Le Carnet et les Instants revisite l’année littéraire 2025 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la sélection d’Alain Delaunois. Continuer la lecture
Archives par étiquette : Simon Leys
Grands prix d’automne : le palmarès et l’histoire
On les appelle les « grands prix littéraires d’automne », ces sept récompenses qui viennent clore la période dite de rentrée littéraire et consacrent les meilleurs romans de l’année en France. Tous les lauréats 2025 sont désormais révélés – même si certains d’entre eux connaissent aussi une déclinaison lycéenne, toujours en cours.
Traditionnellement, les lectrices et lecteurs belges francophones sont très attentifs à l’actualité littéraire française et les prix passionnent donc autant ici qu’au-delà de la frontière. Cette année toutefois, les raisons de s’intéresser à ces récompenses étaient aussi plus directement chauvines : Caroline Lamarche et son dernier livre Le bel obscur sont restés en lice jusqu’au bout pour le prix Goncourt, échouant in fine à la deuxième place, tandis que le prix était finalement attribué à Laurent Mauvignier.
Bref retour sur les récipiendaires de cette année et sur quelques lauréates et lauréats belges. Continuer la lecture
Rentrée littéraire 2025 : continuité et renouveau
Immuable temps fort de l’année éditoriale française, la « rentrée littéraire d’automne » suscite beaucoup d’attention en Belgique aussi.
De la part des libraires et des lecteurs, évidemment, puisque la littérature publiée en France reste, de loin, la plus vendue chez nous. Pour les auteurs et autrices belges publiés en France, cette rentrée est pleinement la leur, et ils se mêleront, comme tous les romanciers hexagonaux, à l’effervescence du moment et notamment à la course aux prix. Les maisons d’édition belges, quant à elles, adoptent vis-à-vis de cette période des attitudes diverses. Certaines en font un moment-phare de leur année. Elles optent alors pour un programme d’ampleur, et des dates de parution qui rejoignent celles des voisins français (fin août), ou sont au contraire plus tardives, pour éviter une concurrence déséquilibrée. D’autres maisons, sans être inactives au cours du deuxième semestre, placent plutôt le centre de gravité de leur année éditoriale à la Foire du livre de Bruxelles, et présentent donc un programme plus léger pour l’automne.
Tour d’horizon des auteurs et autrices belges qui feront la rentrée 2025, en Belgique ou à l’étranger. Continuer la lecture
Simon Leys. La clairvoyance contre l’idéologie
Simon LEYS, Ombres chinoises, Nouvelle édition augmentée, Préface de Jean-François Revel, Les Belles Lettres, 2025, 360 p., 15,90 €, ISBN : 9782251456560
Le regard que Simon Leys porta sur la Chine populaire dans Les habits neufs du président Mao (1971), Ombres chinoises (1974), Images brisées (1976) amena au grand jour ce que, longtemps, les maoïstes occidentaux ne lui ont pas pardonné de révéler, n’y voyant que le reflet d’une idéologie ennemie, anti-Mao : le basculement de la Chine dans une bureaucratie totalitaire, le cauchemar dictatorial de la Révolution culturelle. Essayiste, sinologue, traducteur de Confucius, historien de l’art, Simon Leys (pseudonyme de Pierre Ryckmans) est nommé attaché culturel à Pékin en 1972 et chargé de sillonner le pays afin d’en dresser un rapport global. Au terme de six mois de voyage dans une Chine qui ne délivre aux observateurs occidentaux qu’une vitrine mensongère, il écrit Ombres chinoises, un essai qui tient d’un pamphlet critique et d’un chant nostalgique, dont le titre renvoie autant à la tradition de la calligraphie qu’il n’a cessé d’étudier qu’au théâtre des ombres que les autorités maoïstes mettent en scène à l’adresse des voyageurs venus d’Occident. Continuer la lecture
Relire Simon Leys
Ce 11 août marque le 10e anniversaire du décès de l’essayiste, sinologue et académicien Simon Leys (28 septembre 1935 — 11 août 2014). Une œuvre et une personnalité à redécouvrir. Continuer la lecture
Simon Leys, notre contemporain
