Archives par étiquette : LGBTQIA+

Colorer le monde d’un cri

Kouzemin Septentrion

Septentrion

Auteur : Anton Kouzemin

Mai­son d’édition : Aux Palais Out­re-Ponts

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 112

Prix : 15 €

Livre numérique : /

EAN : 9789090414362

Avec Septen­tri­on, Anton Kouzemin signe un con­te onirique, aux croisées du mer­veilleux et de l’horreur, qui bous­cule le monde et ses représen­ta­tions, jusqu’à l’apogée méta­physique finale. Con­tin­uer la lec­ture

Sortir d’une « éternité dans la solitude »

Un coup de cœur du Car­net

Carmela CHERGUI, L’homme est une fic­tion, Tusi­ta­la, 2025, 128 p., 9,90 €, ISBN : 979–10-92159–39‑4

chergui l'homme est une fictionÉti­enne Méri­aux. Ce nom aujourd’hui dit-il encore quelque chose à quelqu’un ? Dessi­na­teur ? Artiste ? Auteur ? Met­teur en scène ? Sculp­teur ? Danseur ? Tirez donc la bonne carte… Il fig­ure qua­si incog­ni­to au cat­a­logue des auteurs Gal­li­mard, sous une men­tion lap­idaire : a pub­lié Étrange Apoc­a­lypse – un album plutôt punk de bande dess­inée – en 1983 chez Futur­opo­lis (la mai­son d’Étienne Robial et Flo­rence Ces­tac, rachetée depuis). L’eau a coulé sous les ponts, les livres avec, il n’y a aucune infor­ma­tion, et l’ouvrage est évidem­ment indisponible. Si l’on en croit l’une ou l’autre rubrique théâtre, Méri­aux fut salué dans Le Monde en 1986 comme « un jeune homme de tal­ent » (il a vingt-cinq ans). Méri­aux est encore auteur et acteur en 1990 dans une pro­duc­tion du Nou­veau Théâtre de Bel­gique, chez Hen­ri Ronse à Brux­elles, après la Bastille à Paris. Le ciné­ma Nova, tou­jours chez nous, a présen­té en 2004, aux ate­liers Mom­men (où Méri­aux vécut) une pro­jec­tion d’une per­for­mance, sa dernière, filmée en Bre­tagne, où il s’était reclus, atteint de schiz­o­phrénie : Méri­aux meurt en 2001, il avait à peine 40 ans. Con­tin­uer la lec­ture

Se réinventer collectivement

Lyly­beth MERLE, Échard­es, Arbre de Diane, coll. « Les deux Sœurs », 2026, 170 p., 15 €, ISBN : 9782930822419

merle echardesLes plumes de paon, l’arc-en-ciel qui relie les humains et les forêts, les échard­es, les vio­lences exer­cées par la société, la décon­struc­tion de l’identité gen­rée, du genre garçon et la décou­verte d’un autre corps, d’un iel, tra­ver­sé par les noces du féminin et du mas­culin… Dans ce con­te scan­dé en treize par­ties, ryth­mé par le « chant des oréades », Lyly­beth Mer­le délivre un texte queer qui par­court les cer­cles d’une exis­tence s’inventant d’autres pos­si­bles. Autrice, per­formeuse drag, met­teuse en scène, mil­i­tante, artiste de cabaret, Lyly­beth Mer­le dénoue, retisse les fils qui nouent l’intime et le social, la ques­tion du genre et celle de la langue, le regard posé sur soi et celui que la société pose sur les non-binaires, sur les anges du troisième sexe, les déracineurs de normes. Con­tin­uer la lec­ture

Aux frontières du réel

Théo CASCIANI, Insu­la, P.O.L, 2026, 160 p., 18 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 9782818064924

casciani insulaInsu­la, court roman con­tem­po­rain de 160 pages écrit par Théo Cas­ciani et pub­lié aux édi­tions P.O.L, nous embar­que dans un monde futur­iste pas si éloigné du nôtre, pas­sant d’une fête sul­fureuse lon­doni­enne à un hôpi­tal parisien.

J’ai eu à subir la vio­lence du monde, certes, celle qui se dresse con­tre les pédés, con­tre les pau­vres, con­tre les ploucs ; on m’a dom­iné, on m’a men­acé, on m’a bat­tu. C’est vrai. Cepen­dant, pour être hon­nête, pour peu que j’en sois capa­ble, je dois com­mencer par vous dire qu’il m’est aus­si arrivé de fauter, sou­vent et plus encore que je ne le crois, de trahir, de tromper ou de bless­er. Con­tin­uer la lec­ture

