Archives par étiquette : femmes

Dire elles

Vanpé Féminin pluriel

Féminin pluriel

Auteur : Michel Van­pé

Mai­son d’édition : Quad­ra­ture

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 104

Prix : 18 €

Livre numérique : /

EAN : 9782931080627

Les œuvres lit­téraires offrent inlass­able­ment une cham­bre d’écho à la vie, à l’évolution des men­tal­ités dans les sociétés où elles émer­gent en même temps qu’elles con­tribuent par leur ray­on­nement aux méta­mor­phoses de celles-ci. Avec le recul et le temps, elles nous per­me­t­tent de nous immerg­er dans une époque et d’en com­pren­dre les ressorts les plus infimes que l’évidence de la réal­ité qui nous entoure rav­it à notre enten­de­ment. L’attention accrue portée à la par­ité et à l’égalité entre hommes et femmes et aux com­bats de ces dernières sera sans nul doute un trait majeur que les ana­lystes futur(e)s point­eront dans la pro­duc­tion lit­téraire de notre temps, leur offrant un cor­pus tout à la fois foi­son­nant et mul­ti­ple. Con­tin­uer la lec­ture

La mer en seconde peau

Soline de LAVELEYE, Par les baleines, Gal­li­mard, 2025, 126 p., 16 € / ePub : 11,99 €, ISBN : 9782073075352

de laveleye par les baleinesDans ce recueil poé­tique paru aux édi­tions Gal­li­mard, Soline de Lavel­eye file la métaphore marine pour dire le corps méta­mor­phique d’une femme et les lieux dans lesquels il s’inscrit – au point de s’y fon­dre. D’apparence plutôt clas­sique, la langue de l’autrice se déploie au fil du recueil et emprunte d’étonnants détours. Con­tin­uer la lec­ture

En marche vers la liberté au féminin

Isabelle BARY, Le sec­ond print­emps, 180°, 2025, 316 p., 20 €, ISBN : 978–2‑940721–68‑9

bary le second printempsC’est chez 180° édi­tions, édi­teur de plus en plus présent dans le paysage lit­téraire, que parait le dernier roman d’Isabelle Bary, Le sec­ond print­emps. Il racon­te l’histoire de trois femmes à un tour­nant de leur vie, qui vont se crois­er lors d’une marche. Elles vont se con­fron­ter à de nom­breuses ques­tions et, entre elles, va naitre une soror­ité épanouis­sante. Inspi­rante à bien des égards. Con­tin­uer la lec­ture

Quelques cris

Un coup de cœur du Car­net

Nathalie MARQUÈS, Nos ven­dredis, Impres­sions nou­velles, 2024, 208 p., 19 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 978–2‑39070–150‑7

marques nos vendredisTrône, au rang des nou­veautés de la ren­trée lit­téraire, Nos ven­dredis, pre­mier roman de Nathalie Mar­quès. L’ouvrage, pub­lié aux Impres­sions Nou­velles, est présen­té comme un roman choral. Avec beau­coup de sub­til­ité, il décrit les des­tins croisés d’habitants d’un quarti­er cos­su du Bra­bant Wal­lon : bobo, calme et famil­ial. Con­tin­uer la lec­ture

Souvenir d’exil, écho de résistance

Anne SYLVAIN, Elles iront voir la mer, Genèse, 2024, 200 p., 22,50 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782382010365

sylvain elles iront voir la mer« Il était embal­lé dans un petit morceau de papi­er jour­nal déchiré à la hâte, un jour­nal alle­mand. En surim­pres­sion étaient écrits au cray­on une suite de chiffres et un mot, qu’elle ne com­pre­nait pas, le tout grossière­ment entouré. Recht­san­walt. […] Le pen­den­tif était mag­nifique. Les lobes du cœur, fine­ment gravés, étaient asymétriques. Léon­tine lut sur le ver­so du médail­lon “Sou­venirs d’exil”. » Ce bijou, à l’odeur par­ti­c­ulière de soufre, recèle l’amour pro­fond, solen­nel et meur­tri de Mel­chior, alors en dépor­ta­tion à Soltau. Con­tin­uer la lec­ture

La forza del destino

Chris­tiana MOREAU, La nuit de la tar­entelle, Press­es de la Cité, 2023, 269 p., 21 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782258204140

moreau la nuit de la tarentelleLe nou­veau roman de Chris­tiana More­au nous plonge dans un vil­lage des Pouilles où une bac­térie vir­u­lente attaque les oliviers, l’emblème du vil­lage de Salen­to. Ayant gran­di dans une pro­priété agri­cole désor­mais presque ruinée par l’abattage des arbres malades, Élisa annonce à son père qu’elle désire étudi­er le chant à l’institut de musique clas­sique de Milan afin de devenir can­ta­trice. Si l’on met de côté l’impossibilité pour ses par­ents de pay­er ses études, Élisa se voit oppos­er un refus formel à son désir : c’est qu’elle est la pre­mière de la famille à oser ten­ter un autre méti­er que celui d’agricultrice trans­mis de généra­tion en généra­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Bouillon de culture

Tina MOUNEIMNÉ VAN ROEYEN, Voici venir le soleil. Balades avec mon fils, Com­plic­ités, 2021, 105 p., 12 , EAN : 978–2351203712

Voici-venir-le-soleilVoici venir le soleil. Balades avec mon fils est présen­té comme la suite de Je pousse donc je suis. Balades avec ma fille, qui était un hom­mage à la prom­e­nade urbaine. Dans cet opus, nous sommes amenés à lire un recueil de frag­ments qui relèvent davan­tage d’un hom­mage à la ren­con­tre.

