
Le soupçon ordinaire
Auteur : Alain Berenboom
Maison d’édition : Kennes
Année d’édition : 2026
Nombre de pages : 400
Prix : 21,90 €
Livre numérique : 16,99 €
EAN : 9782931300473
Une dystopie est d’abord une analyse du présent et l’expression d’une inquiétude. Le soupçon ordinaire d’Alain Berenboom est bien une dystopie inquiétante. En 2060, cela fait 30 ans que le judaïsme est interdit. Suite aux troubles que suscite l’existence de l’État d’Israël, y compris en dehors du Moyen Orient, mais aussi parce que cette religion « avait provoqué tant de controverses au cours de son histoire millénaire », l’ONU a décidé de l’interdire. Et la Belgique s’est empressée d’appliquer cette décision. Si toute forme de pratique religieuse est proscrite, les ornements religieux ou culturels ainsi que les souvenirs mémoriels ou familiaux sont encore tolérés. Tout cela encadré par le Code des libertés qui, au nom du principe « trop de liberté tue la liberté », veut empêcher toute forme de discrimination, et donc surveille spécialement les juifs. Le paradoxe de ce principe de régime à tendance totalitaire n’échappe à personne. Continuer la lecture






L’existence des êtres, la vie des phrases sont bitumées, encerclées par les vapeurs post-punk du « no future ». C’est dans le territoire mouvant du peuple des marges que Rachel M. Cholz campe Pipeline, son premier roman. Comme dans son premier récit, No ou le pactole paru à La Lettre volée, la fiction se penche sur les exclus, les broyés, les largués du système néolibéral, sur les tribus de la débrouille qui se livrent à mille et un trafics, tapinent, volent, dealent pour survivre. Comment écrire au cœur des mots qui sentent la folie du monde ? Princes des combines, des zones clandestines, la narratrice, « la timide », et son ami Alix écument la rue Heyvaert, les entrepôts près du canal de Bruxelles, louvoient dans des quartiers de Molenbeek, à la recherche de véhicules à siphonner. Le monde est en ruines mais il reste le gazole, l’élixir noir, pivot d’une économie parallèle depuis qu’Alix a découvert un pipeline qui relie une raffinerie à un entrepôt de stockage. Avec une liberté radicale, dans une langue serpentine, nerveuse, imprévisible, Rachel M. Cholz nous plonge dans un capitalisme à la dérive, impitoyable, paupérisant, braque ses projecteurs sur les êtres de l’ombre talonnés par les flics d’un côté, par les gangs mafieux de l’autre.
Ker a, depuis quelques années, pris l’habitude, à chaque rentrée littéraire, de sortir trois recueils titrés Belgiques. Cette année, Juan d’Oultremont, fait partie des élus et nous livre 10 nouvelles dont 7 sont inédites.


Le récit de Nicole Haelemeersch nous fait découvrir l’Europe en 2120 rebaptisée Europea. Suite aux guerres de l’eau provoquées par le réchauffement climatique, la répartition des populations a été redistribuée et le territoire est désormais sous la dictature totalitaire d’Igor Pouchkinov. Les Européaniens vivent dorénavant avec une puce implantée dans le cou qui peut les géolocaliser à tout moment et possèdent tous un écran dans leur salle de séjour permettant une surveillance constante de la Poko, la police secrète des Seigneurs. Par ailleurs, les citoyens d’Europea portent une brodi, une montre bracelet ordinateur, qui leur sert à communiquer entre eux et ils se nourrissent avec des gélules ou de l’alimentation imprimée en 3D, faute de ressources alimentaires suffisantes. Le décor est planté.
Dans Décomposition, Clarisse Derruine nous donne à lire une dystopie qui se déroule dans une ville fictive et s’étend sur plus d’une dizaine d’années. Le monde tel que nous le connaissons est atteint par un mal singulier : une colonie de champignons envahit le pays et s’infiltre partout dans les lieux publics, mais aussi les foyers. 
Dans ce récit d’anticipation, Xavier Deutsch nous projette en décembre 2087 dans les Asturies. Émile Poil, un vieil homme de 86 ans, dont le métier consiste à conduire des personnes, communiquer des messages et allumer des feux, est chargé cette fois-ci d’emmener un jeune garçon de 12 ans, Antonin, auprès de Cisco, à 40 kilomètres dans les montagnes. Des raisons de ce voyage, nous ne savons rien et un brin de mystère planera tout au long du récit.