Archives par étiquette : complot

Marie Peltier. Analyse du complotisme

Marie PELTIER, Obses­sion. Dans les couliss­es du réc­it com­plo­tiste, Inculte, 2018, 146 p., 15,90 €, ISBN : 979–10-95086–89‑5

Après L’ère du com­plo­tisme : la mal­adie d’une société frac­turée (Les petits matins, 2016), l’historienne, la chercheuse et l’enseignante Marie Pelti­er appro­fon­dit son étude des réc­its com­plo­tistes à par­tir  de polémiques par­a­dig­ma­tiques comme l’affaire Tariq Ramadan, la ques­tion de la laïc­ité, du port du voile (dans l’affaire Men­nel notam­ment), Char­lie Heb­do, @metoo, @balancetonporc… Au fil d’une enquête sur les dérives des débats publics figés entre camps enne­mis, l’essai ques­tionne la mon­tée en puis­sance des réseaux soci­aux, les straté­gies de guerre nar­ra­tive, la struc­tura­tion de l’imaginaire col­lec­tif par ce que Marie Pelti­er nomme des réc­its polar­isés. Com­ment sor­tir de débats publics qui, enfer­més dans la bina­ri­sa­tion et rel­e­vant non de l’agora mais de l’arène et d’une scène parox­ys­tique de guerre, se détour­nent de l’universalisme ? L’événement du 11 sep­tem­bre 2001 a mar­qué l’entrée dans l’ère du doute, de la rup­ture de con­fi­ance dans le dis­cours offi­ciel et généré un imag­i­naire du com­plot. Cet imag­i­naire bicéphale, Marie Pelti­er le définit comme civil­i­sa­tion­nel et iden­ti­taire d’une part, comme anti-sys­tème et anti-impéri­al­iste d’autre part. Défi­ance envers le dis­cours pub­lic et médi­a­tique et désil­lu­sion à l’égard des promess­es de la démoc­ra­tie vont de pair. Con­tin­uer la lec­ture

Arnaud de la Croix. Les complots dans l’histoire

Arnaud DE LA CROIX, Treize com­plots qui ont fait l’histoire, pré­face de Michel Her­mans, Racine, 224 p., 19,95 €, ISBN : 9782390250418

de la croix treize complots qui ont fait l histoireAprès La Reli­gion d’Hitler, Treize livres mau­dits, Degrelle (Racine), dans le sil­lage des Illu­mi­nati (Racine), Arnaud de la Croix ques­tionne treize com­plots qui ont mar­qué l’Histoire, de la con­ju­ra­tion de Catili­na à l’assassinat de J. F. Kennedy, de l’élimination de César au 11 sep­tem­bre 2001 en pas­sant par les tueurs du Bra­bant. Par-delà l’analyse de ces événe­ments por­teurs d’une aura de con­spir­a­tion, il pose les jalons d’une réflex­ion sur la face occulte, cachée des faits, sur la plurivoc­ité de leurs inter­pré­ta­tions, se livrant à une her­méneu­tique de ce qu’on nomme com­plot. Manœu­vre secrète déclenchée par des forces invis­i­bles visant à pro­duire un coup d’état, une révo­lu­tion ou une guerre d’agression, le com­plot a ceci de par­ti­c­uli­er qu’il ne se donne comme tel que lorsqu’il échoue. Les événe­ments traités dans l’ouvrage sont indis­so­cia­bles d’un doute, d’un soupçon quant à leur dimen­sion occulte mise en œuvre par une main de l’ombre : les his­to­riens butent sur des faits que, d’une part, aucune grille inter­pré­ta­tive n’épuise et qui, d’autre part, sug­gèrent l’agissement de pro­jets secrets tra­vail­lant à incurv­er le cours de l’Histoire. S’il est des con­ju­ra­tions réelles, avérées (l’assassinat de César), de nom­breuses con­spir­a­tions divisent les his­to­riens, l’opinion publique quant au sens à leur accorder. L’Histoire abonde en inven­tions de com­plots imag­i­naires qui seraient fomen­tés par des sor­cières ral­liées à Satan, par les Illu­mi­nati, les francs-maçons, les Juifs : l’imputation d’une con­spir­a­tion satanique, franc-maçonne, juive, la fab­ri­ca­tion de faux (les Pro­to­coles des Sages de Sion) per­me­t­tent de met­tre en œuvre une poli­tique crim­inelle de per­sé­cu­tion. Con­tin­uer la lec­ture