Florian PÂQUE, Fourmi(s), Lansman, 2023, 52 p., 11 €, ISBN : 9782807103870
Après Étienne A, Sisyphes, Florian Pâque poursuit son travail de dramaturge et d’homme de théâtre (mise en scène, jeu) en proposant cette fois une sorte de prolongement, ou plutôt d’écho, aux deux précédentes pièces à propos des conditions de travail de l’époque de l’ubérisation.
Après un travail documentaire, des interviews de travailleuses et de travailleurs des plateformes Uber et cie, le dramaturge a écrit deux versions de ce texte ; une destinée à des représentations dans tous les lieux non-théâtraux et celle-ci, publiée récemment, et qui s’est fait bellement remarquée au festival d’Avignon. Elle livre une réflexion plus complexe sur c’est tendance apparue il y a une dizaine d’années qui est de faire miroiter aux jeunes, souvent sans emploi ou sans formation ; une sorte de liberté économique, une liberté d’entrepreneur indépendant (mais aussi sans protection sociale et sans les conditions de ce qu’on pourrait attendre naïvement en matière de dignité et de respect des droits des travailleurs). « Mais que diable allait-il faire à cette galère ? », écrit Molière dans Les fourberies de Scapin. Continuer la lecture

Première ministre britannique de 1979 à 1990, Margaret Thatcher a beaucoup contribué à l’instauration de l’ordre néo-libéral qui mène aujourd’hui le monde. Son mot d’ordre : « There Is No Alternative », en acronyme TINA, signifiait que le capitalisme néo-libéral constituait le seul horizon possible pour le monde occidental. Et que, dès lors, il n’y avait rien d’autre à faire que démanteler les syndicats, privatiser les services publics (santé, transports, éducation), baisser les impôts, défaire le droit du travail, raboter les salaires, s’attaquer au système de protection sociale, favoriser les profits industriels et financiers en précipitant une partie sans cesse croissante de la population laborieuse dans la précarité et la misère. En somme : privatiser, déréglementer et appauvrir les moins nantis.