Archives par étiquette : traduction

Borderlines Euregion Stories : 1 territoire, 3 langues, 9 artistes

L’Eurégion Meuse-Rhin a créé une plateforme web, Borderlines, dédiée à la création poétique et littéraire. Elle présente les oeuvres de neuf auteurs et autrices – francophones, néerlandophones et germanophones ; belges, néerlandais et allemands.  Continuer la lecture

Bibliographie des traductions : 2019-2020

bibliographie  traduction

La 6e journée de la traduction aura lieu le 25 février à la Foire du livre de Bruxelles. En prélude à cette journée, Le Carnet et les Instants s’associe avec l’asbl TraduQtiv pour inaugurer une nouvelle rubrique.

À l’image de notre bibliographie mensuelle de livres d’auteurs et autrices belges francophones, nous vous présenterons un répertoire de livres traduits en français par des traducteurs et traductrices belges ou résidant en Belgique. La première liste publiée aujourd’hui reprend, de manière non exhaustive, des livres publiés en 2019 et 2020. Et sera suivie d’autres …

TraduQtiv est une asbl autour de la traduction littéraire, fondée en 2016 et subventionnée par la Fédération Wallonie Bruxelles depuis 2018.

Une liste établie par Anne Casterman Continuer la lecture

« Sur le petit vapeur, quelque part, au Norrland peut-être… »

Un coup de cœur du Carnet

Piet LINCKEN, Edith SÖDERGRAN (1892-1923), Å itinéraire suédois, Atelier de l’agneau, 2020, 104 p., 17 €, ISBN : 9782374280424

lincken A itinéraire suédoisDepuis longtemps je prévoyais un voyage vers la Scandinavie. L’heure n’étant pas aux déplacements, j’ai dû réfréner mon élan vers le Nord, mettre cette destination au frais dans l’attente de jours meilleurs. Mais c’était sans compter le dernier livre de Piet Lincken ravivant le désir, Å itinéraire suédois édité dans la collection bilingue de l’Atelier de l’agneau. Artiste polymorphe (musicien, photographe, poète, compositeur) et traducteur du suédois, l’auteur nous embarque vers les confins de la Suède et de la Finlande où il vit régulièrement. Version augmentée d’un texte paru précédemment, le livre procède par à-coups, tels les soubresauts du moteur de la voiture qui pousse Lincken sur l’autoroute E6 vers Göteborg et plus loin encore vers le Nord. Continuer la lecture

Les projets soutenus par les bourses de traduction Passa Porta

illustration traduction

Photo Pixabay

Cet été, la maison internationale des littératures Passa Porta a lancé un appel à candidatures à destination des traducteurs littéraires. En jeu : 20 bourses de traduction, avec une priorité pour les traductions d’oeuvres belges francophones. Les projets soutenus sont désormais connus.  Continuer la lecture

French Voices Award : l’ambassade française aux USA dévoile ses lauréats

Laurent De Sutter

Par Laurent de Sutter — Travail personnel, CC BY-SA 4.0

L’ambassade française aux États-Unis a communiqué les six titres sélectionnés pour la première session 2020 du French Voices Award.  Continuer la lecture

Les mots pour le traduire

Katrien LIEVOIS et Catherine GRAVET (éditrices invitées), Parallèles, Revue de la faculté de traduction et d’interprétation de l’université de Genève, n° 32/1 : La littérature belge francophone en traduction, avril 2020, 210 p., URL : https://www.paralleles.unige.ch/fr/tous-les-numeros/numero-32-1/

Katrien LIEVOIS et Catherine GRAVET (éditrices invitées), Parallèles, Revue de la faculté de traduction et d’interprétation de l’université de Genève, n° 32/1 : La littérature belge francophone en traduction, avril 2020Soulever la question de la traduction d’œuvres littéraires estampillées « belges », du fait du lieu de naissance de leur auteur, ne va pas de soi. Comme Katrien Lievois et Catherine Gravet prennent à cœur de le rappeler dans leur introduction parfaitement documentée : l’appartenance nationale des écrivains belges a eu tôt fait de céder le pas à leur appartenance linguistique. Davantage que les Français de province ou d’autres auteurs périphériques par rapport à une culture dominante (pensons par exemple aux Autrichiens), les Belges « habitent une langue » – en l’occurrence, pour ceux traités dans ce volume, le français. Continuer la lecture

Verheggen enfin chez Vondel !

