Archives par étiquette : Tarek Essaker

Aghar, l’expulsée

Un coup de cœur du Car­net

Tarek ESSAKER, Les Chem­i­nants, Réc­it poé­tique, Trad. en arabe de Ziad Ben Youssef, Pré­face de Vin­cent Lefèvre, Post­face en français et pré­face en arabe de Rafi­ka Bhouri, Arbre à paroles, 2023, 284 p., 18 €, ISBN : 9782874067327

essaker les cheminantsÉblouis­sante médi­ta­tion poé­tique autour de la fig­ure d’Agar/Aghar, ser­vante de Sarah, qui donne à Abra­ham un fils, Ismaël, Les Chem­i­nants mène la poésie dans des régions invo­ca­toires et oniriques où langue, monde, vision, his­toire, reli­gion se ressour­cent. À la femme sac­ri­fiée de la Genèse, à la femme qui don­na nais­sance aux douze tribus et que Sarah con­damna au désert avec l’assentiment d’Abraham et la béné­dic­tion de Dieu, Tarek Essak­er donne une voix plurielle, de sable et de silence brûlant, soutenue par les fig­ures d’Aref, le témoin, de Dieu, des Chem­i­nants, des prophètes, de Yaccoub/Jacob. Con­tin­uer la lec­ture

On la nomme Bleue

Tarek ESSAKER, La Fille de la Riv­ière, Mael­ström reEvo­lu­tion, 2021, 102 p., 8 €, ISBN : 978–2‑87505–404‑3

Essaker la fille de la riviereLa Fille de la Riv­ière de Tarek Essak­er fig­ure désor­mais au cat­a­logue de la jeune col­lec­tion de poche de chez Mael­strÖm reEvo­lu­tion : la col­lec­tion Root­leg, qui promet à ses lecteurs « des racines-embryons de travaux en cours ou textes finis », autrement dit, « des rad­i­caux livres ». Présen­té comme étant un « texte frag­men­taire et frag­men­té », le long poème en prose qu’est La Fille de la Riv­ière dresse le por­trait évanes­cent d’une femme pau­vre et sauvage, sans terre ni âge.  

Cette femme, « on la nomme Bleue », mais aus­si « Fille de la Riv­ière ». Elle fini­ra d’ailleurs par vivre aux abor­ds de la « riv­ière », lieu abstrait et lieu de pas­sage, y mêlant sa vie et son être au point de fusion­ner avec la nature qui l’entoure : Con­tin­uer la lec­ture