Jérôme MICHEL, Simon Leys. Vivre dans la vérité et aimer les crapauds, Michalon, coll. « Le bien commun », 2023, 128 p., 12 € / ePub : 8,99 €, ISBN : 9782347002787
Ressaisir la cohérence, la puissance d’une œuvre, l’arracher aux malentendus durables qui n’ont cessé de la recouvrir, dissiper les lectures paresseuses dont elle est prisonnière : c’est à l’aune de ces trois ambitions que se tient l’essai que Jérôme Michel consacre à Simon Leys. Sinologue, historien de la peinture et de la calligraphie chinoises, traducteur de Confucius, Shitao, Lu Xun, Shen Fu, Pierre Ryckmans bouleverse le paysage intellectuel lorsque, en 1971, il publie sous le pseudonyme de Simon Leys, Les habits neufs du président Mao. Chronique dénonçant la tragédie de la Révolution culturelle, s’inscrivant à contre-courant du maoïsme en France, cet essai (publié par Champ Libre, l’éditeur de Guy Debord) retentit comme une bombe. Comme l’analyse finement Jérôme Michel, c’est son amour pour la Chine ancienne et actuelle, sa fascination pour une civilisation « autre » vue comme une figure de l’Esprit permettant à l’occidental qu’il est de se décentrer, qui le pousse à révéler ce qu’il perçoit comme l’imposture du Grand Timonier, le plongeon du rêve communiste dans le cauchemar du totalitarisme. Révéler les sombres dessous de la « Grande Révolution culturelle prolétarienne », pourfendre un régime de terreur lui vaut d’être ostracisé, traité comme un paria. Continuer la lecture
Le Top 3 de Laura Delaye
Le Carnet et les Instants revisite l’année littéraire 2021 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. La sélection de Laura Delaye. Continuer la lecture
La farce dérisoire de tout pouvoir…
Simon LEYS, La mort de Napoléon : roman, Postface de Françoise Châtelain, Impressions nouvelles, coll. « Espace Nord », 2021, 160 p., 8,50 €, ISBN : 978–2‑87568–556‑8
La mort de Napoléon est le seul roman écrit par Simon Leys, pseudonyme du grand sinologue et essayiste belge Pierre Ryckmans (Bruxelles, 1935 – Sydney, 2014). Il offre de multiples bonheurs de lecture : un sens éblouissant de la langue française ; une grande maîtrise des termes de marine –la mer étant une des passions de l’écrivain, qui lui consacra une anthologie de référence ; une poéticité inspirée dans ses descriptions de la Nature ; un humour ravageur ; un condensé de procédés littéraires empruntés à la fable, au conte philosophique, à la littérature populaire, dans les deux branches de son développement : le roman historique et le roman d’aventure ; la maîtrise du récit uchronique. Toujours en prenant le contre-pied du genre et en faisant d’Eugène Lenormand/Napoléon un exemple-type du anti-héros. Continuer la lecture
Le Top 3 de Francine Ghysen

La rétrospective de l’année littéraire belge avec le Top 3 des chroniqueurs. Aujourd’hui : le choix de Francine Ghysen.
Lire aussi : la fiche de Francine Ghysen
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Simon Leys ou Pierre Ryckmans ?
Simon LEYS, La Chine, la mer, la littérature, Essais choisis par Jean-Luc Outers et Pierre Piret, Impressions nouvelles, coll. « Espace Nord », 2018, 377 p., 9.50 €, ISBN : 978–2‑87568–250‑5
L’érudition, la subtilité et la vivacité du sinologue Pierre Ryckmans font des textes réédités, préfacés et postfacés par Jean-Luc Outers et Pierre Piret sous le titre La Chine, la mer et la littérature une chance pour quiconque cherche à s’initier à l’immense civilisation chinoise. Ainsi, dès les premières pages, deux traits méconnus nous en sont livrés et surtout expliqués : la « monumentale absence du passé » qui se constate dans le peu de bâtiments anciens subsistants, d’une part, et, de l’autre, la calligraphie en tant qu’« art suprême aux yeux des Chinois ». Les deux correspondent à leur conviction que la pérennité spirituelle appartient à l’écrit transmissible et métamorphosable, jusqu’aux « faux » copiés au fil des siècles, bien plus qu’à la pierre aussi orgueilleuse que soumise aux ruines du temps. La récurrence des pratiques iconoclastes dans l’histoire de la Chine, y compris sous l’action des Gardes rouges dans les années soixante du XXe siècle, en reçoit un éclairage inattendu. De même, approchant « Poésie et peinture », Ryckmans met en exergue « les vertus du vide » qui s’échangent de l’une à l’autre, blanc, silence, non-dit, ellipse du verbe, absence du sujet, et qui répondent à l’idéal du qi (esprit, souffle, énergie…), « concept central de la théorie esthétique » pour manifester la « communion avec l’univers ». Exemple splendide, ces vers de Ma Zhiyuan : Continuer la lecture
