Archives par étiquette : Verticales

Les « Indiens » d’Amérique : entretien avec Hubert Antoine

Aztèques, Hui­chols, Mayas, Iro­quois, Incas, Apach­es, Quechuas, Sioux, Triquis, Nava­jos, Potawatomis… : les Autochtones d’Amérique inspirent auteurs et autri­ces, en Bel­gique et ailleurs. Entre aven­tures de con­quis­ta­dors et réc­its de ren­con­tres dans le monde d’aujourd’hui, ils font sou­vent fig­ure d’altérité rad­i­cale.

Très présents dans la lit­téra­ture belge, les per­son­nages d’Autochtones d’Amérique soulèvent des ques­tions liées à l’identité et à la coloni­sa­tion. Le sujet valait bien un dossier du Car­net et les Instants.

Ini­tié avec l’article « Les ‘Indi­ens’ d’Amérique : de la con­quête au musée » paru dans Le Car­net et les Instants n° 227 (avril 2026), il se pour­suit sur ce blog avec trois entre­tiens, autour d’œuvres qui met­tent en scène des Amérin­di­ens. Con­tin­uer la lec­ture

Verbe, obstétrique et kintsugi

Sophie WEVERBERGH, Pré­cip­i­ta­tions, Ver­ti­cales, 2022, 272 p., 20 €, ISBN : 9782072950094

weverbergh precipitationsLa lit­téra­ture est un champ de bataille, un com­bat. Mené con­tre soi ou con­tre les autres. Dans Pré­cip­i­ta­tions, pre­mier roman de Sophie Wever­bergh, le réc­it s’apparente à un ring sur lequel danse une nar­ra­trice nom­mée Pétra. Ou plutôt, con­forme à l’étymologie de son prénom, Pétra est une pierre, un petit cail­lou qui coule. En treize chapitres ancrés dans une esthé­tique de la dis­tance et de l’humour, Pétra, 37 ans, enceinte, mère d’un jeune garçon, belle-mère de deux autres enfants, nous délivre des mono­logues coulés dans une intro­spec­tion météorologique. Une aus­cul­ta­tion des pré­cip­i­ta­tions men­tales qui la frap­pent alors qu’elle est gra­vide. Un frag­ment de Poésie ver­ti­cale de Rober­to Juar­roz se tient aux avant-postes de ce réc­it qui décrit les cer­cles con­cen­triques de ce qu’on peut appel­er dérives intérieures ou psy­chose péri­na­tale dans notre société con­tem­po­raine qui psy­chi­a­trise à tour de bras pour mieux con­trôler, enfer­mer, anni­hiler ceux et celles qui ne jouent pas le jeu de la grande machine sociale. Con­tin­uer la lec­ture

La Morte tellement Vivante

Un coup de cœur du Car­net

Hubert ANTOINE, Les formes d’un soupir, Ver­ti­cales, 2021, 272 p., 19,50 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 9782072932250

antoine les formes dun soupirMelitza, Mex­i­caine gorgée de jeunesse et assoif­fée d’amour, danse et cadence ses pas­sions, ses révoltes, ses pul­sions. Melitza veut, tance, réclame la vie… qui la malmène et la quitte pour­tant. Ce fruit juteux aux promess­es suaves et acidulées se voit transper­cé d’une balle bru­tale, en pleine pous­sière d’une rue de San­ta Lucía, sous les rayons d’un soleil tardif et les yeux incré­d­ules de son père. Evo, son pro­tecteur hui­chol aux iris saphir, ramasse alors son enveloppe meur­trie et s’enfuit avec elle. Cette course impérieuse paraît de prime abord étrange, mais « son rap­port au monde est tout à fait par­ti­c­uli­er. Tou­jours en accord avec la nature, avec les saisons, avec l’équilibre, avec l’instant. Il ne fait rien qui ne soit par­faite­ment juste. Cha­cun de ses gestes est en grâce, en logique et en har­monie avec ce qui l’entoure. C’est l’être le plus mag­nifique qui soit ». Et le mys­tère se dis­sout en effet, dans les eaux vertes d’un étang, lorsque l’Indigène s’emplit du dernier souf­fle de sa soupi­rante, aspirée dans un mou­ve­ment aus­si ferme que ten­dre par la Mort et le chaman. C’est de cette curieuse façon que débute Les formes d’un soupir, con­tin­u­a­tion de Danse de la vie brève qui con­stitue toute­fois une œuvre sin­gulière et com­plète en soi. Con­tin­uer la lec­ture