Archives par étiquette : Nicole Malinconi

Parole d’écrivaine : Nicole Malinconi

parole d'écrivain 1 nicole malinconi

Alors que le nou­veau numéro du Car­net et les Instants con­sacre un impor­tant dossier à des entre­tiens lit­téraires, notre série d’été « Parole d’écrivaine » invite à (re)découvrir des inter­views qui ont forgé l’histoire de la revue. Chaque dimanche, jusqu’au 17 août 2025, un auteur, une autrice a la parole.

Deux­ième épisode : Nicole Mal­in­coni. Con­tin­uer la lec­ture

Accueillir le monde animal dans la fiction

Paul ARON et Judy­ta ZBIER­S­KA-MOś­CI­C­KA (sous la dir. de), Bêtes de livres, Textyles n°67, Ker, 2024, 164 p., 18 €

textyles betes de livresPeu étudiée, peu explorée par la cri­tique, la ques­tion de la présence, de la fonc­tion de l’animal dans la lit­téra­ture belge fran­coph­o­ne se voit mise à l’honneur dans le dossier Bêtes de livres qui occupe le dernier numéro de la revue Textyles. Salu­ons la fécon­dité des analy­ses, des angles d’approche libérés par des con­tri­bu­tions qui pointent l’essor de la thé­ma­tique de l’animalité, du vivant dans la lit­téra­ture con­tem­po­raine. Con­tin­uer la lec­ture

En toute humanité

COLLECTIF, Quelqu’un à qui par­ler, Esper­luète, coll. « En toutes let­tres » 2024, 128 p., 19,5 €, ISBN : 9782359841930

collectif quelqu'un à qui parlerLe pre­mier cen­tre de Télé-Accueil belge a été créé à Brux­elles le 9 novem­bre 1959 par le Chanoine Ray­mond Van Schoubroeck. Sor­ti assez rapi­de­ment du giron de l’Église, il a évolué au cours des décen­nies tout en main­tenant son objec­tif pre­mier : accueil­lir par télé­phone, vingt-qua­tre heures sur vingt-qua­tre, dans l’anonymat, toute per­son­ne désir­ant par­ler à quelqu’un et sor­tir de son isole­ment. Avec l’évolution des tech­niques, l’écrit con­ver­sa­tion­nel a aus­si trou­vé sa place, avec le chat. Si on le sait moins, on ne peut que saluer une autre fonc­tion de cette ASBL. Témoin de l’évolution des phénomènes soci­aux, le Télé-Accueil agit en tant qu’Observatoire social. Avec d’autres acteurs, il réper­cute les ten­dances, les ques­tions émer­gentes aux décideurs poli­tiques, au monde asso­ci­atif et au grand pub­lic. Con­tin­uer la lec­ture

Scènes de la vie contemporaine

Nicole MALINCONI, Bruits du dehors. Séquences, Édi­tions de l’insu, coll. « en exten­sion », 2024, 180 p., 20 €, ISBN : 9782490743209

malinconi bruits du dehorsBruits du dehors, le nou­veau livre de Nicole Mal­in­coni s’inscrit à plus d’un titre dans ce qui car­ac­térise son œuvre, depuis ses débuts dans les années 1980 : l’attention à ce qui se perd, s’anéantit notam­ment dans la parole dite, non dite, la parole impos­si­ble à se dire. À une dif­férence près. Con­tin­uer la lec­ture

Écrire l’indicible, dit-elle

Nicole MALINCONI, Le mot ne dit pas tout, dia­logue avec Frédérique Dol­phi­jn, Esper­luète, coll. « Orbe », 2023, 64 p., 12 €, ISBN : 9782359841619

malinconi le mot ne dit pas toutHuitième opus de la col­lec­tion « Orbe », créée en 2017 par les édi­tions Esper­luète, Le mot ne dit pas tout résulte d’un dia­logue entre Frédérique Dol­phi­jn et Nicole Mal­in­coni. La méth­ode a fait ses preuves et ne change pas ici : Nicole Mal­in­coni se prête au jeu et pioche des petits papiers sur lesquels fig­urent des mots, choi­sis par son inter­locutrice, qui con­stitueront le point de départ d’une réflex­ion sur l’écriture. Le style est spon­tané, le tutoiement naturel et les silences traduisent les hési­ta­tions et les doutes.