Morts et vifs
Coup de coeur du Carnet
Jean-Luc OUTERS, Le dernier jour, avant-propos de JMG Le Clézio, Gallimard, 2017, 152 p., 14,50 €/ePub : 10,99 €, ISBN : 9782072732775
L’écriture et l’art en général ont au moins en commun avec la mort de comporter une part importante de mystère. Se fondant sur la connaissance intime qu’il en avait, complétée par les souvenirs des proches, Jean-Luc Outers a composé six tableaux relatant les derniers jours de six personnalités belges d’exception. Un défi singulier qu’il relève avec brio et finesse, s’inscrivant ainsi dans les traces de Mallarmé et de ses Tombeaux, comme le souligne JMG Le Clézio dans son avant-propos chaleureux. Continuer la lecture
Une épopée-tragédie-farce intrépide
Anatole ATLAS, Amen, 2017, Miroir Sphérique, 232 p., 20 €, ISBN : 9782960293625

Dans le sillage de l’étourdissant Berlue d’Hurluberlu, paraît — ou plutôt surgit ! — le nouveau livre d’Anatole Atlas, alias Jean-Louis Lippert : Amen. Roman d’aventures politico-philosophiques, mêlant poésie et combat, imagination débridée et féroce ironie, envolées lyriques et anathèmes. Continuer la lecture
Philippe Paquet, auteur de la meilleure biographie 2016 selon “Lire”
Fin d’année, moment des bilans : le magazine Lire propose un palmarès annuel des meilleurs livres, dans une vingtaine de catégories qui couvrent la littérature francophone et étrangère, la bande dessinée et le roman, les mémoires, le polar, le livre audio… Un palmarès où figure un Belge : Philippe Paquet. Continuer la lecture
Un Prix pour Philippe Paquet
Simon Leys, navigateur entre les mondes de Philippe Paquet (Gallimard) a reçu le Prix Fondation Martine Aublet. Ce Prix, d’un montant de 20 000 euros, créé en 2012 en collaboration avec le musée du quai Branly-Jacques Chirac, récompense un ouvrage, publié en France, ayant contribué de façon marquante à la connaissance des cultures et des civilisations non-occidentales dans les domaines de l’ethnologie, de l’histoire extra-européenne et de l’histoire de l’art.
Philippe Paquet succède au palmarès à Emmanuelle Loyer, récompensée en 2015 pour son Lévi-Strauss (Flammarion). Continuer la lecture
Un Belge dans la deuxième sélection du Femina

Avec la rentrée littéraire viennent les grands prix d’automne. Les différents jurys ont déjà, pour la plupart, remis leurs premières sélections. C’est notamment le cas des jurés du Prix Femina, qui ont retenu un Belge dans leur deuxième sélection “Essais”. Continuer la lecture
Amélie Nothomb : voyages en littérature
Amélie NOTHOMB, Riquet à la houppe, Albin Michel, 2016, 160 p., 16,90 €/ePub : 11.99 €
Discours de réception d’Amélie Nothomb à l’Académie royale de Belgique. Accueillie par Jacques De Decker, Paris, Albin Michel, 2016, 65 p., 10 €/ePub : 6.99 €
Un nouveau roman d’Amélie Nothomb en ce mois d’août ? D’aucuns haussent déjà les épaules : évidemment, l’auteure n’a pas manqué une rentrée littéraire depuis 1992. Le cru de cette année est une réécriture d’un conte de Perrault ? Rien de bien nouveau non plus : elle nous a déjà fait le coup en 2012 avec Barbe Bleue. C’est sur Riquet à la houppe qu’elle a cette fois jeté son dévolu? Le petit récit précieux semble taillé sur mesure pour la geisha gothique des Lettres belges, lui qui met aux prises les extrêmes de la beauté et de la laideur et célèbre les séductions de la conversation. Alors, circulez, y a rien à voir ? Continuer la lecture


