ité était tout autre ? Con­tin­uer la lec­ture