Archives par étiquette : architecture

Upstairs, Downstairs 

Marc MEGANCK, Van Kroetsch 5 : La fille du rooftop 58, Lamiroy, 2025, 224 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39081–015‑5

meganck la fille du rooftop 58Marc Meganck a étudié l’histoire et la ges­tion cul­turelle. Une trentaine de livres après ses débuts ès let­tres, la cinquième aven­ture de son détec­tive brux­el­lois Van Kroetsch (ce nom !), La fille du rooftop 58, ne se lim­it­era pas aux péripéties du genre polici­er mais les arcboutera sub­tile­ment con­tre des infor­ma­tions et des réflex­ions sur le devenir des décors et des êtres. Con­tin­uer la lec­ture

Le récit forme la mémoire et les lieux

Claire GATINEAU, Debout sur le toit, La place, 2025, 128 p., 16 €, ISBN : 978–2‑9602918–5‑8

gatineau debout sur le toitDebout sur le toit invite à penser que notre rap­port aux lieux s’établit dès notre enfance. Petite, la nar­ra­trice – « la femme », dans le réc­it – habitait dans une demeure « pleine de maisons minia­tures », par­ents archi­tectes oblig­ent. Elle et son père « ouvraient les portes des maisons vides et se glis­saient entre leurs murs pour les mesur­er ». En elle, cette curiosité s’est établie. Un corps peut être appelé par un espace. Un jour, la « mai­son minus­cule tout en hau­teur » d’un quarti­er très médi­atisé de Brux­elles se noue au ven­tre de la femme. Après avoir ren­du toutes les clés des théâtres, elle fait l’acquisition d’une nou­velle. Avec ce manuel hybride foi­son­nant, Claire Gatineau déplie les étapes d’appropriation d’un lieu, innervé par les réc­its du corps qui l’investit. Con­tin­uer la lec­ture

Plaidoyer pour une architecture vivante

Un coup de cœur du Car­net

Vir­gil DECLERCQ, Héritage, Bozon2x, 2025, 226 p., 21 €, ISBN : 978–2‑931067–27‑7

declercq héritageLivre de com­bats, de cœur, irrigué par l’amour du pat­ri­moine archi­tec­tur­al, la qual­ité de vie des citoyens, Héritage se présente comme un man­i­feste mar­qué par l’urgence face à la débâ­cle urban­is­tique, envi­ron­nemen­tale qui rav­age nos lieux de vie. Fon­da­teur de l’association Com­mu­nauté His­to­ria qui défend les édi­fices en péril, les joy­aux men­acés de démo­li­tion, Vir­gil Decler­cq nous délivre un essai qu’on aimerait dis­tribuer aux poli­tiques, aux ges­tion­naires de l’urbanisme, aux pro­mo­teurs immo­biliers, aux fonc­tion­naires européens afin de les dessiller. Con­tin­uer la lec­ture

Louis Bosny, un acteur de l’architecture sociale dans l’après-guerre

Jean-Michel DEGRAEVE, Une sobriété créa­tive. Louis Bosny archi­tecte 1924–1983, Post­face de Georges-Éric Lan­tair, Fourre-Tout, 2024, 290 p., 35 €, ISBN : 978–2‑930525–26‑6
Carme­lo VIRONE, Louis Bosny (1924–1983) et le loge­ment social, un mod­èle pour aujourd’hui, Fourre-Tout, 2024, 48 p., 4 €, ISBN : 978–2‑930525–27‑3

degraeve une sobriete créativeDurant les années 1920–1930, la région lié­geoise ne con­nait pas ou peu le grand vent de moder­nité cul­turelle et artis­tique qui pénètre les cer­cles de Brux­elles, Anvers ou Gand, dans le sil­lage, à la même époque, des pays lim­itro­phes et de leurs cap­i­tales. On cite tou­jours la revue Antholo­gie (1920–1940) créée par le poète et écrivain Georges Linze (1900–1993), co-fon­da­teur du Groupe d’Art Mod­erne de Liège, fer­vent défenseur des tech­niques nou­velles, de la vitesse et d’une forme par­ti­c­ulière de futur­isme, qui séduisit quelques artistes lié­geois. Con­tin­uer la lec­ture

