Sarah DEMART, La fiction postraciale belge. Antiracisme afrodescendant, féminisme et aspirations décoloniales, Éditions de l’Université de Bruxelles, coll. « Sociologie et anthropologie », 2025, 188 p., 21 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782800418650
Si on oublie souvent que le racisme est une idéologie fluctuante, variable selon les cultures, les pays, les groupes sociaux…, on réalise encore moins que son pendant, l’antiracisme, n’est pas une valeur universelle (ce fameux universel, qui lui aussi pose bien des questions), intemporelle et détachée de tout contexte. Il suffirait pourtant, par exemple, de réunir des militant·es de la mouvance « Touche pas à mon pote » des années 1980 et des activistes décoloniaux d’aujourd’hui pour provoquer de vives discussions, mesurer l’ampleur du décalage idéologique alors que tou.tes aspirent à une société égalitaire. Mais quarante ans de recherche, de luttes, d’évolution de la société les séparent. Continuer la lecture

Le dernier roman de Luc Baba relève du défi littéraire : en 250 pages, retracer le destin, sur plus de deux siècles (de 1803 à nos jours), d’une famille issue du Dahomey (aujourd’hui Bénin), embarquée sur un bateau négrier à destination des États-Unis, soumise à l’esclavage puis tentant peu à peu de conquérir sa liberté et sa dignité. Pour ce faire, L’arbre du retour procède par touches successives et opère des allers-retours dans le temps qui juxtaposent des situations mettant en scène Ayo et ses descendants.
Au début des années 1960, Andreï Voronov quitte sa Pologne natale avec son père et atterrit dans un petit quartier de province appelé le Vhan, refuge pour les « miséreux » provenant de différents pays. Traité de « pouilleux » et de « pestiféré » par les enfants de son âge, Andreï ne s’épanouit pas à l’école. Son père décide alors de le former aux différents métiers de la construction. Il entre sur son premier chantier à qinze ans et bénéficie rapidement d’une excellente réputation. C’est qu’il travaille bien et se contente d’un maigre salaire.