Con­tin­uer la lec­ture

De la fantasy qui questionne le présent

Un coup de cœur du Car­net

Anne-Sophie DEVRIESE, Biotanistes, ActuSF, 2021, 350 p., 19.90 / ePub : 9.99 €, ISBN : 978–2‑37686–349‑6

devriese biotanistesDis­crim­i­na­tions liées au genre, éco­cide, manip­u­la­tions du pou­voir et de l’information, impor­tance de la mémoire et de la trans­mis­sion : l’énumération des thèmes brassés dans ce pre­mier roman peut faire peur. Pour­tant, avec Biotanistes, Anne-Sophie Devriese évite l’écueil d’une lit­téra­ture don­neuse de leçons. Mieux : elle signe un roman-univers dont le lecteur met du temps à revenir même si, para­doxale­ment peut-être, il nous ramène sans cesse au présent. Con­tin­uer la lec­ture

Jamais tout à fait mises au pas

Béa­trice RENARD, Cav­ales, Mur­mure des soirs, 2021, 317 p., 22€, ISBN : 978–2‑930657–64‑6

renard cavalesNous sommes dès l’entame du texte (nom­mée à des­sein Équar­ris­sages – dans une métaphore équine filée qui, dans le droit fil du titre poly­sémique,  tra­versera tous les chapitres)  le 3 novem­bre 1793, puis le 8 juin 1817 au plus près des corps et des esprits en souf­france. Aux moments-mêmes où se jouent trag­ique­ment les vies d’Olympe de Gouges (née Marie Gouze) et de Théroigne de Méri­court (née à Mar­court, près de Liège), fig­ures feux fol­lets de la Révo­lu­tion française. La pre­mière sera guil­lot­inée sur ordre d’Antoine Fouquier-Tinville (homme de loi et accusa­teur pub­lic du Tri­bunal révo­lu­tion­naire… qui, ironique­ment, fini­ra par con­naître le même sort), la sec­onde internée et traitée inhu­maine­ment jusqu’à sa mort – c’est donc à leurs dernières ruades con­tre l’ordre patri­ar­cal établi et un cer­tain obscu­ran­tisme de l’époque que nous con­vie l’autrice, une fois posés ces pre­miers tes­sons d’existence. Fascinée par la dame en bleu (Théroigne) et la femme aux affich­es qui lui fera cadeau d’un livre de fables doré (Olympe), une gamine en hail­lons sem­blable à une Cosette va les crois­er à plusieurs repris­es. Con­tin­uer la lec­ture

Garder en mémoire et mettre en lumière

Un coup de cœur du Car­net

Mar­i­anne SLUSZNY, Bel­giques. Chemins de femmes, Ker, 2020, 12 €, ISBN : 978–2‑87586–256‑3

marianne sluszny collection belgiques editions ker couvertureQui étais-je ? J’avais tant de mal à me rassem­bler qu’il me sem­blait incon­cev­able de m’inventer un avenir. La ques­tion se posait-elle d’ailleurs ? 

« Hélène, Nicole, Mar­greet et les autres… Ces femmes belges qui ont vécu la guerre 14–18 et ses suites sont au cœur de ce recueil de nou­velles […] ». Aujourd’hui, en 2020, nous avons cer­taine­ment, toutes et tous, des sou­venirs rap­portés par nos grand-mères à pro­pos de leur vécu ou celui de leurs par­ents durant la Pre­mière Guerre mon­di­ale. Des sou­venirs inscrits jusque dans la mémoire de nos cel­lules. Con­tin­uer la lec­ture

Occupation militaire et domination masculine durant la Guerre 14–18

Emmanuel DEBRUYNE, « Femmes à Boches ». Occu­pa­tion du corps féminin, dans la France et la Bel­gique de la Grande Guerre, Belles Let­tres, 2018, 456 p., 25,90€ / ePub : 18.99 €, ISBN : 9782251448435

Se revendi­quant à la fois de l’histoire du genre et de celle de la guerre, l’ouvrage « Femmes à Boches », d’Emmanuel Debruyne, pro­fesseur d’histoire con­tem­po­raine à l’UCL, exam­ine une ques­tion auda­cieuse, dans sa for­mu­la­tion même : l’« occu­pa­tion du corps féminin », en France et en Bel­gique, durant la Guerre 14–18. Quel est le con­texte ? « Pen­dant qua­tre ans, la qua­si-entièreté de la Bel­gique et de larges pans de dix départe­ments français sont occupés par l’armée alle­mande » : ces ter­ri­toires, découpés par l’ennemi en plusieurs zones dis­posant de leur admin­is­tra­tion, for­ment un large périmètre regroupant une dizaine de mil­lions d’habitant-e‑s. Con­tin­uer la lec­ture