Jean-Pierre VERHEGGEN, Pubères, Putains / Pubers, Pietenpakkers, traduction Christoph BRUNEEL, Âne qui butine, 2019, 2013 p., 22€, ISBN : 978-2-919712-23-6

Il n’est pas dans les habitudes du Carnet de recenser les traductions d’œuvres littéraires belges francophones vers d’autres langues. Une exception pourtant aujourd’hui tant l’entreprise qui voit le jour constitue une première, un défi relevé et entamé il y a trois ans par Christoph Bruneel, relieur de formation et animateur avec Anne Letoré des éditions L’Âne qui butine. Le pari ? Traduire intégralement en néerlandais un recueil de Jean-Pierre Verheggen, en l’occurrence Pubères, Putains, sans doute l’un des textes les plus connus, les plus aboutis du poète. Un pari assez fou en effet d’autant que Verheggen se plaît à rappeler avec humour que même en français il n’a jamais été adapté, empruntant en cela à Jules Renard sa formule ironique à l’encontre de l’auteur d’Un coup de dés jamais n’abolira le hasard, « Mallarmé, intraduisible même en français ! » Continuer la lecture

Migrer à travers les langues

Un coup de cœur du Carnet

Diane MEUR, Entre les rives. Traduire, écrire dans le pluriel des langues, Contre allée, 2019, 183 p., 18 €, ISBN : 978-2-376650-546

Quand des collègues lui ont proposé de prendre place dans une collection de « Paroles de traducteurs », Diane Meur a accepté avec enthousiasme, tout en précisant qu’elle ne pourrait en dissocier ses « paroles de romancière ». Et c’est ce qui fait l’intérêt de ce livre qui vaut tant par la finesse des considérations sur la traduction que par la réflexion sur l’influence réciproque de ses deux passions : la migration d’une langue à l’autre et l’écriture personnelle. Il ne s’agit pas à proprement parler d’un essai. Le livre est fait de textes s’étendant sur plus de quinze ans, montrant une réelle continuité. On y sent la progression et l’approfondissement de la réflexion sur ces deux sujets. Continuer la lecture

Plusieurs cordes à leur arc (ter) : six écrivains traducteurs

La résidence de traduction du château de Seneffe

À l’heure où de nombreux traducteurs venus de toute l’Europe sont réunis pour un mois de résidence estivale à Seneffe, l’occasion est belle de nous arrêter un instant sur ces professionnels incontournables de la chaine du livre : les traducteurs. D’eux, on attend à la fois la fidélité au texte source et la créativité littéraire susceptible de rendre dans la langue cible tous les agréments du texte initial. D’où un travail toujours sur le fil du rasoir, dans le souci de faire mentir l’adage Traduttore, traditore, sans entrer pour autant dans une traduction servile et plate.


Lire aussi : Le traducteur est un auteur aussi par Edith Soonckindt


Le traducteur, co-auteur du texte? On ne s’étonnera pas que plusieurs d’entre eux soient aussi des écrivains. Voici d’ailleurs une sélection de six écrivains belges oeuvrant également comme traducteurs. Continuer la lecture

Résidence de traduction à Seneffe : appel à candidatures

Le collège de Seneffe – Photo Françoise Wuilmart

Le Collège européen des traducteurs littéraires de Seneffe ouvrira de nouveau ses portes pour des résidences de traduction et d’écriture, du 1er au 31 août 2019. Les candidatures sont attendues pour le 30 avril 2019. Continuer la lecture

Écriture végétale et poésie mémorielle

Daniel DE BRUYCKER, Passeports pour ailleurs. Poésie mémorielle Wu-sun, L’arbre à paroles, 2018, 294 p., 18 €, ISBN : 978-2-87406-672-6

Dans la galaxie actuelle des livres, au plus loin de la littérature conçue comme une start-up, à des années-lumière des écrivains comme fondés de pouvoir du capital, il est des ouvrages qui rendent à la lettre ses puissances chamaniques, son souffle sauvage, son pari pour un art des confins. Poète, romancier (Silex et L’orée), traducteur, musicien, grand voyageur des espaces géographiques et des espaces intérieurs, Daniel De Bruycker nous fait don avec Passeports pour ailleurs de la redécouverte d’une Atlantide poétique, d’un art funéraire où le poème rédigé par le mourant tient lieu de sépulture. Au fil d’une anthologie de textes s’échelonnant du VIIIème au XXIème siècle, héritier des travaux du linguiste Ilan Precjev Ilan (1927-2015) qui l’a initié à la langue tokharienne (proche du celte) et à l’écriture des Wu-sun, Daniel De Bruycker délivre les traductions de 99 poèmes écrits par des représentants de ce peuple de Haute-Asie, jadis des tribus nomades d’origine aryenne, « roux aux yeux bleus ». Continuer la lecture

Résidence au Collège européen des traducteurs de Seneffe : appel à candidatures

résidence seneffe

Le collège de Seneffe – Photo Françoise Wuilmart

La Fédération Wallonie-Bruxelles a reçu un projet de reprise des résidences de traduction à Seneffe pour 2018. Ces résidences se dérouleront du 1er août au 31 août 2018. Les traducteurs du monde entier disposeront du temps et du cadre nécessaires à la création dans un environnement idéal : les dépendances rénovées du Château de Seneffe (à 30 minutes de Bruxelles).

