Alex LORETTE, Sauvages, Émile & Cie, 2025, 96 p., 13 €, ISBN : 978–2‑8071–0459‑4
Deux étranges personnages, A et B, ouvrent le récit et placent l’action : c’est jour de marché dans un petit village belge et Christian, le bourgmestre, vient serrer des mains en vue des prochaines élections. En parfaites narratrices, A et B commentent tout ce qui se passe. C’est qu’il a mauvaise mine le Christian ! Problème de budget. Que faire alors pour relancer la région ? La réponse se trouve dans sa boite mails : sa commune se situe sur le tracé d’un nouveau réseau de pipelines. S’il participe, l’entreprise Pipelines Highway lui promet de bénéficier de revenus de concession de vingt-cinq ans minimum, de développer les collectivités locales et d’y créer des entreprises liées au pétrochimique. Christian y voit du potentiel : nouveaux habitants, création d’emplois, retombées économiques… Ni une ni deux, il appelle les bourgmestres des communes alentour pour créer une intercommunale. Il se sent pousser des ailes. Continuer la lecture

Il est au pouvoir de certains livres de faire souffler un vent de liberté tant sur la société que sur la bibliothèque du monde. Livre-action, livre zadiste, Ni prison, ni béton décoche une salve de résistance qui, espérons-le, mettra le feu à tout ce qui nous entrave. Dispositif de textes, d’archives, de plans, cet ouvrage retrace les étapes d’une lutte toujours en cours contre le projet de méga-prison à Haren. Le sous-titre indique la teneur de l’enjeu : en s’opposant à ce projet, la mobilisation du collectif Vrije Keelbeek Libre entend récuser le monde qu’il incarne. Au-delà du combat contre l’implantation d’un gigantesque ensemble pénitentiaire sur un terrain en friche de 18 hectares à Haren, Ni prison, ni béton est solidaire de toutes les initiatives citoyennes qui refusent la bétonisation des forêts, des corps et des consciences. Qui bitume la nature, les champs, les bois travaille à goudronner les esprits.