Un coup de cœur du Carnet
Laurence ROSIER, La riposte. Femmes, discours et violences, Payot & Rivages, 2025, 336 p., 22 € / ePub : 16,99 €, ISBN : 9782228937689
Laurence Rosier est linguiste, professeure à l’ULB et spécialiste des violences verbales. Puisque sa pratique universitaire s’inscrit dans une perspective résolument féministe, elle revendique le caractère situé du point de vue qui porte ses travaux. Commissaire d’exposition, co-autrice et coordinatrice de nombreuses publications, elle est l’autrice du Petit traité de l’insulte (2006, réédité et augmenté en 2009), De l’insulte… aux femmes (2017), Cohabitante l’égale (2023) et, en ce début d’année 2025, La riposte. Femmes, discours et violences, qui pose la parole des femmes comme acte de résistance. Continuer la lecture
Après L’ère du complotisme : la maladie d’une société fracturée (Les petits matins, 2016), l’historienne, la chercheuse et l’enseignante Marie Peltier approfondit son étude des récits complotistes à partir de polémiques paradigmatiques comme l’affaire Tariq Ramadan, la question de la laïcité, du port du voile (dans l’affaire Mennel notamment), Charlie Hebdo, @metoo, @balancetonporc… Au fil d’une enquête sur les dérives des débats publics figés entre camps ennemis, l’essai questionne la montée en puissance des réseaux sociaux, les stratégies de guerre narrative, la structuration de l’imaginaire collectif par ce que Marie Peltier nomme des récits polarisés. Comment sortir de débats publics qui, enfermés dans la binarisation et relevant non de l’agora mais de l’arène et d’une scène paroxystique de guerre, se détournent de l’universalisme ? L’événement du 11 septembre 2001 a marqué l’entrée dans l’ère du doute, de la rupture de confiance dans le discours officiel et généré un imaginaire du complot. Cet imaginaire bicéphale, Marie Peltier le définit comme civilisationnel et identitaire d’une part, comme anti-système et anti-impérialiste d’autre part. Défiance envers le discours public et médiatique et désillusion à l’égard des promesses de la démocratie vont de pair.