Christine Aventin : déjouer les enfermements

Un coup de cœur du Carnet

Chris­tine AVENTIN, Breil­lat des yeux le ven­tre, post­face de Christophe Meurée, Impres­sions nou­velles, coll. “Espace Nord”, 2018, 160 p., 8,50 € / ePub : 6.99 €, ISBN : 978–2‑87568–406‑6

Couron­né par le prix quin­quen­nal de l’essai de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles en 2017 pour sa pre­mière édi­tion au Som­nam­bule équiv­oque et aujour­d’hui réédité dans la col­lec­tion Espace Nord, Breil­lat des yeux le ven­tre est conçu comme un corps textuel inouï au tra­vers duquel se con­quièrent un sujet poli­tique et un nou­veau plan d’écriture. Revenant sur sa tra­jec­toire lit­téraire — le coup d’envoi du Cœur en poche, la dépos­ses­sion de l’œuvre, de soi, le rapt de l’œuvre par le père —, Chris­tine Aventin tisse une machine lit­téraire autour d’un feu cen­tral, d’un attracteur molécu­laire, Cather­ine Breil­lat. Dans un jeu de miroirs, d’interfécondation (au sens où Proust l’évoque dans Sodome et Gom­or­rhe), les films, les écrits de Breil­lat se retrou­vent réen­gen­drés dans le mou­ve­ment même où ils révè­lent à Chris­tine Aventin l’expérience d’une soror­ité. Breil­lat-Aventin en écho d’Antigone et d’une Ismène antigo­nisée… Con­tin­uer la lec­ture

Dans l’arène du langage

Lau­rence ROSIER,  De l’insulte… aux femmes, 180° édi­tions, 2018, 180 p., 17 €, ISBN 978–2‑930427–87‑4

rosier de l insulte aux femmesDéjà Jacque­line Harp­man vom­is­sait la qual­i­fi­ca­tion de “pis­seuse” décernée par son père à sa nais­sance, fût-ce dans un roman comme La Fille déman­telée. Pour elle, refuser l’assimilation à la flac­cid­ité ou à l’étron, c’est exis­ter et le dire. Con­tin­uer la lec­ture

Naufrages au féminin

Marie-Ève STÉNUIT, Une femme à la mer! Aven­tures de femmes naufragées, Edi­tions du Tré­sor, 2017, 192 p., 17 €, ISBN : 979–10-91534–28‑4

stenuit

Pronon­cé pour la pre­mière fois en 1852 par un lieu­tenant-colonel bri­tan­nique à bord du Birken­head en perdi­tion, le mythique «  Les femmes et les enfants d’abord ! » est loin d’avoir été la règle générale au cours de la longue his­toire des naufrages. Quant à la tra­di­tion du « cap­i­taine courageux », elle encaisse aus­si quelques méchantes esto­cades sous la plume de Marie-Ève Sté­nu­it, his­to­ri­enne de l’art et archéo­logue, dans un ouvrage con­sacré aux nom­breuses femmes qui vécurent ces drames de la mer. Con­tin­uer la lec­ture

Figures pluriELLES de femmes africaines belges

Un coup de coeur du Carnet

Jacinthe MAZZOCCHETTI et Marie-Pierre NYATANYI BIYIHA (sous la dir. de), pho­togra­phies de Véronique VERCHEVAL, PluriELLES, Femmes de la dias­po­ra africaine, Kartha­la, 2016, 183 p., 25€   ISBN : 9782811116170

pluriellesPor­traits : le mot appar­tient à la fois au monde de la pho­togra­phie et à celui du réc­it. Ce livre le mon­tre d’excellente manière et l’on s’étonne qu’il n’ait pas été écrit plus tôt, tant il est le reflet d’une urgence et d’une néces­sité : celles de mon­tr­er les par­cours exem­plaires de femmes d’origine africaine rési­dant en Bel­gique dans lesquels peu­vent se re-con­naître les jeunes généra­tions. Vingt femmes qui font la Bel­gique d’aujourd’hui, une Bel­gique cos­mopo­lite, mon­di­al­isée dans le bon sens du terme. Con­tin­uer la lec­ture

De l’amour comment parler ?

Un coup de coeur du Carnet

François EMMANUEL, 33 cham­bres d’amour, Paris, Seuil, 2016, 192 p., 17 €/ePub : 11,99 €

emmanuelLes écrivains belges ont une prédilec­tion pour les cham­bres. Qu’ils en situent trois à Man­hat­tan (Simenon), qu’ils les gar­nissent de miroirs pour y pour­suiv­re leur expéri­ence con­tin­ue (Nougé), qu’ils y obser­vent la nuit remuer (Michaux), dans leur imag­i­naire, ces espaces clos s’ouvrent sur tous les pos­si­bles. François Emmanuel s’est, lui aus­si, lais­sé hap­per par l’attraction camérale et nous emmène dans une ronde tout à tour sen­suelle, éro­tique, char­nelle, déclinée en trente-trois por­traits de femmes. Con­tin­uer la lec­ture