Ce n’est pas racon­ter qui prime pour moi, explique l’autrice, ce serait plutôt le désir de dire « au présent », de laiss­er aller l’écriture au départ d’une sit­u­a­tion, d’un événe­ment, d’un réel… Con­tin­uer la lec­ture

Horizons littéraires en vingt-deux instantanés

COLLECTIF, Fenêtres sur court, textes réu­nis et présen­tés par Lau­ra Delaye, Nau­si­caa Dewez, Lau­rence Ghigny, Vio­laine Gréant et Valéri­ane Wiot, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2021, 278 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–550‑6

fenetres sur courtAutomne 2021 : Espace Nord sort son 400e numéro, La Fureur de lire fête ses 30 ans. Les comptes ronds inci­tent à mar­quer le coup et ce dou­ble jubilé ne fait pas excep­tion. Ce n’est donc pas une réédi­tion clas­sique dans la col­lec­tion pat­ri­mo­ni­ale qui a hérité, par le hasard de la numéro­ta­tion, de ces deux zéros sur sa tranche. Et, tant que l’on par­le de chiffres, il ne s’agit pas à pro­pre­ment d’une mais plutôt de vingt-deux réédi­tions. Vingt-deux !? Dans un seul vol­ume ? Par­faite­ment ! Vingt-deux nou­velles, échan­til­lon choisi par­mi les plus de cent pla­que­ttes éditées dans le cadre de la Fureur de lire. Tâche ardue à n’en pas douter. Con­tin­uer la lec­ture

Les choses communes

Nicole MALINCONI, Ce qui reste, Impres­sions nou­velles, 2021, 128 p., 13 € / ePub : 8.99 €, ISBN : 9782874498336

malinconi ce qui resteOn se sou­vient qu’à la ren­trée 2017, Nicole Mal­in­coni pub­li­ait De fer et de verre. Avec ce livre, elle intro­dui­sait dans son œuvre une dimen­sion his­torique qu’elle n’avait qu’effleurer jusqu’alors (à part dans Un grand amour). Elle racon­tait, dans un souf­fle human­iste, la biogra­phie de la Mai­son du Peu­ple, chef‑d’œuvre de l’Art nou­veau détru­it par la brux­el­li­sa­tion; elle l’inscrivait dans l’histoire de la Bel­gique, du mou­ve­ment social­iste, des deux guer­res mon­di­ales, des grèves de soix­ante… Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 3 d’Alain Delaunois

Chaque jour, Le Car­net et les Instants revis­ite l’an­née lit­téraire 2020 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujour­d’hui : la dou­ble sélec­tion d’Alain Delaunois. Con­tin­uer la lec­ture

Le goût des mots

Nicole MALINCONI, Un soir en cui­sine, Esper­luète, 2020, 40 p., 12 €, ISBN : 9782359841329

malinconi un soir en cuisineDans la restau­ra­tion, les mots sont plus essen­tiels que ce qu’il pour­rait sem­bler de prime abord (comme dans le reste de la vie en somme). La lec­ture de la carte d’un restau­rant déclenche l’envie, le désir, le fan­tasme, ouvre et nour­rit l’appétit. Et rien n’est plus rageant qu’un plat qui ne s’avère pas à la hau­teur de son appel­la­tion, qui se révèle moins orig­i­nal, moins savoureux que sa promesse. Le Restau­rant Frédéric Doucet à Charolles, en Bour­gogne, n’est pas un de ces étab­lisse­ments bon­i­menteurs, pas un de ceux qui affab­u­lent, roman­cent, si l’on en croit Nicole Mal­in­coni. « Car, dit le chef, une assi­ette ne ment pas sur son nom ». C’est sur ce même principe éthique des mots qui dis­ent vrai et col­lent au plus près du réel que l’autrice, invitée priv­ilégiée des cuisines du restau­rant, décrit ce qu’elle y a vu et qui est habituelle­ment occulté à la clien­tèle. Con­tin­uer la lec­ture

