Archives par étiquette : portrait

Marre de la vie morose ? Lisez Christophe Poot (ou inventez la grâce)

Christophe POOT, FOVÉA, 5e couche, 2026, 220 p., 26 €, ISBN : 9782390081265

poot fovéaDans FOVÉA, Christophe Poot écrit, peint, des­sine, trace pour dire la grâce. Ne pas se mor­fon­dre, ne pas végéter dans ce qu’énigmatiquement Christophe Poot nomme la grande blessure et qu’en tant que lec­trice et lecteur, on devine liée au fait d’être là, les deux pieds sur terre, la vie dans le noir, dans le bour­bier où, des fois, on se traine. Sans autre point de repère que notre corps et son incroy­able capac­ité à capter. À s’élever, obstiné­ment, sans dieux, sans “voix de son maitre”, dans des instants de grâce, à dix mille lieues au-dessus de sa con­di­tion. Juste pour ça : se sen­tir en vie, énig­ma­tique­ment en vie. Tra­vail à faire et à refaire mille fois par jour. Tra­vail que fait et refait Poot mille fois par jour. Tra­vail de résis­tance que Poot effectue, obstiné­ment, mille fois par jour, dans des dessins urgents et de courts textes, énig­ma­tiques eux aus­si, que ses lecteurs et lec­tri­ces devi­nent rapi­de­ment tracés, comme impro­visés à la sauvage. Ces textes et ces dessins, Poot nous en livre tous les jours sur Face­book, comme si, au-delà de les trac­er, il impor­tait de les partager, dans l’urgence et la rapid­ité, en vue de je ne sais pas quoi. Nous inspir­er peut-être. Nous ren­voy­er à nos pro­pres instants de grâce. Ou quelque chose du genre. Con­tin­uer la lec­ture

Les rêves pour écrire les chemins à (ne pas) suivre

Patrick LOWIE, Le totem d’Imyriacht, 252 por­traits oniriques (2016–2023), Mael­ström reEvo­lu­tion, 2023, 524 p., 22 €, ISBN : 9782875054630

lowie le totem d'imyriachtPatrick Lowie est un drôle d’écrivain (comme on dit un drôle d’oiseau). Il imag­ine des pro­jets lit­téraires pour l’emmener où seul Marceau Ivréa sait, Marceau Ivréa, cet écrivain énig­ma­tique qui lui a con­fir­mé l’existence rêvée de Mapuetos, « la ville qui n’existe pas dans un monde qui n’existe pas ». Des voy­ages oniriques pour se per­dre, se re-trou­ver au-delà du monde réel, cas­tra­teur d’imaginaire et de poésie. Il rêve et conçoit ces aven­tures au long cours pour génér­er une écri­t­ure hors-piste, poé­tique, automa­tique, par­fois ésotérique, tou­jours explo­ratrice d’inconscient. Mais pour que ces incur­sions en ter­res et mers incon­nues puis­sent con­tin­uer leur excur­sion, ne pas s’épuiser, il a besoin, nous sem­ble-t-il, de trois choses : un point d’attache, des balis­es, des gens pour lui emboîter le pas, pren­dre les devants et la tan­gente. Con­tin­uer la lec­ture

Portraits de l’écrivaine en personnages

Mar­i­anne ROSENSTIEHL, Phénomène. Por­traits d’Amélie Nothomb, Gründ, 2021, 188 p., 24,95 €, ISBN : 978–2‑324–02962‑2

rosenstiehl phenomene portraits d amelie nothombParu aux édi­tions Gründ sous le titre Phénomène, un beau-livre présente le tra­vail de Mar­i­anne Rosen­stiehl sur Amélie Nothomb. Qua­tre-vingts por­traits pho­tographiques sont ain­si rassem­blés, assor­tis d’interviews accordées par l’écrivaine à l’émission À voix nue de France Cul­ture.

