Archives par étiquette : colonialisme

Généalogie des mensonges paternels

Un coup de cœur du Car­net

Dominique COSTERMANS, Un con­teur hors père, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2025, 136 p., 20 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 978–2‑87489–985‑0

costermans un conteur hors pèreDominique Coster­mans aime agré­menter ses titres de jeux de mots, qu’il s’agisse de ceux de ses recueils de nou­velles comme Petites coupures (2014) ou En love mineur (2017), pub­liés chez Quad­ra­ture ou de ses romans, Out­re-Mère, réédité chez son nou­v­el édi­teur Weyrich (après des débuts chez Luce Wilquin), et le tout dernier Un con­teur hors père. Après avoir déjà abor­dé le mutisme des adultes et les secrets qui les entourent à tra­vers la fig­ure mater­nelle dans son pre­mier roman, Dominique Coster­mans y revient dans celui-ci en abor­dant cette fois le ver­sant pater­nel. Cela donne une enquête intime, comme les aime la jour­nal­iste qu’elle est, et une descente ver­tig­ineuse dans les faux-sem­blants d’un passé famil­ial, tout en se jouant du lecteur quant à la vérac­ité aut­ofic­tion­nelle du réc­it. Con­tin­uer la lec­ture

Nouveau Monde

Un coup de cœur du Car­net

Éric LAMBÉ, David B., Antipodes, Cast­er­man, 2024, 112 p., 22 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 978–2‑203–25772‑6

lambé david B antipodesÉric Lam­bé, récom­pen­sé par le Fauve d’or à Angoulême en 2017 pour l’album Paysage après la bataille réal­isé en col­lab­o­ra­tion avec Philippe de Pier­pont, revient avec Antipodes, une œuvre qui se dis­tingue à nou­veau par son style graphique excep­tion­nel. Ses dessins, d’une appar­ente sim­plic­ité mais d’un détail remar­quable, font altern­er formes et for­mats de cas­es et jouent sur les fonds, créant une atmo­sphère visuelle unique, à la fois orig­i­nale et poé­tique. Les couleurs choisies, avec l’utilisation d’un bleu intense et pro­fond qui rehausse encore cer­taines planch­es par­ti­c­ulière­ment sub­limes (elles sont toutes absol­u­ment mag­nifiques), parachèvent un album qui est une réus­site totale. Con­tin­uer la lec­ture

Les fils de la mémoire

Jean-Pierre GRIEZ, L’héritage assas­sin, Cerisi­er, coll. « Faits et gestes », 2024, 312 p., 24 €, ISBN : 978–2‑87267–249‑3

griez l'héritage assassinAvec ce nou­veau roman, L’héritage assas­sin, Jean-Pierre Griez signe une enquête à pro­pos des ombres, des fal­si­fi­ca­tions et des dif­fi­cultés de mémoire du géno­cide des Tut­sis en 1994 au Rwan­da. L’auteur, qui vit actuelle­ment dans le Hain­aut, a déjà pub­lié plusieurs romans chez le même édi­teur et est aus­si réal­isa­teur d’un film d’an­i­ma­tion en 2020 sur l’His­toire de la République démoc­ra­tique du Con­go Caoutchouc rouge, rouge coltan. Con­tin­uer la lec­ture

Le passeur d’histoire(s)

Un coup de cœur du Car­net

Philippe FIÉVET, Brûlure indi­enne, M.E.O., 2024, 236 p., 23 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑8070–0437‑5

fievet brulure indienneFrank tient une bou­tique dédiée aux États-Unis, le West­ern Shop, boule­vard Adolphe Max à Brux­elles. Au-dessus de son mag­a­sin, dans sa « mai­son des chimères », se cache une impor­tante col­lec­tion d’objets, usten­siles de la vie quo­ti­di­enne, armes, coiffes, vête­ments, œuvres d’art, pho­tos, etc. ayant appartenu aux Sioux et témoignant de leur cul­ture. En quelque sorte la mémoire d’un peu­ple. Frank ne sait dire à quand remonte exacte­ment cette pas­sion pour les Indi­ens – terme que les nat­ifs améri­cains con­sid­èrent comme une injure. Enfant, Frank jouait « aux cow­boys et aux Indi­ens » avec ses copains, sur un ter­rain vague. Plus grand, c’est pour le ciné­ma et les west­erns qu’il s’est pas­sion­né. Un jour, il a acheté une pre­mière antiq­ui­té – une Win­ches­ter 73 – puis, petit à petit, a agran­di sa col­lec­tion et a com­mencé à s’intéresser de plus en plus aux Sioux Lako­tas. Con­tin­uer la lec­ture

