La rentrée d’automne est toujours un temps fort de l’année éditoriale. Certes, les maisons d’édition belges sont moins concernées par les « grands prix d’automne » — lesquels ne visent que les romans – que leurs consœurs hexagonales. Pour les éditeurs de Wallonie et de Bruxelles, l’événement majeur de l’année reste la Foire du livre de Bruxelles, et l’effervescence éditoriale est grande lors de la rentrée d’hiver. D’aout à décembre, les auteurs et autrices belges seront néanmoins nombreux à « faire leur rentrée », qu’ils soient publiés en Belgique ou en France. Tour d’horizon du programme éditorial d’automne, qui misera surtout sur les auteurs et autrices reconnus, malgré quelques découvertes. Continuer la lecture
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Constance Chlore avec Nougé
Constance CHLORE avec Paul NOUGÉ, Il faut penser à travers tout. À petits pas autour de Nougé et par fragments, Maelström reEvolution, coll. « Bookleg », 2022, 3 €, ISBN : 978–2‑87505–424‑1
En 1927, Paul Nougé écrit le texte La messagère, repris dans les Œuvres complètes de Nougé publiées aux éditions Allia en 2017, avec le célèbre texte Les objets bouleversants. Moins de cent ans plus tard, en 2022, Constance Chlore et les éditions Maelström nous donnent à relire des extraits de l’œuvre nougéenne au travers de ce petit bookleg, Il faut penser à travers tout. Le titre est un vers de Nougé, réactualisé par Constance Chlore dans le « poème-documentaire » qui précède les deux textes de l’écrivain. Deux sections composent donc ce bookleg pour le moins étonnant. La première section, intitulée « À petits pas autour de Nougé et par fragments », est le poème-documentaire de Constance Chlore. La seconde, donne à lire les textes susmentionnés de Paul Nougé. Continuer la lecture
Un tonnerre textuel
Constance CHLORE, Le mot Orage, Herbe qui tremble, 2022, 86 p., 16 €, ISBN : 978–2‑491462–34‑5
« UN JOUR LE MOT ORAGE S’EST DÉCHAÎNÉ »
Dans la continuité de son recueil L’air respirait comme un animal, dans lequel la fourrure de l’air enveloppait la plus exacte animalité, Constance Chlore poursuit dans Le mot Orage, à l’instar des nuages, le « dépliement d’ailes » de sa langue en louvoyant encore entre logos et phoné. Dans ce « livre-poèmes », l’infini(tésimal) tutoie le vertige et donne corps au « je » : « Ce qui s’ouvre : les champs de ma vie présente ». C’est le vivant qui est célébré, zébré d’éclairs. Continuer la lecture
Une langue à avoir les poils
Un coup de cœur du Carnet
Constance CHLORE, L’air respirait comme un animal, Unicité, coll. « Le vrai lieu », 2022, 18 p., 12 €, ISBN : 978–2‑37355–635‑3
Ceux qui ont été mis à nu
charment les flammes
nées des vases brisés.
Spéléologie du charnel et du désir, émergence de la glaise de l’intimité où les corps s’ébrouent, ce recueil de Constance Chlore saisit comme autant de signes les traces immémoriales de l’animalité la plus archaïque et les transfigure en sons, en phonèmes, en poèmes. Au verbe, la poétesse lui insuffle, dans L’air respirait comme un animal, un rythme élémentaire, naturel et sensuel au départ de la thématique de l’animalité, à laquelle se joint celle de la « lutte entre le corps et l’esprit ». Continuer la lecture
Le cri muet des bêtes traquées
Constance CHLORE, Alpha Bêta Sarah, Nouvel Attila, 2020, 209 p., 17 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑37100–093‑3
Constance Chlore nous donne à lire une systémique familiale complexe où chaque membre est au bord de l’explosion. La mère, Maud, est animée par une soif inextinguible de séduire les hommes et fait jaser les habitants du village de Cahuns. Quant au père, Dan, c’est un chasseur de lièvres qui prend du plaisir à tuer et dépecer les bêtes et qui cogne ses enfants, Sarah et Ernst, quand les mots lui manquent. Continuer la lecture