Actes de col­lo­ques, livres d’entretiens, mono­gra­phies, abécé­daire, par­o­dies… les livres sur Amélie Nothomb sont désor­mais presque aus­si nom­breux que ceux écrits par la pour­tant pro­lifique roman­cière. Phénomène explore un pan impor­tant de la présence publique et médi­a­tique, voire de l’œuvre, de l’écrivaine : les pho­tos. Depuis 2003 et Antéchrista, la cou­ver­ture de cha­cun de ses romans est en effet invari­able­ment ornée d’un por­trait en pleine page, tan­dis que ses inter­views dans la presse sont tou­jours agré­men­tées d’images artis­tique­ment mis­es en scène. Au fil des années, Amélie Nothomb a col­laboré avec de grands noms de la pho­togra­phie. On pense par exem­ple à Jean-Bap­tiste Mondi­no, Sarah Moon ou encore Pierre et Gilles. Et, donc, Mar­i­anne Rosen­stiehl. Con­tin­uer la lec­ture

« Le Baron, vraiment, ne plaisantait pas avec les plaisanteries »

Un coup de cœur du Car­net

Bernard QUIRINY, Por­trait du baron d’Handrax, Rivages, 2022, 176 p., 17 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 9782743654993
Archibald d’HANDRAX, Car­nets secrets, Rivages poche, 2022, 176 p., 7 € / ePub : 6,99 €, ISBN : 9782743655051

quiriny portrait du baron d handraxQuand on ouvre un livre de Quiriny, on entre, à la suite de ses per­son­nages, dans un monde à part. Par­fois, ce monde clos est joyeuse­ment cauchemardesque ; par­fois c’est un délice hors du temps.

Bernard Quiriny entame son Por­trait du baron d’Handrax dans le ton de son Mon­sieur Spleen. Il a à cœur de nous par­ler d’un cer­tain « Hen­ri Mouquin d’Handrax (1896 – 1960) : pein­tre mineur, oublié de nos jours », c’est-à-dire dis­cret, loin des feux de la rampe, tout à fait étranger à la vul­gar­ité de la mode. Ce pein­tre, Bernard, le nar­ra­teur, s’en « entiche par hasard », va dis­traite­ment vis­iter le petit vil­lage de l’Allier dont il est orig­i­naire, décou­vre un musée, apprend qu’on y cherche un sec­ond gar­di­en. « Ain­si com­mença ma nou­velle vie », nous con­fie-t-il avec détache­ment. Il ren­con­tre assez vite le per­son­nage haut en couleur du lieu : le Baron Archibald d’Handrax, petit-neveu du pein­tre, qui devien­dra son ami et le sujet du livre. Con­tin­uer la lec­ture

Rêvez Mapuetos !

Patrick LOWIE, Next (F9), 66 autres por­traits oniriques, Les Chroniques de Mapuetos n°6, P.A.T., 2020,174 p., 18 €, ISBN : 978–2‑930959–09‑2

lowie next f9 66 autres portraits oniriques pATPour l’écrivain et édi­teur Patrick Lowie, quelque chose a bas­culé dans la nuit du 10 au 11 sep­tem­bre 2012. Cette nuit-là, il rêva pour la pre­mière fois de Mapuetos. Depuis, la ville qui existe de ne pas exis­ter a envahi la carte de ses pen­sées, l’atlas de ses rêves et la géo­gra­phie de son œuvre. Elle y a créé un relief dont les repères ne cessent de s’effacer, de dis­paraître, de se recom­pos­er. Elle méta­mor­phose en fic­tion onirique tout ce qu’elle (ne) ren­con­tre (pas). Qu’il s’agisse des textes que Patrick Lowie crée à par­tir des écrits abon­dants – plus de six mille pages – et poly­mor­phes de Marceau Ivréa, cet écrivain (qui serait) mort dans une prison brux­el­loise et dont il s’est (se serait) procuré les archives, ou des por­traits qu’il a com­mencé à rédi­ger en 2016 pour le mag­a­zine inter­net Le Mague et qu’il pour­suit aujourd’hui sur le site Next (F9). Con­tin­uer la lec­ture

Jacques De Decker (1945–2020)

…Ou com­ment une per­son­nal­ité éclec­tique et puis­sante, fig­ure tutélaire des Let­tres belges fran­coph­o­nes, a voilé un grand auteur, human­iste et engagé, mod­erne et inven­tif, fidèle en ses tré­fonds et au-delà des apparences à son Thyl Ulen­spiegel fon­da­teur. 

