Archives par étiquette : Genèse

Iran : le combat des diasporas

Michel CLAISE, Ali AMERIAN, Le par­fum du safran, Genèse édi­tion, 2025, 209 p., 22,50 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑3820104–71

claise amerian le gout du safranExpert pour les médias en matière de crim­i­nal­ité, de cor­rup­tion et de blanchi­ment, l’ancien juge d’instruction brux­el­lois Michel Claise a dévelop­pé par­al­lèle­ment une œuvre romanesque. À tra­vers ses qua­torze romans, il a pu présen­ter ses inves­ti­ga­tions sous un autre jour, celui d’une fic­tion ancrée néan­moins dans la réal­ité. Cette fois, il s’est asso­cié à Ali Amer­ian, réfugié iranien en Bel­gique, devenu avo­cat. Ils évo­quent dans Le par­fum du safran l’assassinat de Mah­sa Ami­ni en sep­tem­bre 2022 et ses réper­cus­sions vues par la dias­po­ra irani­enne en Europe. Con­tin­uer la lec­ture

Aghar, l’expulsée

Un coup de cœur du Car­net

Tarek ESSAKER, Les Chem­i­nants, Réc­it poé­tique, Trad. en arabe de Ziad Ben Youssef, Pré­face de Vin­cent Lefèvre, Post­face en français et pré­face en arabe de Rafi­ka Bhouri, Arbre à paroles, 2023, 284 p., 18 €, ISBN : 9782874067327

essaker les cheminantsÉblouis­sante médi­ta­tion poé­tique autour de la fig­ure d’Agar/Aghar, ser­vante de Sarah, qui donne à Abra­ham un fils, Ismaël, Les Chem­i­nants mène la poésie dans des régions invo­ca­toires et oniriques où langue, monde, vision, his­toire, reli­gion se ressour­cent. À la femme sac­ri­fiée de la Genèse, à la femme qui don­na nais­sance aux douze tribus et que Sarah con­damna au désert avec l’assentiment d’Abraham et la béné­dic­tion de Dieu, Tarek Essak­er donne une voix plurielle, de sable et de silence brûlant, soutenue par les fig­ures d’Aref, le témoin, de Dieu, des Chem­i­nants, des prophètes, de Yaccoub/Jacob. Con­tin­uer la lec­ture

L’histoire d’Abraham vue de Liernu

Joseph DEWEZ, Èvôye, Abrâm. Sor­tir du patri­ar­cat avec le pre­mier patri­arche ?, Tétras Lyre, coll. « De Wal­lonie », 2022, 164 p., 14 €, ISBN : 978–2‑930685–67‑0

dewez evoye abramD’aucuns se sont peut-être éton­nés de trou­ver la sig­na­ture de Joseph Dewez sur ce livre. Fig­ure notoire des let­tres en langue régionale de Bel­gique, actuel prési­dent des Rèlîs Namur­wès et mem­bre tit­u­laire de la Société de Langue et de Lit­téra­ture wal­lonnes, il est surtout con­nu pour met­tre en valeur d’autres écrivains, passés et présents. À ce titre, il a con­tribué à plusieurs numéros de la col­lec­tion « Mémoire wal­lonne », à l’impressionnante mono­gra­phie Les Kriegscayès. La Grande Guerre des Rèlis Namur­wès, pub­lie régulière­ment des hom­mages et des comptes ren­dus et, depuis la ren­trée dernière, prend en charge un cours à l’école de wal­lon de Namur. Con­tin­uer la lec­ture

Langue en mouvement

Lau­rence VIELLE, Zébuth ou l’histoire ceinte suivi de L’Imparfait, Post­face d’Alice Richir, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2022, 240 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–551‑3

vielle zebuth ou l histoire ceinteQuand la lit­téra­ture creuse un espace men­tal, un espace physique et ver­bal au plus près des souf­fles de la vie, cela pro­duit des objets textuels con­stru­its sur une prox­im­ité du verbe et des nerfs, des mots et de la sève. La voix de la poétesse, dra­maturge et comé­di­enne Lau­rence Vielle se tient dans cette inven­tiv­ité créa­trice qui dénude la trame de la langue pour en jouer sen­sorielle­ment. Avec son titre placé sous le signe d’un détourne­ment humoris­tique de l’histoire biblique, Zébuth ou l’histoire ceinte nous mène dans un réc­it des con­fins, de la défai­sance de la nar­ra­tion et de la cohérence exis­ten­tielle. Con­tin­uer la lec­ture

Maille à partir avec Mamie !

