Archives par étiquette : Vinciane Despret

Des vies fécondes

Claire MAY, Rêves d’azote, Hélice Hélas, 2026, 192 p., 20 €, ISBN : 978–2‑940700–93‑6

may rêves d'azoteMédi­ta­tion romanesque sur la fécon­dité, sur les liens entre généra­tions, Rêves d’azote con­stru­it un réc­it autour de ce qui relie les mon­des, de ce qui assure la per­pé­tu­a­tion de la lignée. Après un pre­mier roman, Oost­duinkerke (Édi­tions de l’Aire) couron­né par le prix de la pre­mière œuvre fran­coph­o­ne de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles et par le prix SPG, Claire May nous plonge dans le rêve de mater­nité et ce qui, par­fois, l’entrave. Délais­sant l’approche psy­chologique, l’exploration du désir d’enfanter, elle donne à enten­dre le par­cours d’une femme médecin recourant à la fécon­da­tion in vit­ro. Avec son com­pagnon Frédéric, la nar­ra­trice gagne la Lig­urie avec pour via­tique un ouvrage-tal­is­man, Au bon­heur des morts de Vin­ciane Despret. Là où l’essai de Vin­ciane Despret inter­roge les liens, les réc­its qui relient les morts aux vivants, la nar­ra­trice envis­age d’accomplir sem­blable tra­vail avec ceux et celles qui n’arrivent pas à naitre, qui échouent à voir le jour. Con­tin­uer la lec­ture

Rentrée d’hiver 2026 : en route vers la Foire du livre

RL hiver 2026 visu

« Ren­trée lit­téraire » désigne tra­di­tion­nelle­ment la péri­ode d’effervescence édi­to­ri­ale qui s’étend de fin aout à début novem­bre. C’est à ce moment que parais­sent les livres en lesquels les maisons d’édition (parisi­ennes) voient de pos­si­bles can­di­dats aux Goncourt, Renau­dot et autre Fem­i­na. Depuis plusieurs années, toute­fois, le cal­en­dri­er édi­to­r­i­al con­nait un autre temps fort, en jan­vi­er-févri­er. Les sor­ties sont nom­breuses et les livres qui parais­sent à ce moment-là sont aus­si de ceux sur lesquels les édi­teurs mis­ent par­ti­c­ulière­ment. On par­le donc désor­mais aus­si d’une ren­trée lit­téraire d’hiver. Con­tin­uer la lec­ture

Accueillir le monde animal dans la fiction

Paul ARON et Judy­ta ZBIER­S­KA-MOś­CI­C­KA (sous la dir. de), Bêtes de livres, Textyles n°67, Ker, 2024, 164 p., 18 €

textyles betes de livresPeu étudiée, peu explorée par la cri­tique, la ques­tion de la présence, de la fonc­tion de l’animal dans la lit­téra­ture belge fran­coph­o­ne se voit mise à l’honneur dans le dossier Bêtes de livres qui occupe le dernier numéro de la revue Textyles. Salu­ons la fécon­dité des analy­ses, des angles d’approche libérés par des con­tri­bu­tions qui pointent l’essor de la thé­ma­tique de l’animalité, du vivant dans la lit­téra­ture con­tem­po­raine. Con­tin­uer la lec­ture

Bilan 2024 : Librel dévoile ses meilleures ventes

Librel, la plate­forme col­lec­tive des librairies indépen­dantes de Wal­lonie et de Brux­elles, a dévoilé ses 30 meilleures ventes de l’an­née 2024, tous gen­res lit­téraires con­fon­dus. Plusieurs auteurs et autri­ces belges fig­urent dans ce classe­ment. Con­tin­uer la lec­ture

Le meilleur de l’année 2024 : les choix des journalistes


revue de presse - illustration

Tout au long du mois de décem­bre, Le Car­net et les Instants vous a présen­té ses coups de cœur lit­téraires de l’année. De nom­breux jour­naux et mag­a­zines se sont livrés au même exer­ci­ce. Tour d’horizon, for­cé­ment non exhaus­tif, des auteurs et autri­ces belges plébisc­ités par la presse belge et étrangère en 2024. Con­tin­uer la lec­ture

« Nous sommes toutes et tous des symbiotes »

Vin­ciane DESPRET et Pierre KROLL, Dar­win, Dieu, tout et n’importe quoi, Arènes BD, 2024, 187 p., 26 €, ISBN : 9791037512369

despret kroll dieu darwin tout et n'importe quoiLe dessi­na­teur Pierre Kroll et la philosophe Vin­ciane Despret sig­nent aux édi­tions Les Arènes une col­lab­o­ra­tion ent­hou­si­as­mante dans laque­lle dia­loguent Dieu et Dar­win autour d’une série d’excentricités biologiques qui amè­nent à ques­tion­ner des principes qui sem­blaient, jusqu’alors, évi­dents. Observées tant chez des végé­taux que chez des ani­maux, ces curiosités sont autant de fun facts qui fonc­tion­nent comme points d’entrée vers des théories biologiques com­plex­es. Tout en adop­tant le ton joyeux et la flu­id­ité intel­lectuelle qu’on lui con­naît, Vin­ciane Despret déjoue une mul­ti­tude de biais embar­ras­sant notre manière d’appréhender les vies autres qu’humaines – fun facts dont la sub­stance appa­raît bril­lam­ment tran­scrite dans les dessins de Pierre Kroll en ouver­ture de chaque séquence. Sous les atours de la vul­gar­i­sa­tion sci­en­tifique, il s’agit avant tout de rompre avec le mod­èle déter­min­iste d’un « grand hor­loger » qui veut que tout soit là pour une rai­son, que les vivants soient des rouages plus que des indi­vidus – et ain­si met­tre en lumière tout ce qui échappe à cette logique de l’immuabilité. Con­tin­uer la lec­ture