Fictions spéculatives

AE (Pauline Lefeb­vre, Elsa Mau­ry, Nico­las Prig­not), Dans leurs pas. Réal­ités fab­ulées de 2061, Post­face par le Forum Vies Mobiles et Valérie Pihet, Cam­bourakis, 2024, 192 p., 19 €, ISBN : 9782366249149

ae coop dans leurs pasIssues d’un jeu nar­ratif conçu par le col­lec­tif trans­dis­ci­plinaire AE — un jeu pro­posé à des jeunes, inspiré par les travaux de Bruno Latour, mais aus­si de Don­na Har­away, Starhawk —, les neuf nou­velles com­posant Dans leurs pas. Réal­ités fab­ulées de 2061 exposent des scé­nar­ios d’anticipation qui ont pour cadre dif­férents quartiers de Bruxl. La per­spec­tive futur­ologique adop­tée se con­cen­tre autour d’une vision qui rad­i­calise les enjeux socié­taux, écologiques, énergé­tiques actuels. Les impass­es, les crises sys­témiques qui sec­ouent la planète se retrou­vent ampli­fiées : les ques­tions du manque d’eau, de l’accès à la nour­ri­t­ure, du dérè­gle­ment cli­ma­tique, de la raré­fac­tion des ressources naturelles, les oppo­si­tions entre les mil­i­tants d’une écolo­gie pro­fonde et les bénis oui-oui de la pan­tech­nolo­gie se don­nent à lire sous la forme de cli­vages soci­aux, économiques, poli­tiques qui divisent les quartiers de la ville de Bruxl. Con­tin­uer la lec­ture

Espace urbain et innovations technologiques

Tyler REIGELUTH, L’intelligence des villes. Cri­tique d’une trans­parence sans fin, Météores, 2023, 144 p., 16 €, ISBN : 2960288726

reigeluth l'intelligence des villesDoc­teur en philoso­phie, maître de con­férences à l’Université catholique de Lille, Tyler Reige­luth ques­tionne les pro­jets de « villes intel­li­gentes », de « smart cities » qu’on nous impose de manière écras­ante à tra­vers le monde depuis les années 2000. Pub­lié aux Édi­tions Météores dont on soulign­era la force de la ligne édi­to­ri­ale, L’intelligence des villes. Cri­tique d’une trans­parence sans fin sonde les enjeux explicites et cachés, les fan­tasmes, la vision de l’urbanisation et du vivre ensem­ble que mobilise le « solu­tion­nisme tech­nologique » (Evge­ny Moro­zov), la ges­tion tech­nologique de l’espace urbain. Que recou­vre le mot d’ordre actuel d’une intel­li­gence arti­fi­cielle cen­sée  « sauver » les villes des impass­es écologiques, sociales qu’elles génèrent ?   Con­tin­uer la lec­ture

La maison de Maurice Carême classée

maison maurice careme

La Mai­son de Mau­rice Carême — © Fon­da­tion Mau­rice Carême

Le gou­verne­ment brux­el­lois vient de class­er la mai­son de Mau­rice Carême à Ander­lecht ain­si que son jardin comme mon­u­ment. Elle abrite un musée dédié au poète. Con­tin­uer la lec­ture

Un architecte oublié 

Françoise LEVIE, L’architecte fan­tôme. À la recherche d’Octave Van Rys­sel­berghe, Impres­sions nou­velles, 2023, 328 p., 29,50 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 9782390700821