La mère, le père & l’être dans la langue

Un coup de cœur du Car­net

Nicole MALINCONI, Nous deux, Da solo, post­face de Marie Klinken­berg, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2020, 260 p., 8,5 €, ISBN : 9782875684882

malinconi nous deux da soloAmour pos­sédé. Amour sous pos­ses­sion. Amour. Avoir. Ain­si com­mence Nous deux. Par un court poème sous forme de décli­nai­son amoureuse : « Heureuse­ment que je t’ai/Heureusement qu’on s’a… »  Jusqu’à l’ambigu dernier vers : « Tu m’as eue ». Piège. De l’amour. De l’amour mater­nel dans ce livre-ci de Nicole Mal­in­coni, prix Rossel 1993. Le livre de la mère et de la fille. Con­tin­uer la lec­ture

Une voix qu’on entend de loin et si près

Lau­rent DEMOULIN et Pierre PIRET (dir.), Nicole Mal­in­coni, Textyles n°55, Sam­sa, 2019, 217 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87593–232‑7

C’est la voix de Nicole Mal­in­coni, tra­ver­sée de toutes les voix du monde.

Il fal­lait bien tout un vol­ume de la revue Textyles, dirigé par Lau­rent Demoulin et Pierre Piret, pour con­sid­ér­er l’ampleur et la diver­sité d’une œuvre sin­gulière et plurielle comme la sienne. C’est dire que tous les arti­cles por­tent un éclairage nou­veau et un regard dif­férent quel que soit l’aspect envis­agé. Ils recou­vrent la presque total­ité des textes pub­liés jusqu’alors. D’Hôpi­tal silence à l’Abécé­daire des mots détournés, ils rela­tent l’expérience intime comme dans Nous deux ou détachent un pan de l’histoire sociale comme dans De fer et de verre. Con­tin­uer la lec­ture

Le livre de l’intranquillité

Nicole MALINCONI, Poids plumes, gommes de Kikie Crêvecœur, Esper­luète, 2019, 80 p., 15 €, ISBN : 9782359841121

Qu’allait écrire Nicole Mal­in­coni, après avoir don­né voix à There­sa Stan­gl, la veuve de Franz Stan­gl, ex-com­man­dant du camp d’extermination de Tre­blin­ka (Un grand amour, 2015) et entre­pris sa pre­mière fresque his­torique (De fer et de verre. La Mai­son du Peu­ple de Vic­tor Hor­ta, 2017) ? Où son écri­t­ure allait-elle la men­er ? Elle qui n’œuvre jamais dans la com­péti­tion, le cal­cul, le bruit et la fureur du temps présent n’a pas surenchéri ; elle est rev­enue à nu, sans doc­u­men­ta­tion, au départ ; elle a retrou­vé son fidèle regard, l’a ouvert sur l’alentour, le pas très loin ; elle est retournée vers ces vies minus­cules à qui elle a tou­jours accordé une place de choix dans ses livres, vers les plus minus­cules des minus­cules, ces/ses oiseaux qu’elle aime tant. Ces oiseaux qui s’avèrent, aus­si, une épreuve pour son écri­t­ure. Con­tin­uer la lec­ture

Par amour, dit-elle

un-grand-amour_0057_lanon

©Vir­ginie Lançon

Un grand amour de Nicole Mal­in­coni (Esper­luète édi­tions, 2015), mise en scène de Jean-Claude Berut­ti.

