Archives par étiquette : Philippe Sollers

Régression larvaire et délivrance

Un coup de cœur du Car­net

Dominique ROLIN, Dulle Gri­et, Post­face de Maxime Thiry, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2023, 320 p., 9,50 €, ISBN : 9782875685896

rolin dulle grietFig­ure mar­quante de l’imaginaire de Dominique Rolin, liée au pays natal, aux racines belges, au roman famil­ial, le pein­tre Pieter Brueghel l’Ancien s’incarne dans son œuvre, don­nant lieu au réc­it L’enragé (1978) et à Dulle Gri­et (1977). Si L’enragé campe le pein­tre fla­mand sur son lit de mort, le roman Dulle Gri­et prend racine dans la mort du père de l’écrivaine, dans le lever de sou­venirs provo­qué par sa dis­pari­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Rolin et Sollers, attelés au même livre

Dominique ROLIN, Let­tres à Philippe Sollers 1981–2008, éd. établie et présen­tée par Jean-Luc Out­ers et annotée par Frans De Haes, Gal­li­mard, 2020, 432 p., 24 € / ePub : 16.99 €, ISBN : 978–2‑07–289375‑9

rolin lettres a philippe sollers 2Avec ce deux­ième vol­ume des let­tres de Dominique Rolin à Philippe Sollers, cou­vrant cette fois les années 1981 à 2008 – l’écrivaine dis­paraît qua­tre ans plus tard, le 15 mai 2012 – se clô­ture une aven­ture excep­tion­nelle et rare, à la fois amoureuse et lit­téraire, dont il y a peu d’équivalent dans l’histoire des let­tres – et dans la vie, tout sim­ple­ment. Excep­tion­nelle par sa fécon­dité d’écriture, cer­taine­ment, tant les deux écrivains, depuis leur ren­con­tre à l’automne 1958, ont conçu – out­re leur œuvre per­son­nelle, dis­tincte mais par moments exis­tant en miroir –  une prouesse qui défie le temps, les habi­tudes et les con­formismes. Con­tin­uer la lec­ture

Dominique Rolin, « la forêt des mots »

Dominique ROLIN, Plaisirs suivi de Mes­sages secrets, Entre­tiens avec Patri­cia Boy­er de Latour, Gal­li­mard, coll. « L’Infini », 2019, 343 p., 21,50 € / ePub : 15.99 €, ISBN : 978–2‑07–284905‑3

Le doute, la mémoire, l’amour, le dou­ble, Venise, la musique, les Prim­i­tifs fla­mands, les vis­ages, les miroirs, la Bel­gique… autant de portes d’entrée du voy­age qui mena Dominique Rolin et Patri­cia Boy­er de Latour à tiss­er un ensem­ble d’entretiens réu­nis sous le titre Plaisirs. Dès 1999, bien après Les marais, Le lit, La mai­son la forêt, Le corps, Les éclairs, à l’époque où parais­sent des œuvres majeures comme La réno­va­tion, Jour­nal amoureux, débute une série d’échanges placés sous le signe de « la prom­e­nade dans un jardin » (Rolin), le jardin Rolin dont les fleurs s’appellent le doute, la pas­sion, l’enfance, l’écriture comme « investisse­ment total de l’être ». Con­tin­uer la lec­ture

La galaxie Dominique Rolin-Philippe Sollers

Dominique ROLIN, Let­tres à Philippe Sollers 1958–1980, éd. établie, présen­tée et annotée par Jean-Luc Out­ers, Gal­li­mard, 2018, 480 p., 24 € / ePub : 16.99 €, ISBN : 978–2‑07–279542‑8

Dans le sil­lage du pre­mier vol­ume Let­tres à Dominique Rolin 1958–1980 de Philippe Sollers (un vol­ume établi, présen­té et annoté par Frans De Haes, paru chez Gal­li­mard en 2017), sort le pre­mier tome des Let­tres de Dominique Rolin. Fait rare, voire unique dans le champ de la cor­re­spon­dance, les épis­toliers étant tous deux écrivains, les let­tres de l’un et de l’autre sont scindées et non croisées. Le choix édi­to­r­i­al est celui d’un dia­logue qui se fait entre les tomes et non au sein d’un même espace textuel. Œuvre sidérante, tout entière portée par la pas­sion absolue que nouèrent Philippe Sollers et Dominique Rolin jusqu’à la mort de celle-ci en 2012, cette con­stel­la­tion épis­to­laire offre une plongée sou­veraine dans un lien élec­tif, un amour d’exception. Du coup de dés mag­ique d’octobre 1958 (l’aimantation réciproque d’un jeune homme de vingt-deux ans ayant bous­culé le paysage lit­téraire avec Une curieuse soli­tude et d’une écrivaine de quar­ante-cinq ans) à leur com­plic­ité pas­sion­nelle qui tra­versera les décen­nies, leur aven­ture exis­ten­tielle, créa­trice est tout entière placée sous le signe de l’axiome des amants : un pacte indé­fectible entre deux êtres liés par une com­mu­nauté intérieure, de sang et d’encre. Amour de l’aimé/e, de l’écriture, de la magie de Venise, de l’île de Ré, du « Veineux » (l’appartement de Rolin), lab­o­ra­toire de deux œuvres qui se con­stru­isent sur des plans de com­po­si­tion dis­tincts, haute exi­gence dans l’invention des formes, échos des événe­ments his­tori­co-poli­tiques, ouver­ture à la Chine vue comme une ligne de fuite par rap­port à l’enlisement de l’Occident ryth­ment une cor­re­spon­dance unique dans la lit­téra­ture française. À l’invention soller­si­enne de struc­tures textuelles inédites répond chez D. Rolin la quête d’un rythme, d’un souf­fle pro­pre à chaque créa­tion. Con­tin­uer la lec­ture