levie l'architecte fantomeRéal­isatrice de doc­u­men­taires, biographe, Françoise Levie con­stru­it une œuvre à la croisée de l’enquête et de l’imaginaire, de la veine biographique et du réc­it qui donne voix à des fig­ures cap­tives de l’ombre. Non pas des incon­nus, des météores que la capricieuse déesse Postérité a con­damnés à l’oubli, mais des créa­teurs qui, ayant par­fois œuvré à l’effacement de leur nom, végè­tent dans une région de clair-obscur. Après ses livres sur Éti­enne-Gas­pard Robert­son (Étienne-Gas­pard Robert­son, la vie d’un fan­tas­magore), sur l’utopiste Paul Otlet (L’homme qui voulait class­er le mondePaul Otlet et le Mun­da­neum), ses films sur la pein­tre Anna Boch (Anna et Vin­cent), sur le nation­al­iste con­go­lais Pan­da Far­nana, la pein­tre Éve­lyne Axell, le pein­tre Alfred Stevens, Françoise Levie nous livre une mono­gra­phie inspirée d’un archi­tec­ture-clé de l’Art nou­veau, Octave Van Rys­sel­berghe. Con­tin­uer la lec­ture

Désormais sans Paul

Nadine EGHELS, Avec Paul, Arléa, coll. « La ren­con­tre », 2023, 185 p., 19 €, ISBN : 9782363083289

eghels avec paul

« Sept heures du matin donc. Le 10 octo­bre. Le jour se lève. Le réveil sonne. Le réveil sonne. Le réveil sonne. Et Paul ne l’éteint pas. Le réveil sonne. Je mau­grée. Pourquoi ne l’éteint-il pas ? » Ce jour défini­tif d’automne de 2018, dans leur lit plus petit que la moyenne pour « sen­tir l’autre, dans la pro­fondeur des limbes », Nadine Eghels ouvre les paupières sur un monde dif­férent, celui où son amour n’est plus. Le som­meil l’a englouti. 17, Samu, hôpi­tal, répar­er les vivants et laiss­er par­tir les morts ; telle est la fin de sa vie avec Paul Andreu et le début de son réc­it Avec Paul. Con­tin­uer la lec­ture

Des lieux et des habitants

Pierre BLONDEL, Ander­lecht-Molen­beek, L’un et l’autre suivi de Sur la route de Lennik, Pré­face de François Chaslin, Fourre-tout, coll. « Fonds de tiroirs », 2022, 150 p., 18 €, ISBN : 9782930525259

blondel anderlecht molenbeekArchi­tecte, ayant à son act­if de nom­breux loge­ments soci­aux à Brux­elles, enseignant à l’École d’Architecture de La Cam­bre, Pierre Blondel agence deux nou­velles qui, réu­nies sous le titre Ander­lecht-Molen­beek, inter­ro­gent son méti­er, les intri­ca­tions sociales qui nouent archi­tec­ture, urban­isme, poli­tique, économie, ges­tion de l’espace et poésie urbaine. Artic­ulées autour de deux pro­jets immo­biliers réal­isés par l’auteur et ses col­lab­o­ra­teurs dans ces deux com­munes de Brux­elles (la mai­son com­mu­nale à Molen­beek, le com­plexe de loge­ments, de crèche, de restau­rant social à Ander­lecht), les nou­velles L’un et l’autre et Sur la route de Lennik inter­ro­gent l’imaginaire des lieux, l’évolution des paysages, des styles, des pop­u­la­tions à tra­vers le temps, l’arc-de-cercle qui relie l’architecture au passé, au présent et la donne vision­naire qui la pro­jette dans l’avenir. Au tra­vers de per­son­nages que tout oppose — habi­tants des quartiers, acteurs des pro­jets de con­struc­tion, pou­voirs publics, spécu­la­teurs immo­biliers, comités de quarti­er…. —, Pierre Blondel retrace des tra­jec­toires humaines et des tra­jec­toires de pier­res, des drames soci­aux et les nou­veaux vis­ages que prend l’urbanisme. Des nou­veaux vis­ages archi­tec­turaux tan­tôt accueil­lis avec con­fi­ance, tan­tôt boudés par les habi­tants. Con­tin­uer la lec­ture

Splendeur et fragilité de la marge

Véronique BERGEN, Marolles. La cour des chats, CFC, coll. « La ville écrite », 2022, 178 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87572–054‑2

bergen marollesAlbums pour la jeunesse, livres d’art ou d’histoire : le cat­a­logue des édi­tions CFC regorge de vol­umes somptueux, riche­ment illus­trés. Sous sa mise plus mod­este, l’élé­gante sobriété de Marolles. La cour des chats con­firme le souci de la mai­son pour l’objet-livre. De sobriété, il n’est pour­tant guère ques­tion dans le pro­pos de Véronique Bergen. Les Marolles sont en effet pour elle surtout bigar­rure, diver­sité de pop­u­la­tion…, bref : “bifur­ca­tions ” et « fan­taisie ». 

