
Un irrésistible penchant
Auteur : Hubert Antoine
Maison d’édition : Grasset
Année d’édition : 2026
Nombre de pages : 176
Prix : 17 €
Livre numérique : 11,99 €
ISBN : 9782246843993
Souchon le chantait déjà : « Rétines et pupilles / Les garçons ont les yeux qui brillent / Pour un jeu de dupes / Voir sous les jupes des filles. » Dans Un irrésistible penchant, Kitano Bam l’apprend à son corps pas vraiment défendant pendant une soirée engourdie de bière trappiste et de notes de Tom Waits. Le sous-vêtement de la bascule est une simple culotte blanche appartenant à l’étudiante Caramelone : « Au loin, le mirage immaculé qui enserre son sexe est l’incarnation des promesses. » Kitano, à l’orée de ses jambes repliées, se sent gonflé de verve : « Il se passe des choses, Enea. Des choses que tu n’entendras qu’une seule fois dans ta vie. Des choses qui n’existent pas mais que je vois pourtant sur l’écran de ta culotte. Ce triangle tendu est un cinéma qui apprend à parler au muet. Laisse-moi dire les dernières paroles d’un condamné au désir… » Le hic, c’est que l’Italienne aux « dents nacrées, étincelantes, [qui] roulent entre ses lèvres charnues » ne partage pas avec lui que les bancs de cours : « c’est l’amoureuse de [s]on meilleur ami, Max-Igor, [s]on alter ego, [s]on cosaque, [s]on frère ». Triangle amoureux dont seuls les traits d’un peintre virtuose pourraient arrondir les angles… Continuer la lecture



Est-ce un fait propre à notre paysage belge francophone ? Des auteurs, pleinement reconnus comme poètes, sont nombreux à évoluer avec succès dans le monde du roman, que l’on songe à Lisette Lombé ou à Antoine Wauters pour ne citer qu’eux. Tel fut le cas aussi en 2016 d’Hubert Antoine, 
Melitza, Mexicaine gorgée de jeunesse et assoiffée d’amour, danse et cadence ses passions, ses révoltes, ses pulsions. Melitza veut, tance, réclame la vie… qui la malmène et la quitte pourtant. Ce fruit juteux aux promesses suaves et acidulées se voit transpercé d’une balle brutale, en pleine poussière d’une rue de Santa Lucía, sous les rayons d’un soleil tardif et les yeux incrédules de son père. Evo, son protecteur huichol aux iris saphir, ramasse alors son enveloppe meurtrie et s’enfuit avec elle. Cette course impérieuse paraît de prime abord étrange, mais « son rapport au monde est tout à fait particulier. Toujours en accord avec la nature, avec les saisons, avec l’équilibre, avec l’instant. Il ne fait rien qui ne soit parfaitement juste. Chacun de ses gestes est en grâce, en logique et en harmonie avec ce qui l’entoure. C’est l’être le plus magnifique qui soit ». Et le mystère se dissout en effet, dans les eaux vertes d’un étang, lorsque l’Indigène s’emplit du dernier souffle de sa soupirante, aspirée dans un mouvement aussi ferme que tendre par la Mort et le chaman. C’est de cette curieuse façon que débute Les formes d’un soupir, continuation de 

A propos de son dernier recueil publié aux Editions La Lettre volée Pourquoi je ne suis pas devenu poète, le poète namurois Hubert Antoine nous donnait à entendre qu’il délaisserait pour un temps la poésie pour le roman. C’est maintenant chose faite. Et voici donc ce qu’il est convenu d’appeler le premier roman d’un poète, gageure s’il en est, sous la forme du journal intime de Melitza dont on sait d’emblée qu’elle mourra…