Archives par étiquette : schizophrénie

Deux plus deux font cinq

Sal­va­tore MINNI, Claus­tra­tions, Nou­velles Plumes, 2017, 224 p., 19 €/ePub : 13.99 €, ISBN : 979–1024501765

minni claustrationsSal­va­tore Min­ni tente avec son pre­mier roman, Claus­tra­tions, d’explorer les labyrinthes tortueux de la schiz­o­phrénie. Le sujet est vaste, et les mod­èles nom­breux. C’est presque dans une tra­di­tion que l’auteur cherche à s’inscrire, ter­ri­fi­ante avec Mau­pas­sant et Steven­son, humoris­tique avec Gogol, renou­velée avec Emond ou Maler­ba, et si féconde dans le ciné­ma qu’on ne compte plus les reje­tons de Psy­chose, excel­lents quand ils sont signés De Pal­ma (L’esprit de Caïn), Finch­er (Fight club) ou Scors­ese (Shut­ter Island), pénibles quand ils se con­tentent de singer les codes du thème, comme lorsque M. Night Shya­malan cherche pathé­tique­ment à renouer avec le suc­cès jamais retrou­vé du Six­ième sens et nous offre un pous­sif Split, ou quand Fenêtre secrète vient nous rap­pel­er que John­ny Depp se perd régulière­ment dans des mau­vais pro­jets et que tout bon roman de Stephen King ne fait pas un bon film. Con­tin­uer la lec­ture

L’espace des esprits fendus

Eugène SAVITZKAYA, Sis­ter, avec des dessins de Bérengère VALLET, pré­face d’Hélène MATHON, L’œil d’or, 2017, 64 p., 11 €, ISBN : 978–2‑913661–81‑3

savitzkaya sister.jpgOn peut abor­der les textes d’Eugène Sav­itzkaya qui com­posent ce petit recueil inti­t­ulé Sis­ter, d’au moins deux manières dis­tinctes, tant l’écriture se tient d’elle-même sur une crête : celle qui sépare ordi­naire­ment le monde des gens dits « nor­maux » de celui qu’on peut appel­er ici les « esprits fendus ». Les « esprits fendus » sont ceux qui vivent, et le plus sou­vent jusqu’à leur fin, dans un « espace du dedans » (pour repren­dre un titre d’Henri Michaux), et cepen­dant plongés, immergés, noyés par­fois, dans le monde des « nor­maux ». L’espace du dedans schiz­o­phrénique est absol­u­ment indi­vid­u­al­isé, rad­i­cale­ment per­son­nal­isé, si on le rap­porte à la norme du vivre en société, alors que tout « esprit fendu » pos­sède en lui-même, jusqu’aux plus douloureuses souf­frances, son corps, ses dou­bles, ses gestes, actes et lan­gages, ses dia­logues et ses pen­sées, ses douceurs et ses haines, ses amours et ses dés­espérances. Con­tin­uer la lec­ture