Les éditions Diagonale, c’est fini

C’est une nou­velle mau­vaise nou­velle dans le paysage édi­to­r­i­al de la Bel­gique fran­coph­o­ne : dix ans après leur lance­ment, les édi­tions Diag­o­nale annon­cent la fin de leurs activ­ités.

Une ligne éditoriale singulière

desamory la vie en villeLa mai­son s’é­tait ini­tiale­ment bâtie sur un pro­jet pré­cis et exigeant : pub­li­er des pre­miers romans fran­coph­o­nes. Ont ain­si inté­gré le cat­a­logue, entre autres, La vie en ville de Damien Desamory, Quand les ânes de la colline sont devenus bar­bus de John Hen­ry, ou encore Le mod­èle de Manuel Capou­et.

david les motifs de laurent mauvignier

Ensuite, les édi­tions Diag­o­nale ont élar­gi leur champ d’ac­tion. Elles ont inté­gré des auteurs ayant déjà d’autres pub­li­ca­tions à leur act­if (Daniel Charlez d’Autreppe, par exem­ple), puis des entre­tiens sur la créa­tion lit­téraire avec Jérôme Fer­rari, Lau­rent Mau­vi­g­nier et Patrick Dev­ille. Pour ces derniers, Diag­o­nale avait ini­tié des coédi­tions avec Actes Sud et le Seuil. Plus récem­ment, la mai­son s’é­tait aus­si ouverte aux romans étrangers avec la tra­duc­tion et la paru­tion de deux best-sell­ers, L’af­faire Magritte, un polar de Toni Cop­pers, et Sus­pendue de Car­olyn Jour­dan.

Les raisons de la fin

Mal­gré cela, la petite équipe aux com­man­des de la mai­son — Pas­ca­line David, Ann-Gaëlle Dumont et Michèle de Bel­laing — a décidé d’ar­rêter l’aven­ture. Les raisons sont avant tout économiques. Les éditri­ces évo­quent des sub­ven­tions insuff­isantes des pou­voirs publics, alors le mod­èle économique du livre est en lui-même pré­caire : les librairies ne procè­dent pas à des achats fer­mes, mais on tou­jours la pos­si­bil­ité de retours. Si bien qu’il est dif­fi­cile, pour une mai­son d’édi­tion, de se lancer dans des investisse­ments. Les éditri­ces de Diag­o­nale sont ain­si restées bénév­oles tout au long du par­cours.

Lire aus­si : Anniver­saires, bilans et pro­jets : jalons pour cinq foy­ers de résis­tance lit­téraire (Le Car­net et les Instants n°186, 2015)