Partir pour comprendre et réparer

Leïla ZERHOUNI, Dans les yeux de l’Afrique, M.E.O., 2024, 134 p., 17 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 978–2‑8070–0422‑1

zerhouni dans les yeux de l'afriqueLe réc­it s’ouvre sur la sig­na­ture d’un pre­mier con­trat de tra­vail pour Luce, 25 ans, engagée à Brux­elles pour un poste de tra­duc­trice de modes d’emploi. Elle aurait préféré traduire des romans à la quête du mot juste et dépérit rapi­de­ment dans une entre­prise déshu­man­isée entourée de col­lègues froids et dis­tants, empreints d’une cer­taine méchanceté com­péti­tive. Con­tin­uer la lec­ture

Nos territoires

Alex LORETTE, Un fleuve au galop, Genèse Édi­tion, 2023, 247 p., 22,5 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782382010259

lorette un fleuve au galopTout au long du roman, nous suiv­ons les réc­its de plusieurs per­son­nages. Il y a d’abord Lucie, qui est née au Con­go et n’a jamais été heureuse en Bel­gique. Ensuite, il y a sa fille Félic­ité avec qui elle n’a jamais réus­si à com­mu­ni­quer. On suit égale­ment les his­toires du père André, autre­fois appelé Nkisu, de Mas­si­ga, la nour­rice de Lucie et enfin d’Edmond, l’arrière-grand-père de Lucie, un colonisa­teur san­guinaire.

Lucie aimerait retourn­er au Con­go, cette terre qui l’a vue naître, au bord du fleuve, dans les années 1940. Mal­gré sa couleur blanche, elle s’est tou­jours sen­tie noire à l’intérieur, une Con­go­laise. À présent, il est trop tard. Elle est clouée au lit dans sa mai­son de retraite. Elle pour­rait deman­der à sa fille qui habite en Norvège de l’y accom­pa­g­n­er, mais elle n’a plus de con­tact avec elle. Seuls lui restent les sou­venirs dans lesquels elle plonge à corps per­du, au risque de s’y per­dre. Lucie se sou­vient de Mas­si­ga, cette Con­go­laise qui l’a éduquée comme sa pro­pre fille. De Koko, son grand-père, qui con­sid­érait les Con­go­lais comme des sauvages. De son père, presque tou­jours absent. De ce 28 mai 1958 où, âgée de 17 ans, on l’envoya en Bel­gique pour étudi­er dans un pen­sion­nat de sœurs. Lucie repense aus­si à Nkisu, son ami d’enfance qui allait chez les pères blancs. Elle se sou­vient de leurs par­ties de foot, de leurs baig­nades dans le fleuve, mais aus­si de ce jour d’été de 1957, où ils se sont aimés et où sa vie a bas­culé. Elle évoque sa grossesse cachée. La nais­sance de Félic­ité et le départ vers la Bel­gique, en 1958, sans son enfant, seule et sans d’autres bagages qu’une volon­té tenace de revenir au plus vite au Con­go. Con­tin­uer la lec­ture

Sauvagerie, nature et civilisation impitoyable

Alexan­dre GALAND, Del­phine JACQUOT, Sauvage ?, Seuil jeunesse, 2022,
64 p., 20,90 €, ISBN : 9791023514797  

galand jacquot sauvageEn 2018, Alexan­dre Galand (doc­teur en his­toire, en art et en archéolo­gie) et Del­phine Jacquot (illus­tra­trice) nous avaient envoûtés avec Mon­stres et Mer­veilles (Le Seuil jeunesse), une vis­ite dans les cab­i­nets de curiosités à tra­vers le temps. Avec Sauvage ?, le même duo, pas­sion­né d’étrange et d’extravagance, nous emmène loin dans les ques­tion­nements sur l’autre et nos représen­ta­tions de l’altérité.

