
C’est malin. Que pensent les animaux qu’on étudie en laboratoire ?
Autrice : Vinciane Despret
Illustrateur : Pierre Kroll
Maison d’édition : Arènes
Année d’édition : 2026
Nombre de pages : 176
Prix : 26 €
Livre numérique : 19,99 €
EAN : 9791037516893
Après Dieu, Darwin, tout et n’importe quoi, Histoires naturelles (Les Arènes, 2024), la philosophe des sciences, l’éthologue Vinciane Despret et le dessinateur-illustrateur Pierre Kroll se retrouvent pour une nouvelle alliance. C’est malin. Que pensent les animaux qu’on étudie en laboratoire ? interroge autant qu’il expose dix-neuf expériences célèbres de laboratoire où les animaux ont servi de cobayes. L’ambition de l’ouvrage répond au geste qui sous-tend l’œuvre de Vinciane Despret : repenser notre relation aux animaux, en finir avec la vision mortifère de l’animal-machine qui a prévalu de Descartes au béhaviorisme de Pavlov, de Skinner. En mettant en scène et en dessin diverses expériences scientifiques (Hans, le cheval qui savait compter, les chiens de Pavlov, les rats de Rosenthal, les tests sur les éléphants du zoo du Bronx, Pam, le chimpanzé rebelle…), les auteurs montrent comment, soumis à des situations artificielles, sommés de répondre aux protocoles expérimentaux qu’on leur impose, les animaux rusent, coopèrent ou se rebellent, interagissent avec les chercheurs. Continuer la lecture








Septième titre de la très belle collection « Orbe », Fabriquer des mondes habitables descend à pas de loup et de colombe dans la forge de l’écriture de la philosophe et éthologue Vinciane Despret, de la mise en récit et en pensée de questions à l’interface de la philosophie et de l’éthologie. Adoptant le principe heuristique de la collection — celui d’un piochage dans un massif de mots choisis par Frédérique Dolphijn —, le dialogue emprunte des chemins qui ressaisissent l’articulation entre espace du livre, traduction/accueil des animaux et des morts, proposition de mondes. 
Dans cette nouvelle édition augmentée de Quand le loup habitera avec l’agneau, Vinciane Despret interroge les transformations mutuelles produites par les rencontres entre les primates, les perroquets, les corbeaux, le monde animal et les éthologues, les primatologues. Les récits portés sur les animaux ont changé au cours des dernières années. Alors que des préjugés, des a priori enfermaient les moutons dans l’image d’êtres dociles, moutonniers, on leur a découvert une intelligence sociale élaborée. Plaidant pour la continuité des formes du vivant, des primates aux humains, Darwin a cherché des candidats primates témoignant de notre origine. Un des candidats, compatibles avec la théorie de l’évolution et de la sélection naturelle fut le babouin. Enrôlé dans un protocole devant nous aider à comprendre notre origine, le babouin mâle a peu à peu été perçu comme belliqueux, compétitif, dominant. Or, des naturalistes ont par la suite montré que, loin d’être pris dans des liens de compétition, les babouins mâles s’intégraient dans une société vertébrée par l’amitié avec les femelles.
Comment déterritorialiser les pratiques scientifiques, sortir de l’attention exclusive à l’universel pour s’ouvrir aux récits des individualités animales ? Comment tenter de penser en oiseau et non sur eux ? Dans Habiter en oiseau, Vinciane Despret, auteur d’une œuvre décisive qui décloture les savoirs et secoue leur anthropocentrisme (Quand le loup habitera avec l’agneau, Être bête, Penser comme un rat, Au bonheur des morts….) nous livre un voyage éthologique au pays des oiseaux. Au nombre des réquisits de sa démarche : une exploration de modes d’attention négligés par les scientifiques, un éloge de la lenteur, du « ralentir », un déplacement des questions que l’on pose aux animaux observés. Écouter les chants du merle, comprendre les mondes que les oiseaux construisent, leurs rapports au territoire implique de s’attacher à des « histoires de vie d’oiseaux individuels ». 