Une femme seule en scène. Dans un salon (esquis­sé par le décor). Une femme, à la vie déjà vécue. Un livre à la main. Celui de la jour­nal­iste Git­ta Sere­ny, Au fond des ténèbres. Sur l’ex-commandant des camps d’extermination de Soli­bor, de Tre­blin­ka, Franz Stan­gl, l’époux de la femme en scène, There­sa Stan­gl. Qui se met à par­ler. À s’adresser à la jour­nal­iste, venue l’interviewer quelque temps aupar­a­vant. Sur ce qu’elle savait des activ­ités de son mari. Sur sa vie avec lui, pen­dant la péri­ode nazie, et ensuite, au Brésil. Où elle sem­ble avoir vécu heureuse. Elle se sou­vient de cet entre­tien. Revient sur ce qu’elle a dit et qui a con­tin­ué à tra­vailler son esprit. Con­tin­uer la lec­ture

La biographie de la Maison du Peuple

Un coup de cœur du Carnet

Nicole MALINCONI, De fer et de verre. La Mai­son du Peu­ple de Vic­tor Hor­ta, Impres­sions nou­velles, 2017, 177 p., 16 €/ ePub : 9.99€, ISBN : 978–2‑87449–543‑4

malinconi de fer et de verrePour les Brux­el­lois branchés du vingt-et-unième siè­cle, la Mai­son du Peu­ple est un bar ouvert sur le Parvis Saint Gilles ; pour les aînés, un édi­fice du quarti­er de La Chapelle qu’ils ont peut-être fréquen­té, une Mai­son rouge ; pour les ama­teurs et les férus d’architecture, un bâti­ment pub­lic, chef‑d’œuvre de l’Art nou­veau, né du tal­ent Vic­tor Hor­ta à la demande du Par­ti Ouvri­er Belge à la fin du dix-neu­vième siè­cle et l’exemple type de la bru­tal­ité des spécu­la­tions immo­bil­ières, de la mémoire défail­lante des hommes et de l’inconséquente brux­el­li­sa­tion. Pour beau­coup, elle n’est pas même un sou­venir. Con­tin­uer la lec­ture

Une affaire de femmes

Un coup de cœur du Carnet

Nicole MALINCONI, Hôpi­tal silence suivi de L’attente, post­face de Jean-Marie Klinken­berg, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2017, 224 p., 9 €, ISBN : 9782875681485

malinconiNicole Mal­in­coni n’avait pas envis­agé d’écrire un jour. Mais lorsque l’écriture s’est imposée à elle, à l’âge de trente-huit ans, plus jamais il n’a pu en être autrement. Et dans un geste admirable, pro­gram­ma­tique, que l’on pour­rait dire défini­tif s’il n’était inau­gur­al, dans Hôpi­tal silence, elle a déposé sa poé­tique à venir. Elle a com­mencé à l’écrire quand elle a per­du son emploi, le tra­vail le plus impor­tant de sa vie jusqu’alors, le poste d’assistante sociale qu’elle occu­pait, depuis 1979, à la Mater­nité provin­ciale de Namur, au ser­vice du doc­teur Peers, un médecin human­iste tout entier dévoué à la cause des femmes. Con­tin­uer la lec­ture

Que dire de la langue à partir de l’écriture et de la psychanalyse?

Un coup de coeur du Carnet
Michel ZUMKIR

lebrun

Nicole Mal­in­coni et Jean-Pierre Lebrun sont com­pagnons de vie et de pen­sée depuis de nom­breuses années ; et taraudés tous deux par la ques­tion d’écrire. Des livres du début de leur car­rière d’auteurs les mon­traient déjà sur une même ligne de réflex­ion : Hôpi­tal silence que l’écrivaine pub­lia aux édi­tions de Minu­it en 1985, De la mal­adie médi­cale, la ver­sion de la thèse que le psy­ch­an­a­lyste soutint en 1993 et réécriv­it la même année pour De Boeck Uni­ver­sité. Aujourd’hui, ensem­ble, ils sor­tent un livre de dia­logues où ils creusent et met­tent au clair la nature, la place, le sort de la langue dans notre société néolibérale. Con­tin­uer la lec­ture