Extrême­ment bien doc­u­men­tée, Sauvage ? est une ency­clopédie de 64 pages immenses, com­posée de 4 par­ties, le sauvage des légen­des, des « sauvages » pour l’Occident, la nature sauvage, les sauvages masqués. Un immense album jeunesse, un texte-image pour adultes et enfants nous invi­tant à penser l’autre. On y trou­ve les belles illus­tra­tions (les crédits se trou­vent détail­lés à la fin du livre), les mis­es en scène fab­uleuses de Del­phine Jacquot dont on recon­naît le trait. Con­tin­uer la lec­ture

L’univers carcéral en Nouvelle-Calédonie

Chan­tal DELTENRE, Camp Est. Jour­nal d’une eth­no­logue dans une prison de Kanaky Nou­velle-Calé­donie, Post­face de Marie Salaün, Anar­char­sis, coll. « Les ethno­graphiques », 228 p., 16 €, ISBN : 9791027904440

deltenre camp estEth­no­logue, écrivaine, autrice de La mai­son de l’âme (Edi­tions Mael­ström, 2010), Chan­tal Del­tenre livre dans Camp Est un jour­nal de ter­rain qui évoque la mis­sion d’observation ethno­grahique en milieu car­céral dont elle a été chargée. Étrangère à la cul­ture kanak, au monde calé­donien et extérieure à l’institution péni­ten­ti­aire, elle côtoie durant un mois le « Camp Est » situé sur l’île de Nou, une prison de Nouméa dont elle décrit et analyse le fonc­tion­nement, les cer­cles de vio­lence physique, struc­turelle, sociale, sym­bol­ique, mais aus­si les enjeux et l’impensé. Le réc­it est avant tout celui d’un dépayse­ment, d’un saut dans un monde dou­ble­ment incon­nu (cul­ture kanak, monde mélanésien et espace car­céral), d’une atten­tion à la dimen­sion colo­niale de l’institution péni­ten­ti­aire. Tou­jours placée sous la sou­veraineté de la République française, la Nou­velle-Calé­donie a très tôt été conçue par la France colo­niale comme une terre de bagnes sur laque­lle expédi­er les détenus de droit com­mun ou poli­tiques (qua­tre mille Com­mu­nards, dont Louise Michel, furent trans­férés dans des péni­tenciers calé­doniens). Ce qui frappe Chan­tal Del­tenre, ce sont les sui­cides des jeunes détenus, la com­po­si­tion de la pop­u­la­tion, à majorité kanak (90% de détenus kanak, presque tou­jours issus de quartiers défa­vorisés, de squats), la minorité de pris­on­niers cal­doches, d’origine européenne, la crise iden­ti­taire, psy­chique que l’enfermement induit. Con­tin­uer la lec­ture

Tueurs d’espoirs

André-Joseph DUBOIS, Le sep­tième cer­cle, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2020, 508 p., 20 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 978–2‑874896–10‑1

andré-joseph dubois le septieme cercleAndré-Joseph Dubois est décidé­ment un auteur sin­guli­er. Loin des effets de mode, il pra­tique l’écriture au long cours et il accoste de temps à autre un roman à la main, sans tam­bour ni trompettes. Son nou­v­el opus est dou­ble­ment placé sous le signe du chiffre sept, par son titre et son ordre dans son œuvre pub­liée. Le sep­tième cer­cle fait sans doute référence, sans que l’auteur y fasse explicite­ment allu­sion, à l’Enfer de Dante Alighieri, qui clas­si­fie les âmes damnées en neuf zones cir­cu­laires selon la caté­gorie de péché com­mis. La sep­tième con­cerne plus pré­cisé­ment les actes de vio­lence, une réal­ité qui imprègne sans aucun doute l’existence entière de Léon Bour­doux­he dont ce dernier nous livre le réc­it dans l’ordre chronologique. Con­tin­uer la lec­ture

Anamnèse et Graal intime

Philippe REMY-WILKIN, Ver­tige !, Mael­strOm, coll. “Book­leg Brux­elles se con­te”, 2019, 36 p., 3 €, ISBN : 978–2‑87505–347‑3

