Simon LEYS, Ombres chinoises, Nouvelle édition augmentée, Préface de Jean-François Revel, Les Belles Lettres, 2025, 360 p., 15,90 €, ISBN : 9782251456560
Le regard que Simon Leys porta sur la Chine populaire dans Les habits neufs du président Mao (1971), Ombres chinoises (1974), Images brisées (1976) amena au grand jour ce que, longtemps, les maoïstes occidentaux ne lui ont pas pardonné de révéler, n’y voyant que le reflet d’une idéologie ennemie, anti-Mao : le basculement de la Chine dans une bureaucratie totalitaire, le cauchemar dictatorial de la Révolution culturelle. Essayiste, sinologue, traducteur de Confucius, historien de l’art, Simon Leys (pseudonyme de Pierre Ryckmans) est nommé attaché culturel à Pékin en 1972 et chargé de sillonner le pays afin d’en dresser un rapport global. Au terme de six mois de voyage dans une Chine qui ne délivre aux observateurs occidentaux qu’une vitrine mensongère, il écrit Ombres chinoises, un essai qui tient d’un pamphlet critique et d’un chant nostalgique, dont le titre renvoie autant à la tradition de la calligraphie qu’il n’a cessé d’étudier qu’au théâtre des ombres que les autorités maoïstes mettent en scène à l’adresse des voyageurs venus d’Occident. Continuer la lecture
Après une existence en noir et blanc, La fièvre d’Urbicande, le deuxième album des mythiques Cités obscures de François Schuiten et Benoît Peeters, couronné par le Prix du Meilleur album d’Angoulême en 1985, connaît une nouvelle vie. Une résurrection-recréation placée sous le signe de la couleur souverainement déployée par Jack Durieux. Après Les murailles de Samaris, un premier album en couleur qui révolutionna le langage de la bande dessinée, La fièvre d’Urbicande est sorti en noir et blanc alors qu’initialement il avait été conçu pour la couleur et qu’un tiers des planches de l’album ont été colorisées. Dès l’origine, la logique du mystérieux Réseau qui colonise Urbicande appelait la fièvre de la couleur.