Un coup de cœur du Carnet
Jérémie CLAES, Cavillore, Héloïse d’Ormesson, 2026, 240 p., 21 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782487819696
Gourdon, un village baigné du soleil des Alpes-Maritimes où le temps semble s’être arrêté, dominé par le plateau de Cavillore. C’est là que Nico a choisi de fuir la ville, pensant retrouver l’enchantement de son enfance dans la maison de famille désertée. Mais la quiétude des lieux est troublée par la découverte du cadavre d’une jeune femme, curieusement déposé sur la route, face à l’auberge, lieu de ralliement des habitants. La victime porte des meurtrissures multiples, le mystère est total. Alors les rumeurs et les hypothèses vont bon train. Continuer la lecture

Jacob Dreyfus est un coriace. Journaliste, il a reçu le prix Pulitzer pour son enquête sur les nouveaux groupuscules suprémacistes blancs parue dans le Washington Post. Cette récompense fabuleuse le met au centre de l’attention alors que, dans la foulée, les autorités procèdent à des arrestations, y compris dans les rangs du Sénat. Elle lui vaut aussi rapidement des menaces de mort insistantes qui touchent l’ensemble de sa famille, mettant en évidence ses origines juives. À telle enseigne que les autorités décident de lui faire quitter les États-Unis et de l’installer avec sa femme et son fils en France sous une autre identité avec la protection permanente d’un garde du corps. Ce qui impose à Jacob, devenu Cyril Buissière, de rompre tout lien avec son passé, y compris avec le reste de sa famille.
Kate (ne l’appelez surtout pas Catherine, comme le fait sa mère), est en proie au doute. Étudiante en première année d’université, elle passe son dernier examen oral et n’en mène pas large face à un professeur qui affiche son mépris et la malmène. À la maison, la situation est désespérée : son père boit trop et dort sur le divan, sa mère s’assomme de somnifères et son jeune frère Thibaut est insupportable. La musique, dont elle s’abreuve et qui rythme le roman, est son refuge le plus sûr, qui construit un rempart sonore.
Véronique Gallo pratique plusieurs formes d’écritures : une écriture destinée à être partagée et portée par sa voix, ses mises en scène, à travers sa série humoristique Vie de mère ou son spectacle The One Mother Show, où elle met en scène avec humour les affres d’une vie de femme/mère/professionnelle, au bord de la crise de nerfs. Elle exerce une autre écriture, plus silencieuse comme on le dirait d’une lecture silencieuse, moins médiatique, destinée à une rencontre intime avec les lecteurs et lectrices : celle de romans. Deux écritures, l’une humoristique, l’autre tragique, pour une même réalité : celle de femmes obligées d’assurer sur plusieurs fronts.