Patri­cia HESPEL, La dernière maille, Genèse, 2020, 318 p., 22,5 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9 791094 689639

Une nuit d’avril, un homme est extir­pé d’une voiture par qua­tre indi­vidus, bat­tu, lais­sé pour mort. Mais il est décou­vert, les sec­ours sont appelés. Sauvé ?

Le pro­logue est écrit/narré de manière limpi­de, dynamique. Des tes­sons de sus­pense saupou­drent le décor : la haine des agresseurs, le « bon droit » qui « anesthésie leurs doutes » ; la sur­prise de l’agressé ; la présence d’une instance nar­ra­tive mys­térieuse.

Sauvé ? La pre­mière par­tie, Cather­ine, débute avec le réveil de la vic­time dans une cham­bre d’hôpital. Le nar­ra­teur se demande où il est, qui il est, ce qui lui est arrivé. Rebap­tisé Néo (!) par le per­son­nel hos­pi­tal­ier, il apprend qu’on a fail­li le débranch­er, per­son­ne ne l’a réclamé, il sem­ble sur­gi du néant. Désem­paré, il se rac­croche à une doc­toresse, Cather­ine Milan, dont les soins, l’attention (et l’attente ?) dépassent la norme. Con­tin­uer la lec­ture

La danse mène le monde ou une autre histoire de la Genèse

Un coup de cœur du Car­net

Antoine et Lau­rent DEMOULIN, Homo Saltans, Tétras Lyre, 2019, 24 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930685–38‑0

La danse mène le monde, une danse folle, insou­ciante, entêtée, une danse de vic­toire et de jouis­sance. Les hommes sont les écraseurs métronomiques du sol et c’est ain­si qu’ils ont imposé leur loi au monde. Tel est le principe de la Genèse selon Antoine et Lau­rent Demoulin.

Les let­tres sur la cou­ver­ture du livre sont trans­for­mées en totems où se mêlent le buste de Nefer­ti­ti, des stat­ues de déess­es de l’Afrique à l’Asie, des lam­pes, des tur­bines – idol­es mod­ernes. Le tout forme un H et un S au long duquel, petites sil­hou­ettes noires, les hommes mon­tent, obstinés. HS – Homo saltans –, ces let­tres éri­gent le saut en principe vital­iste qui guide l’évolution des sociétés humaines. Elles lais­sent peut-être enten­dre le terme de cette gigue fréné­tique – HS, Hors ser­vice. Con­tin­uer la lec­ture

« C’est le premier matin du monde… »

Charles VAN LERBERGHE, La Chan­son d’Ève, préf. et bib­lio. de Marie Dossin, Palimpses­te, 2017, 140 p., 14€, ISBN : 978–2‑915892–21‑5

van lerbergheDif­fi­cile de revenir en quelques lignes seule­ment sur cette œuvre maîtresse de la lit­téra­ture sym­bol­iste. D’emblée, évac­uons rapi­de­ment la ques­tion de la mise en page du livre et la fac­ture plutôt grossière de cette réédi­tion où ni la typogra­phie, ni le choix du papi­er ni même la brochure ne résis­teront très longtemps aux rav­ages du temps. Sans doute ce petit bijou de la poésie belge aurait-il mérité plus bel écrin. Soit ! Heureuse­ment, le texte demeure lui bien présent depuis sa pre­mière pub­li­ca­tion au Mer­cure de France en 1904. Con­tin­uer la lec­ture