La durée des séjours sera comprise entre deux semaines (minimum) et un mois (maximum). Continuer la lecture

En un soigneux désordre

Un coup de cœur du Carnet

Belgium Bordelio 2, Arbre à paroles et PoëzieCentrum, 2017, 560 p., 24.50 €, ISBN : 978-2-87406-648-1

belgium bordelio.jpgLe 8 juin 2015, Francine Ghysen rendait compte, dans Le Carnet et les Instants, de l’anthologie bilingue Belgium Bordelio récemment co-éditée par le PoëzieCentrum et L’arbre à paroles ; les maitres d’œuvre Antoine Wauters et Jan H. Mysjkin y présentaient en 454 pages trente poètes contemporains – la plupart étaient nés après 1955 –, dont 15 flamands et 15 francophones. Voici que, le 25 mars dernier, vient de paraitre un deuxième volume basé sur les mêmes principes, mais comptant cent pages de plus et mettant à l’honneur vingt-deux autres poètes. L’artisan principal reste J.H. Mysjkin, qui a effectué le choix des textes, leur traduction et la présentation des auteurs, épaulé par Pierre Gallissaires pour les onze flamands, David Giannoni et A. Wauters pour les onze francophones. Les textes originaux figurent systématiquement sur la page de gauche et leur traduction sur la page de droite, ce qui permet au lecteur pointilleux d’effectuer des comparaisons intéressantes, par exemple quand « hun stippen » devient « leur tiqueture », ou « inter minable » (sic) « einde en loos ». Continuer la lecture

Festival Vo-Vf : la Belgique à l’honneur

Le festival Vo-Vf , Le monde en livres se déroulera du 30 septembre au 2 octobre 2016 au château du Val Fleury à Gif-sur-Yvette (Île-de-France). Cette manifestation unique en son genre donne la parole aux traducteurs. La littérature belge (francophone et néerlandophone) est l’invitée spéciale du festival avec la présence de Jean-Philippe Toussaint et ses traducteurs, suivie d’une lecture-performance de Diane Meur qui présentera deux de ses traductions et Tom Lanoye, enfant terrible de la littérature flamande, en duo avec son traducteur en français, le Belge Alain Van Crugten. Continuer la lecture

Prix de la traduction littéraire

_MG_1747JNOWAK - CopieLe Prix de la traduction littéraire de la Fédération Wallonie-Bruxelles 2016 a été attribué à Jan Nowak (Pologne) pour son œuvre de traduction en polonais de dramaturges belges de langue française, parmi lesquels Paul Emond, Laurent Van Wetter et Veronika Mabardi. Il succède à Anne Neuschäfer (Allemagne), primée en 2015. Continuer la lecture

Le rayonnement d’un poète, Européen avant la lettre

Catalogue illustré de l’exposition Verhaeren.Un poète pour l’Europe, 80 p.
Émile VERHAEREN, Les villages illusoires, 2016, Espace Nord, 224 p., 9 €
Émile VERHAEREN, Les Villages illusoiresDorpen van zinsbedrog, traduit par Stefaan Van den Bremt, gravures d’Henri Ramah, 2016, Louvain, éd. P, 80 p.
Émile Verhaeren Veerman, poèmes choisis et traduits par Koen Stassijns, 2016, Lannoo, Tielt, 364 p.

verhaeren europePoète majeur, dramaturge original, critique d’art intuitif et pénétrant, Émile Verhaeren est l’une des grandes figures de notre histoire, de notre culture. L’une des plus chères, qui a marqué notre sensibilité de son souffle, son lyrisme, sa force, sa ferveur.

Chacun de nous garde en mémoire tels vers, telles proses aux accents personnels ; évoque son souvenir en se promenant dans les doux paysages des rives de l’Escaut qu’il a tant chantés.

Mais ce qu’on ne soupçonne pas toujours, c’est le rayonnement de son œuvre et de sa personnalité, célèbres dès la fin des années 1890, et avec plus d’éclat encore entre 1900 et 1910, dans l’Europe entière et jusqu’en Russie. Sa foi dans le vieux continent, son aspiration à une Europe unie, exemplaire (« L’Europe est une forge où se frappe l’idée »). Continuer la lecture