Le prix du récit dessiné 2025 a été attribué à Olivier Deprez pour WREK, publié au Frémok. Continuer la lecture
Archives par étiquette : Olivier Deprez
Où l’auteur nous incite à devenir co-autrice et co-auteur de son livre
Un coup de cœur du Carnet
Olivier DEPREZ, WREK, FRMK, 2024, n.p., 29 €, ISBN : 9782390220497
Scriptum
WREK est un livre hors-norme. Un OLNI. Objet littéraire non identifié comme on disait il y a quelques années. Comment ? Objet “littéraire”, dites-vous ? Alors que le texte est réduit ici à quelques intertitres façon film muet ou à des sous-titres ponctuant ci et là des images tirées de documentaires, actus, interviews, films expés, vieilles peintures et BD, performances, et glanées ci et là dans la poubelle à photos que sont, des fois, les archives sur le net ? Oui. Je persiste et je signe : WREK est un objet littéraire. De haute voltige en plus. Parce qu’un OLNI a beau ne pas respecter les règles du jeu, ne pas proposer à ses lectrices et lecteurs une histoire attendue et plan-plan déroulant ses grands effets de manche et sortant ses géants des Flandres de son chapeau-claque, WREK demeure un livre et se lit comme un livre. Il gagne à se feuilleter une première fois, du moins je trouve, de sa page 1 à sa page 200 et quelque, dans l’ordre voulu par l’auteur, sur le chemin très subjectif proposé pour ne pas se perdre dans le chaos. Parce que l’auteur grave sur bois, recycle et réagence à sa sauce tout ce qui le touche, l’émeut, l’a touché ou ému au hasard de ses recherches sur le web. Une manifestation qui tourne vilain. Un gag de Nancy et Sluggo, la BD naughty girl d’Ernie Bushmiller. Des danses macabres moyenâgeuses. Des performances de Joseph Beuys et d’autres. Des couples posant debout, “face caméra”, comme on posait, jadis, pour l’œil du photographe. Continuer la lecture
Olivier Deprez. Noise gravure et épilepsie du sémiotique
Olivier DEPREZ, Wrek not work, Bibliotheca Wittockiana et FRMK, 2020, 25 €, ISBN : 9782873060047
Paru à l’occasion de l’exposition que la Bibliotheca Wittockiana consacra au projet Wrek mené par Olivier Deprez, coédité par cette dernière et les éditions FRMK, le catalogue Wrek Not Work (en français et en néerlandais) délivre un voyage dans l’œuvre gravée d’un artiste qui place la co-création (avec Adolpho Avril, Jan Baetens…) au centre de ses recherches. Son introduction de la gravure sur bois dans le monde de la bande dessinée a révolutionné le neuvième art. Interrogeant les questions de la narration graphique, du statut de l’image, de la représentation, Olivier Deprez a, depuis sa magistrale adaptation du Château de Kafka (éditions FRMK) exploré le potentiel narratif des images dans un geste qui excède et déconstruit la frontière entre figuratif et abstraction. Les sortilèges de la littérature, la tour de Babel des livres de ce lecteur passionné mais aussi les images glanées sur la toile, dans les journaux, sous-tendent et nourrissent sa démarche. Continuer la lecture
Wrek, not work : la nouvelle exposition de la Bibliotheca Wittockiana

© Constance Proux,Olivier Deprez
La Bibliotheca Wittockiana accueille jusqu’au 19 janvier 2020 une exposition consacrée à Olivier Deprez. Ses commissaires : Géraldine David et Jan Baetens. Continuer la lecture
Olivier Deprez sur les traces du château de Kafka
Un coup de cœur du Carnet
Olivier DEPREZ, Le Château d’après Kafka, FRMK, coll. « Amphigouri », 2018, 224 p., 35 €, ISBN : 9782390220138
Densité des noirs qui emportent des formes troublées, avalanche de striures blanches, personnages taillés dans l’étoffe de fantômes, de revenants… l’univers hypnotique qu’Olivier Deprez met en scène dans sa libre adaptation du Château de Kafka construit un album graphique éblouissant. Unanimement acclamé lors de sa parution aux éditions FRMK en 2003, le livre est réédité dans une magnifique édition (toujours chez FRMK) mettant en valeur la puissance expressionniste des gravures sur bois. Excédant le registre de la bande dessinée, Le Château de Kafka coulé dans l’imaginaire d’Olivier Deprez retrace, sous la forme d’un opus gravé, une histoire d’errance dans un labyrinthe à la fois extérieur et mental. Dans ce roman inachevé, Kafka décrit l’arrivée de K. dans un village, le malentendu qui s’installe entre lui, l’égaré, l’étranger qui prétend être appelé comme géomètre, et les autorités invisibles du Château. Dès les premières planches, la solitude de K., son désir d’être intégré dans le village, de recevoir une légitimation officielle se voient traduites dans un langage graphique tout en ombres et lumières, entre vacillement des repères et angoisse existentielle. Continuer la lecture