Jacques de Deck­er

Jacques De Decker, JDD

Durant des décen­nies, il a épaté par son écri­t­ure ou son élo­cu­tion, sa cul­ture et ses analy­ses, comme cri­tique, mod­éra­teur, pré­faci­er, con­férenci­er… À l’apercevoir de loin, Secré­taire per­pétuel de l’Académie royale (de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique) ou frère d’un poli­tique émi­nent, on pou­vait lui attribuer un smok­ing de stat­ue du Com­man­deur. Il suff­i­sait d’amenuiser la dis­tance, d’oser se rap­procher pour ren­vers­er la per­cep­tion, ren­con­tr­er un homme pas­sion­nant et attachant, espiè­gle et généreux. Con­tin­uer la lec­ture

Patrick Lowie. L’onirisme comme un des Beaux-Arts

Patrick LOWIE, Next (F9), 111 por­traits oniriques, Les Chroniques de Mapuetos n°4, Ed. P.A.T., 2017, 186 p., 18 €, ISBN : 978–2‑930959–03‑0

lowie_nextPlaçant l’écriture à hau­teur du rêve, élisant le roy­aume onirique en voie royale des mon­des alter­nat­ifs, Patrick Lowie use du verbe comme d’un chaman. Dans la lignée du sur­réal­isme, sa pra­tique hal­lu­cinée et méthodique des rêves pro­duit cent onze por­traits oniriques tracés à par­tir d’un songe que lui con­fient les per­son­nes con­nues ou non qu’il sol­licite. Patrick Lowie bâtit une œuvre aux con­fins des univers qui bifurquent de Borges et d’une expéri­ence des ver­tiges, des dédou­ble­ments. Les polar­ités du réel et de la fic­tion, des états con­scients et des brumes d’Hypnos per­dent leur con­tour, sont sujettes à des ren­verse­ments au terme desquels le fic­tif s’avère por­teur d’un sur-réel tan­dis que la réal­ité se dis­sipe en brumes. Au tra­vers des évo­ca­tions de David Gian­noni, Dolorès Oscari, Chris­to Dat­so, Isabelle Wéry et de cent sept autres, l’auteur nous délivre des clés d’intelligibilité, décou­vre des portes secrètes qui, par l’aiguillon d’un imag­i­naire en roue libre, approchent des zones insoupçon­nées que recèle chaque être. Grand sor­ci­er en quête de cor­re­spon­dances, voy­ageant dans le passé et les réal­ités par­al­lèles, Patrick Lowie con­voque morts et vivants sur une même scène où les lois com­munes n’ont plus cours. Con­tin­uer la lec­ture

Verhaeren portraituré

Ver­haeren – Bernier. Portret­ten – Por­traits, textes de Gil Amand, Els De Smedt et Rik Hem­mer­i­jckx, Emile Ver­haeren­mu­se­um Sint-Amands et Com­mune de Hon­nelles, 2016, 80 p.

verhaeren-bernierPoète inter­na­tionale­ment renom­mé, Émile Ver­haeren était aus­si grand con­nais­seur en matière de pein­ture. En témoignèrent notam­ment l’ex­po­si­tion « Ver­haeren cri­tique d’art » au Musée d’Or­say (Paris) en 1997, puis au Musée Char­li­er (Brux­elles). Ou, plus récem­ment, « Émile Ver­haeren (1855–1916), Poète et Passeur d’Art », au Musée des Ave­lines de Saint-Cloud. Or, cette pas­sion de l’écrivain lui a valu un juste retour : plusieurs artistes ont fait des por­traits de lui, cer­tains étant con­sid­érés comme des chefs-d’œu­vre. Con­tin­uer la lec­ture

Emile Verhaeren — Charles Bernier : portraits

verhaeren bernierCharles Bernier (Angre, 1871 – Angre, 1950) a voué sa vie à l’art de la gravure. Ses gravures en couleurs sont par­ti­c­ulière­ment remar­quables. Copi­ant d’abord les grands maîtres, il com­mence, dès 1899, à graver des paysages et des scènes pas­torales. Son ami Emile Ver­haeren devient son mod­èle préféré. Il a por­traituré le poète à plusieurs occa­sions et quelques por­traits sont devenus de vrais clas­siques. Le Musée Ver­haeren leur con­sacre sa nou­velle expo­si­tionCon­tin­uer la lec­ture

Au coeur de la création

Anne RICHTER, Étranges et fam­i­liers – 38 por­traits d’écrivains de Simenon à Éric-Emmanuel Schmitt, Water­loo, Avant-Pro­pos, 2015, 256 p., 19,95 €

richer_cottonSous un titre dont le para­doxe incline déjà à de hautes  curiosités, Anne Richter pro­pose, dans Étranges et fam­i­liers, les por­traits de trente-huit écrivains – dont une ving­taine de Belges – qui ont sus­cité chez elle un intérêt par­ti­c­uli­er. Con­tin­uer la lec­ture