Un tel objet échappe for­cé­ment à toute ten­ta­tive de le cir­con­venir, et l’essayiste priv­ilégie une approche par éclairages suc­ces­sifs. D’un chapitre à l’autre, elle évoque tour à tour le brus­se­leer, la zwanze, la toponymie, l’urbanisation, les artistes et habi­tants nota­bles, l’hospitalité, la sol­i­dar­ité, les chats… Con­tin­uer la lec­ture

La fièvre révolutionnaire

Philippe BRANDES,En ce qui con­cerne Alexan­dre, Accro, 2022, 361 p., 22 €, ISBN : 9782931137048

brandes en ce qui concerne alexandreAlexan­dre More­au est un jeune homme qui désire effectuer des études d’architecture à l’académie de l’Ouvroir. Mal­gré la dés­ap­pro­ba­tion de son père, inqui­et de la répu­ta­tion lib­er­taire de l’école, le héros se lance à cœur per­du dans son cur­sus, porté par des pro­fesseurs pas­sion­nants et les man­i­fes­ta­tions estu­di­antines de gauche qui ont ponc­tué les années 1970 à Brux­elles.

Alexan­dre est un pas­sion­né : il met en place des pro­jets avant-gardistes et provo­ca­teurs afin de lut­ter con­tre l’urbanisation inquié­tante de la cap­i­tale dic­tée par les intérêts poli­tiques et financiers. Il entre dans la vie active en devenant assis­tant à l’académie et en s’installant avec sa copine Véronique, mais il prend rapi­de­ment con­science de son malaise dans une vie rangée : l’amour libre mar­quera désor­mais sa vie affec­tive, au point que le compte de ses con­quêtes devient dif­fi­cile. Con­tin­uer la lec­ture

Schuiten et Peeters : lettre à Bruxelles, la survivante

Un coup de cœur du Car­net

François SCHUITEN, Benoît PEETERS, Brux­elles. Un rêve cap­i­tal, Cast­er­man, 2021, 128 p., 29 €, ISBN : 978–2‑203–22977‑8

schuiten peeters bruxelles un reve capitalQuand l’hommage à une ville jail­lit de l’imaginaire, de la sen­si­bil­ité d’un duo de créa­teurs ayant mar­qué le neu­vième art de leur empreinte, l’enchantement est au ren­dez-vous. Dans le somptueux ouvrage Brux­elles. Un rêve cap­i­tal, François Schuiten et Benoît Peeters opèrent un glis­san­do de Brüsel des Cités obscures à la cap­i­tale Brux­elles approchée sous la forme d’une balade archi­tec­turale, his­torique et onirique. Au fil d’une prom­e­nade résol­u­ment sub­jec­tive, les auteurs nous entraî­nent dans un réc­it con­stru­it sur des por­traits de lieux (la Grand-Place, le Palais de Jus­tice, la Porte de Hal, le Palais Sto­clet, le Musée Wiertz, la Mai­son Autrique…), de per­son­nages (les archi­tectes Joseph Poe­laert, Vic­tor Hor­ta, Hen­ry Van de Velde, l’archiviste Paul Otlet et son Mun­da­neum…) et d’événements (ponctuels et irréversibles : le voûte­ment de la Senne, la Jonc­tion Nord-Midi, choix de Brux­elles comme cap­i­tale de l’Europe…). Con­tin­uer la lec­ture