Les enjeux vitaux de la biodiversité

Un coup de cœur du Car­net

Marc SCHMITZ (coor­di­na­tion), Le souf­fleur de feuilles. La bio­di­ver­sité n’est pas un luxe, elle est vitale, Pré­face de Vin­ciane Despret, Couleur livres, 2022, 128 p., 12 €, ISBN : 9782870039342

collectif le souffleur de feuillesC’est à par­tir d’un lieu bien pré­cis, de la réserve naturelle du Kin­sendael située dans le sud de Brux­elles que l’ouvrage col­lec­tif Le souf­fleur de feuilles. La bio­di­ver­sité n’est pas un luxe, elle est vitale inter­roge les ressources con­ceptuelles et les scé­nar­ios à met­tre en œuvre sur le ter­rain afin de fab­ri­quer « des mon­des encore hab­it­a­bles » (Vin­ciane Despret) où se nouent des liens har­monieux entre humains et non-humains. Com­posé d’acteurs issus de divers­es dis­ci­plines, un col­lec­tif de con­tribu­teurs (Isabelle Stengers, Serge Gutwirth, Vin­ciane Despret qui signe la pré­face, Marc Schmitz qui coor­donne l’ouvrage, Mar­tine De Beck­er, Thérèse Verteneuil, Benoît Dumont, Olivi­er De Schut­ter, Jean-Claude Gré­goire, Paul De Gob­ert, Amau­ry Van­laer) s’empare des ques­tions des ter­ri­toires de vie où se déploient des mon­des sauvages, semi-sauvages, de l’érosion cat­a­strophique de la bio­di­ver­sité, de la frag­men­ta­tion de l’habitat, de la spa­tio­phagie, de l’urbanisation galopante qui men­a­cent la survie d’innombrables espèces ani­males et végé­tales pour penser un change­ment de par­a­digme qui en passe par le local. Con­tin­uer la lec­ture

Alliances entre morts et vivants

Vin­ciane DESPRET, Les morts à l’œuvre, Empêcheurs de penser en rond, 2023, 176 p., 20,50 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782359252439

despret les morts a l'oeuvrePro­longeant les ques­tion­nements posés dans Au bon­heur des morts. Réc­its de ceux qui restent (La Découverte/Les Empêcheurs de penser en rond, 2015), Vin­ciane Despret con­sacre son nou­v­el essai à la mise en réc­it de cinq his­toires qui témoignent de la manière dont les morts font agir les vivants. Le « com­ment racon­ter ? » des vies inter­rompues, des exis­tences pré­cip­itées dans la mort fait par­tie inté­grante d’un dis­posi­tif de pen­sée qui révo­lu­tionne et con­teste les anti­ennes de la notion car­di­nale de tra­vail de deuil dans l’Occident con­tem­po­rain. La pen­sée thérapeu­tique et économique d’un deuil que l’on doit tra­vailler, per­la­bor­er afin de regag­n­er le rivage de la vie, de se détach­er de l’abîme lais­sé par l’absent fait place à une pen­sée des rela­tions entre ceux qui restent et ceux qui sont encore là tout en n’étant plus à nos côtés. La sin­gu­lar­ité des réflex­ions provient ici du pro­to­cole d’expérimentation artis­tique qui relie les cinq his­toires : les inter­venants, les citoyens de cha­cun de ces cinq réc­its de décès ont fait appel au col­lec­tif des Nou­veaux Com­man­di­taires créé par François Hers en 1990, un col­lec­tif qui attribue la créa­tion d’une œuvre plas­tique, musi­cale, lit­téraire, théâ­trale, archi­tec­turale… à un artiste con­tem­po­rain chargé de réalis­er un « mon­u­ment de sen­sa­tions » (Deleuze) per­me­t­tant de ren­dre présents celles et ceux qui ont été fauchés par la Camarde. Con­tin­uer la lec­ture

Revue de presse : les livres de l’année 2021

revue de presse - illustration

Pho­to Pix­abay

Au cours des dernières semaines, les médias ont dressé le bilan de l’année lit­téraire 2021, sou­vent par le biais de listes des ouvrages les plus remar­quables de l’année. Le Car­net et les Instants vous a pro­posé les sélec­tions de ses chroniqueurs et chroniqueuses tout au long du mois de décem­bre. Place à présent aux choix d’autres jour­naux et mag­a­zines — et plus pré­cisé­ment, aux auteurs et autri­ces belges qu’ils men­tion­nent.  Con­tin­uer la lec­ture