Le réc­it Ver­tige ! est bâti à l’image du tableau Ver­tige, l’escalier mag­ique de Spilli­aert, qui fig­ure en cou­ver­ture. Avec brio, entre impos­si­ble anam­nèse et démon de la logique, Philippe Remy-Wilkin campe une fic­tion aus­si entê­tante qu’un breuvage. Sur fond d’un ques­tion­nement sur le règne de Léopold II, sur les couliss­es sanglantes de la coloni­sa­tion du Con­go, une machine infer­nale (au sens de Cocteau) se met en place : à l’occasion d’une mys­térieuse invi­ta­tion à se ren­dre au Musée de Ter­vueren, le nar­ra­teur se retrou­ve embar­qué dans une tec­tonique des plaques touchant l’Histoire et son his­toire famil­iale. Ryth­mée par la voix posthume de la mère, l’architecture du réc­it adopte un mou­ve­ment tout en spi­rale. Com­ment lever la chape de plomb des non-dits qui écrase les siè­cles ? Pourquoi le nar­ra­teur en vient-il à soupçon­ner un « rose­bud » refoulé der­rière sa pas­sion de l’Histoire ? La déam­bu­la­tion, la vis­ite eth­nospa­tiale dans les salles du Musée de Ter­vueren catal­yse une descente spéléologique dans le temps. Quel lien ombil­i­cal avec l’Afrique a‑t-il occulté ? Dans le sil­lage de la mort de la mère, des zones intimes tenues dans l’ombre récla­ment un pas­sage vers la lumière. Con­tin­uer la lec­ture

Indépendance Cha Cha

Inge SCHNEID, Bak­wan­ga, la pierre bril­lante. Une vie de femme au Con­go de 1950 à l’Indépendance, Couleur Livres, coll. « Je », 2019, 206 p., 18€, ISBN : 978–2‑87003–893‑2

En 1950, à peine âgée de vingt ans, Inge Schneid débar­que au Con­go belge pour rejoin­dre son mari, Charles, alors jeune employé de la Forminière, une impor­tante société minière. Après un voy­age en avion éprou­vant et une tra­ver­sée du pays, elle rejoint la région du Kasaï, réputée pour ses mines de dia­mants. Inge fait la con­nais­sance d’un pays encore entière­ment aux mains des Belges et des Européens. La chaleur suf­fo­cante, l’humidité ambiante, les Con­go­lais, les vil­lages isolés, les plaines arides, les dens­es forêts… tout est neuf pour elle. Elle décou­vre la vie de colon, ses avan­tages et ses incon­vénients. Leur quo­ti­di­en sem­ble pais­i­ble à cette époque-là : les familles béné­fi­cient cha­cune de l’aide de plusieurs boys, les femmes passent le plus clair de leur temps au bord de la piscine du Club, on s’amuse le soir autour d’un bon whisky ou lors des sat­ur­day night fever… Charles n’est pas très fes­tif, mais Inge se plait à jouer de l’accordéon dans le petit orchestre du poste. Deux cents âmes européennes vivent à cette époque au poste de Bak­wan­ga. Tous les hommes sont employés à la société minière qui s’étend tou­jours plus, sur des mil­liers d’hectares. Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on plonge avec délice dans trente-six discours royaux

Dis­cours du Roi des Belges le 8 décem­bre 2018, sous la direc­tion de Lau­rent D’URSEL et Eddy Ekete MOMBESA, Mael­ström, 2018, 112 p., 8€, ISBN : 978–2‑87505–328‑2

Fer­mé depuis fin 2013 pour travaux de réno­va­tion, le Musée roy­al d’Afrique cen­trale de Ter­vuren a rou­vert ses portes. C’é­tait le 8 décem­bre 2018. Occa­sion rêvée, pour les édi­tions Mael­ström, de sor­tir un ouvrage col­lec­tif, d’une cen­taine de pages, cor­naqué par l’i­con­o­claste rueur dans les bran­car­ds Lau­rent d’Ursel et l’artiste plas­ti­cien Eddy Ekete Monbe­sa. Et ça flingue de tout bord. Et ça flingue de partout, du Rwan­da, du Con­go et de Bel­gique. Trente-six per­son­nal­ités, artistes, séna­teur MR, his­to­riens de renom, philosophes, fils et filles de colons, édi­teur, experts ès muséo­gra­phie, physi­cien, mythographe, ancien prési­dent du tri­bunal de pre­mière instance, etc., ont accep­té de « faire le nègre ». D’écrire pour le roi, à la place du roi, le dis­cours du roi. Celui que Sa Majesté aurait pu don­ner, à l’in­au­gu­ra­tion, en grandes pom­pes, de ce Musée ancien, érigé il y a plus de cent ans, à la gloire de l’époque colo­niale, à la gloire de notre « mis­sion », civil­isatrice en dia­ble. Con­tin­uer la lec­ture

