Salvatore MINNI, Emprises, Presses de la Cité, 2025, 256 p., 21 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782258209084
Prologue : il fait noir, deux hommes roulent dans une fourgonnette noire et, arrivés dans un coin discret le long d’une rivière, ils transportent un corps qu’ils précipitent dans l’eau. Rideau.
Nouvelle scène : un couple réuni sur un canapé dans la douceur du soir. Frédéric et Catherine se connaissent depuis peu, mais c’est le grand amour. Lui se montre pressant, il souhaite un mariage rapide, elle voudrait prendre son temps et ajuster cette nouvelle donne dans sa vie. Elle travaille, son boulot dans un banque lui plait, elle a des collègues de travail et parmi elles, Valérie, la confidente. Avec Frédéric, c’est de l’amour, c’est sûr, mais un voile de doute subsiste dans leur relation, que l’auteur souligne dès les premières pages : Continuer la lecture


Jack Lee a perdu femme et fille dans un accident, toute empathie pour le monde qui l’entoure. Ses semblables lui apparaissent hostiles ou indifférents, sa rage et sa frustration le poussent à rudoyer qui le frôle, l’interpelle. Son état mental se dégrade, ses délires sombrent beaucoup plus radicalement dans les ténèbres : faire payer sa distraction à sa psy, s’offrir une nouvelle vie familiale sans prendre en compte l’avis de l’élue.
Salvatore Minni tente avec son premier roman, Claustrations, d’explorer les labyrinthes tortueux de la schizophrénie. Le sujet est vaste, et les modèles nombreux. C’est presque dans une tradition que l’auteur cherche à s’inscrire, terrifiante avec Maupassant et Stevenson, humoristique avec Gogol, renouvelée avec Emond ou Malerba, et si féconde dans le cinéma qu’on ne compte plus les rejetons de Psychose, excellents quand ils sont signés De Palma (L’esprit de Caïn), Fincher (Fight club) ou Scorsese (Shutter Island), pénibles quand ils se contentent de singer les codes du thème, comme lorsque M. Night Shyamalan cherche pathétiquement à renouer avec le succès jamais retrouvé du Sixième sens et nous offre un poussif Split, ou quand Fenêtre secrète vient nous rappeler que Johnny Depp se perd régulièrement dans des mauvais projets et que tout bon roman de Stephen King ne fait pas un bon film.