Urbicande. Le cube ne meurt jamais

Un coup de cœur du Car­net

François SCHUITEN, Benoît PEETERS, Jack DURIEUX, La fièvre d’Urbicande, Cast­er­man, 2020, 106 p., 24 € / ePub : 15.99 €, ISBN : 9782203202924

schuiten peeters durieux la fievre d'urbicandeAprès une exis­tence en noir et blanc, La fièvre d’Urbicande, le deux­ième album des mythiques Cités obscures de François Schuiten et Benoît Peeters, couron­né par le Prix du Meilleur album d’Angoulême en 1985, con­naît une nou­velle vie. Une résur­rec­tion-recréa­tion placée sous le signe de la couleur sou­veraine­ment déployée par Jack Durieux. Après Les murailles de Samaris, un pre­mier album en couleur qui révo­lu­tion­na le lan­gage de la bande dess­inée, La fièvre d’Urbicande est sor­ti en noir et blanc alors qu’initialement il avait été conçu pour la couleur et qu’un tiers des planch­es de l’album ont été col­orisées. Dès l’origine, la logique du mys­térieux Réseau qui colonise Urbican­de appelait la fièvre de la couleur. Con­tin­uer la lec­ture

La biographie de la Maison du Peuple

Un coup de cœur du Carnet

Nicole MALINCONI, De fer et de verre. La Mai­son du Peu­ple de Vic­tor Hor­ta, Impres­sions nou­velles, 2017, 177 p., 16 €/ ePub : 9.99€, ISBN : 978–2‑87449–543‑4

malinconi de fer et de verrePour les Brux­el­lois branchés du vingt-et-unième siè­cle, la Mai­son du Peu­ple est un bar ouvert sur le Parvis Saint Gilles ; pour les aînés, un édi­fice du quarti­er de La Chapelle qu’ils ont peut-être fréquen­té, une Mai­son rouge ; pour les ama­teurs et les férus d’architecture, un bâti­ment pub­lic, chef‑d’œuvre de l’Art nou­veau, né du tal­ent Vic­tor Hor­ta à la demande du Par­ti Ouvri­er Belge à la fin du dix-neu­vième siè­cle et l’exemple type de la bru­tal­ité des spécu­la­tions immo­bil­ières, de la mémoire défail­lante des hommes et de l’inconséquente brux­el­li­sa­tion. Pour beau­coup, elle n’est pas même un sou­venir. Con­tin­uer la lec­ture

Lucien François, un architecte bruxellois au pays du Guépard

Coup de coeur du Carnet

Let­tres de Sicile. Un archi­tecte belge à Palerme, 1919–1921, enquête et réc­it d’Alice VERLAINE-CORBION, AAM Édi­tions, 2017, 228 p., 24 €, ISBN : 978–2871433248

verlaine corbion« Si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change. » Cette phrase tirée du Gué­pard, le film que Luchi­no Vis­con­ti réal­isa en 1963 d’après le roman de Giuseppe Tomasi di Lampe­dusa, con­viendrait bien en sous-titre à l’étonnante aven­ture vécue en Sicile par un jeune archi­tecte brux­el­lois, Lucien François, au tour­nant des années 1920.

Certes, l’époque n’est plus celle des révo­lu­tion­naires de Garibal­di, mais l’île que décou­vrent Lucien François (1894–1983) et son épouse Lia Hey­lighen (1886–1970), con­naît à nou­veau des soubre­sauts, préludes à de grands change­ments. Le cou­ple, qui séjourne à Palerme d’août 1919 à sep­tem­bre 1921, n’est pas en Sicile à l’occasion d’un « Grand Tour » artis­tique de l’Italie, ce qui aurait pour­tant beau­coup plu à l’artiste pein­tre qu’était Lia, et au dessi­na­teur, archi­tecte auto­di­dacte, qu’est le jeune Lucien François. Il a 25 ans, elle est de huit ans son aînée. Il vient de sign­er un con­trat avec la Société belge des Tramways de Palerme, comme archi­tecte et chef des con­struc­tions immo­bil­ières, pour un pro­jet d’une enver­gure colos­sale : dévelop­per un réseau de lignes de tramways entre Palerme et sa périphérie. Et en même temps, assur­er la con­struc­tion d’une cité bal­néaire haut-de-gamme dans la baie de Mon­del­lo, à douze kilo­mètres de là : Grand Hôtel, kur­saal, étab­lisse­ment de bains, ter­rain de golf, et des dizaines de vil­las indi­vidu­elles… Con­tin­uer la lec­ture