Archives par étiquette : Esperluète éditions

Le doux bercement des courbes

Céline DELABRE, Sur la route, Noville-sur-Mehaigne, Esper­luète, 2016, 24p, 18€

delabreSur la route évoque à la pre­mière per­son­ne du pluriel le tra­jet en voiture d’une famille qui part en vacances. Des mem­bres de cette famille, nous ne savons rien et nous ignorons à quoi ils ressem­blent. L’accent est mis sur la voiture rouge qui sil­lonne les dif­férents paysages. Con­tin­uer la lec­ture →

Pêche intime en eaux troubles

Un coup de coeur du Carnet

Frédérique DOLPHIJN, Là où l’eau touche l’âme, Esper­luète Edi­tions, 136 p., 18 €

dolphijnLucie, Vio­lette, Olivia et les autres. Un groupe de femmes que l’on souhait­erait assuré­ment ren­con­tr­er et pas seule­ment parce qu’elles se réu­nis­sent pour des par­ties de pêche à la mouche. D’emblée une amorce inat­ten­due pour ce roman plein d’originalités que de nous présen­ter un cer­cle féminin de « pêcheuses » à la ligne surnom­mée les Women Fly Fish­ing. Pour échap­per, l’espace d’un week-end, au quo­ti­di­en enser­ré entre la famille et le boulot, ces amies ont pris l’habitude de se rassem­bler dans un chalet au bord de l’eau pour s’adonner à leur hob­by. Nous les retrou­vons à ce moment-là, en fin de semaine, en plein pré­paratif de leur Fish­ing Par­ty. Avec intel­li­gence, Frédérique Dol­phi­jn campe le décor et des­sine les con­tours de ces femmes mod­ernes de la cinquan­taine, fraîch­es comme des gar­dons. Mais leur bonne san­té est-elle vrai­ment l’indice d’une pleine sérénité ?  Entre les asti­cots qu’il ne faut pas oubli­er, les repas du mari dans le fri­go, l’amant qui se dérobe et les cro­quettes du chien qu’il faut prévoir en suff­i­sance, le lecteur plonge dans une triv­i­al­ité pour, pas à pas, émerg­er en pleine nature en com­pag­nie de ces copines réu­nies autour des brèmes ou des san­dres. Mais qu’on ne s’y trompe pas, la quête de tran­quil­lité au fil de l’eau peut vite tourn­er à l’aigre. Un week-end qui aurait pu être comme les autres mais qui va faire sur­gir cer­taines ten­sions qui dor­ment depuis trop longtemps. Dès lors, entre non-dits, soli­tudes et omis­sions, l’eau calme se trou­blera. Le dénoue­ment ne per­me­t­tra pas au courant de s’apaiser ni à la riv­ière de repren­dre son cours nor­mal. Enfin, peut-être pas pour tous ! Con­tin­uer la lec­ture →

À écouter, lire et regarder

Laurence GHIGNY

Mise en page 1L’histoire du Géant se présente sous un for­mat ital­ien qui con­vient par­faite­ment à la longue hor­i­zon­tal­ité de ce Géant effon­dré dans la clair­ière. Un géant, qui tel Icare, est tombé de haut pour avoir côtoyé le feu. La nar­ra­tion est nour­rie d’une fine poésie, basée sur des répéti­tions de sons, de mots, l’accumulation de paronymes et d’anaphores. Les illus­tra­tions qui l’accompagnent sont ali­men­tées par une veine naturelle faite de brumes, de nuages, de troncs, de feuil­lages… Con­tin­uer la lec­ture →

La question finale

Un coup de coeur du Carnet

Nicole MALINCONI, Un grand amour, Esper­luète, 2015, 52 p., 14 €

malinconi_zumkirNicole Mal­in­coni n’est pas une auteure d’imagination, d’invention. Sa fic­tion, c’est l’écriture. Une écri­t­ure qui la mène à une forme de com­préhen­sion, de con­nais­sance de la psy­ché humaine. Son matéri­au nourrici­er, elle l’a trou­vé, le trou­ve encore dans la rela­tion à ses par­ents, son expéri­ence d’assistante sociale à l’hôpital, des œuvres d’artistes, des faits divers, des tragédies con­tem­po­raines ou his­toriques ; dans les mots eux-mêmes ; dans d’autres choses encore, qui peu­vent n’être rien, ou presque. Con­tin­uer la lec­ture →