Lisette Lombé ou la désobéissance civile langagière

Lisette LOMBÉ, Black words, Arbre à paroles, coll. « IF », 2018, 96 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87406–656‑6

Il est des paroles per­for­ma­tives qui, lancées à la face du monde, font reculer les fron­tières du pens­able et du vivre. Black words nous donne à lire, à ressen­tir un corps en marche. Un corps poé­tique branché sur le col­lec­tif, sur le poli­tique. Artiste explo­rant les col­lages comme objets poé­tiques, l’écriture, la per­for­mance slam, Lisette Lom­bé livre un round poé­tique en douze chants ryth­més par des col­lages. La tex­tu­al­ité et les images inter­ro­gent les con­di­tion­nements idéologiques, l’intériorisation des clichés (xéno­phobes, misog­y­nes, nou­velle arma­ture du poli­tique­ment cor­rect…), les sur­vivances du colo­nial­isme, les mou­tures actuelles d’un post­colo­nial­isme relooké, du patri­ar­cat. Les con­vo­quer, les repér­er per­met de les dis­soudre, de saper leurs soubasse­ments incon­scients, leurs ram­i­fi­ca­tions socio-poli­tiques. Con­tin­uer la lec­ture

Je me souviens…

Jean-Marie DUBETZ, Le rire du jeune croc­o­dile. Une enfance au Con­go belge de 1950 à 1960. Réc­it d’une odyssée, Tra­verse, 2018, 185 p., 20 €, ISBN : 978–2‑93078–328‑4

Le réc­it que Jean-Marie Dubetz nous donne à lire est com­posé de frag­ments de son enfance dans l’ancien Con­go belge, depuis ses pre­miers sou­venirs jusqu’à ses dix ans. Il souligne d’entrée de jeu sa volon­té de trans­met­tre son his­toire au sein de sa famille, mais aus­si auprès d’un pub­lic plus large intéressé par son vécu par­ti­c­uli­er et l’empreinte que ce dernier a lais­sée sur lui, à savoir la capac­ité d’émerveillement de l’enfant face à la beauté du monde dans lequel il a gran­di. Con­tin­uer la lec­ture

Un grand souffle sombre et cruel comme la vie, avec quelques éclaircies…

Emmanuelle PIROTTELoup et les hommes , Cherche midi, 2018, 608 p., 20 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 9782749158112

Chère lec­trice, cher lecteur,

Dès aujour­d’hui, vous allez trou­ver dans la vit­rine de votre librairie préférée le nou­veau livre d’Emmanuelle Pirotte.  Autant vous prévenir tout de suite : ne perdez pas de temps pour aller l’acheter ou vous le faire offrir.

On ne peut pas dire qu’Emmanuelle Pirotte ne pra­tique pas l’art de se renou­vel­er !  Après un titre en anglais – Today we live – et un suiv­ant en latin – De Pro­fundisvoici Loup et les hommes. Con­tin­uer la lec­ture

Le roi, ses fous et son jardin

Pierre-Luc PLASMAN, Léopold II, poten­tat con­go­lais. L’action royale face à la vio­lence colo­niale, Racine, 2017, 246 p., 24,95 €, ISBN : 9782390250098

L’étude que pub­lie l’historien Pierre-Luc Plas­man se situe dans le droit fil de ses recherch­es sur la gou­ver­nance des États colo­ni­aux et vient combler une lacune dans l’historiographie de ce « cœur des ténèbres » que fut pen­dant des décen­nies le Con­go belge. En effet, les précé­dents ouvrages sur la ques­tion, même si leur auteur affirme se ranger sous la ban­nière de l’objectivité sci­en­tifique, pre­naient sou­vent un tour polémique, réquisi­toire ou plaidoy­er, quand il s’agit d’évoquer les con­séquences sanglantes de la coloni­sa­tion belge. Con­tin­uer la lec­ture