Pensée-écriture et invention de mondes. Dialogues aviens

Vin­ciane DESPRET, Fab­ri­quer des mon­des hab­it­a­bles, dia­logue avec Frédérique Dol­phi­jn, Esper­luète, coll. « Orbe », 2021, 144 p., 12 €, ISBN : 9782359841466

dolphijn vinciane despretSep­tième titre de la très belle col­lec­tion « Orbe », Fab­ri­quer des mon­des hab­it­a­bles descend à pas de loup et de colombe dans la forge de l’écriture de la philosophe et étho­logue Vin­ciane Despret, de la mise en réc­it et en pen­sée de ques­tions à l’interface de la philoso­phie et de l’éthologie. Adop­tant le principe heuris­tique de la col­lec­tion — celui d’un piochage dans un mas­sif de mots choi­sis par Frédérique Dol­phi­jn —, le dia­logue emprunte des chemins qui res­sai­sis­sent l’articulation entre espace du livre, traduction/accueil des ani­maux et des morts, propo­si­tion de mon­des. Con­tin­uer la lec­ture

Les prix de l’Académie française

academie francaise

L’A­cadémie française a dévoilé les lau­réats de ses prix 2021. Un copieux pal­marès où l’on retrou­ve aus­si des auteurs belges. Con­tin­uer la lec­ture

Vinciane Despret : récits de rencontres, de transformations entre humains et animaux

Vin­ciane DESPRET, Quand le loup habit­era avec l’agneau, Nou­velle édi­tion aug­men­tée, Empêcheurs de penser en rond, 2020, 325 p., 20 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 978–2‑35925–182‑1

Dans cette nou­velle édi­tion aug­men­tée de Quand le loup habit­era avec l’agneau, Vin­ciane Despret inter­roge les trans­for­ma­tions mutuelles pro­duites par les ren­con­tres entre les pri­mates, les per­ro­quets, les cor­beaux, le monde ani­mal et les étho­logues, les pri­ma­to­logues. Les réc­its portés sur les ani­maux ont changé au cours des dernières années. Alors que des préjugés, des a pri­ori enfer­maient les mou­tons dans l’image d’êtres dociles, mou­ton­niers, on leur a décou­vert une intel­li­gence sociale élaborée. Plaidant pour la con­ti­nu­ité des formes du vivant, des pri­mates aux humains, Dar­win a cher­ché des can­di­dats pri­mates témoignant de notre orig­ine. Un des can­di­dats, com­pat­i­bles avec la théorie de l’évolution et de la sélec­tion naturelle fut le babouin. Enrôlé dans un pro­to­cole devant nous aider à com­pren­dre notre orig­ine, le babouin mâle a peu à peu été perçu comme belliqueux, com­péti­tif, dom­i­nant. Or, des nat­u­ral­istes ont par la suite mon­tré que, loin d’être pris dans des liens de com­péti­tion, les babouins mâles s’intégraient dans une société vertébrée par l’amitié avec les femelles. Con­tin­uer la lec­ture

Les mondes-oiseaux

Vin­ciane DESPRET, Habiter en oiseau, Post­faces de Stéphane Durand et de Bap­tiste Mori­zot, Actes Sud, coll. « Mon­des sauvages. Pour une nou­velle alliance », 2019, 224 p., 20 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 978–2‑330–12673‑5

Com­ment déter­ri­to­ri­alis­er les pra­tiques sci­en­tifiques, sor­tir de l’attention exclu­sive à l’universel pour s’ouvrir aux réc­its des indi­vid­u­al­ités ani­males ? Com­ment ten­ter de penser en oiseau et non sur eux ? Dans Habiter en oiseau, Vin­ciane Despret, auteur d’une œuvre déci­sive qui déclo­ture les savoirs et sec­oue leur anthro­pocen­trisme (Quand le loup habit­era avec l’agneau, Être bête, Penser comme un rat, Au bon­heur des morts….) nous livre un voy­age éthologique au pays des oiseaux. Au nom­bre des réquisits de sa démarche : une explo­ration de modes d’attention nég­ligés par les sci­en­tifiques, un éloge de la lenteur, du « ralen­tir », un déplace­ment des ques­tions que l’on pose aux ani­maux observés. Écouter les chants du mer­le, com­pren­dre les mon­des que les oiseaux con­stru­isent, leurs rap­ports au ter­ri­toire implique de s’attacher à des « his­toires de vie d’oiseaux indi­vidu­els ». Con­tin­uer la lec­ture

Les prix de l’Académie

Les auteurs et autri­ces récom­pen­sés en 2019 © Académie royale

Comme chaque année, l’A­cadémie royale de langue et de lit­téra­ture français­es a remis, ce same­di 9 mars, ses prix lit­téraires. Des récom­pens­es qui cou­vrent des gen­res lit­téraires var­iés et salu­ent la créa­tion lit­téraire belge fran­coph­o­ne dans son ensem­ble.

Con­tin­uer la lec­ture