Léonce, Herman, Paul et tous les autres

Un coup de cœur du Car­net

Vio­laine LISON, avec les Car­nets de tranchées de Léonce DELAUNOY, Lequel de nous portera l’autre ?, Esper­luète, coll. « En toutes let­tres », 2025, 208 p., 22 €, ISBN : 9782359842029

lison lequel de nous portera l'autreLequel de nous portera l’autre ?, le livre de Vio­laine Lison, pub­lié belle­ment par les édi­tions Esper­luète, nous ramène à l’époque meur­trière de la Pre­mière Guerre mon­di­ale, à ce que la lit­téra­ture peut en dire aujourd’hui. Il nous plonge au cœur de l’inhumanité des con­flits, de l’humanité anni­hilée par toutes les bel­ligérances. Il brode, entremêle, tri­cote les voix, les écri­t­ures et les objets pour dire, au plus près, au plus juste, l’histoire de Léonce Delaunoy, sémi­nar­iste tour­naisien réqui­si­tion­né pour trans­porter les sol­dats au front, et de ses deux amis, Her­man Schiltz et Paul Nackart – ils sont dédi­cataires du réc­it, et leur por­tait, en uni­forme, ouvre le vol­ume. Con­tin­uer la lec­ture

Une valse à trois temps

Un coup de cœur du Car­net

Car­o­line LAMARCHE, Le Bel Obscur, Seuil, 2025, 240 p., 22 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782021603439

lamarche le bel obscurIl existe des livres que l’on ne peut lâch­er, des livres qui, une fois com­mencés, con­duisent à délaiss­er toute autre activ­ité.

La nar­ra­trice du Bel Obscur s’adonne avec pas­sion à la lec­ture des Alchimistes grecs, ouvrage ancien con­sacré aux arts et métiers qu’elle a trou­vé en bro­cante. Con­tin­uer la lec­ture

« Chaque jour un pas de plus vers moi »

Bo RAINOTTE, Biche Boy : jour­nal intime­ment poé­tique, Mael­strÖm reEvo­lu­tion, 2025, 290 p., 17 €, ISBN : 9782875055248

rainotte biche boySix par­ties, cinq prénoms, une playlist (et une pré­face de Lisette Lom­bé), des cen­taines d’entrées de jour­nal intime – devenu extime à la faveur de la pub­li­ca­tion – piquant les années écoulées entre 1991 et 2024 : Biche Boy est le réc­it de la quête de soi de l’artiste Bo Rain­otte. Con­tin­uer la lec­ture

La psychanalyse en mode mineur

Un coup de cœur du Car­net

Fab­rice BOURLEZ, Tacts. Remanier la psy­ch­analyse avec les fémin­istes et les queers, PUF, coll. « Per­spec­tives cri­tiques », 2025, 435 p., 24 € / ePub 19,99 €, ISBN : 9782130869559

bourlez tactsEn France, les mois qui ont précédé l’adoption du mariage pour tou·tes (2013) ont été par­ti­c­ulière­ment pénibles à vivre. Le plus offen­sant, insul­tant, blessant à subir a été pour certain·es de se voir définir par des psy­ch­analy­ses gonflé·es d’a pri­ori, à qui l’on offrait micros et tri­bunes à tout va. Iels avaient décidé d’interdire. Rien de ce qui était ânon­né ne cor­re­spondait à ce que nous sommes et vivons, nous, les queers. À chaque fois, c’était un coup de marteau asséné directe­ment au cœur par celleux qui, au con­traire, auraient dû mieux nous com­pren­dre s’iels avaient réelle­ment enten­du ce qui se dis­ait sur leur divan. Con­tin­uer la lec­ture

Sous les troènes, l’amour

Un coup de cœur du Car­net

Jean DOMINIQUE, Le don silen­cieux suivi de La Lit­téraire de Blanche Rousseau, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2025, 300 p., 12 € / ePub : 6,99 €, ISBN : 9782875686046

dominique le don silencieuxRarement l’amitié et l’amour lient-ils la vie à l’œuvre comme au cœur de Jean Dominique (1873–1952). Pseu­do­nyme lit­téraire de Marie Clos­set, enseignante et per­son­nal­ité anti­con­formiste, Jean Dominique entre dans la col­lec­tion Espace Nord avec un ouvrage en trois par­ties : l’une dédiée à la poésie, la deux­ième aux sou­venirs (dic­tés à la fin de sa vie depuis le fau­teuil où elle repose ses yeux presqu’aveugles), la dernière au “silence tumultueux” de sa rela­tion amoureuse avec Blanche Rousseau — à tra­vers les mots de celle-ci. Con­tin­uer la lec­ture

Dimensions esthétiques et érotiques du nazisme

Arnaud DE LA CROIX, Esthé­tique et éro­tisme nazis, Pré­face d’Anne Sta­quet, Édi­tions uni­ver­si­taires de l’Umons, coll. « Imper­ti­nentes », 2025, 142 p., 22 €, ISBN : 9782873257712

de la croix esthétique et erotisme nazisDans son nou­v­el essai, Arnaud de la Croix ouvre avec brio et finesse une boite noire dont les his­to­riens, les penseurs, les chercheurs con­tem­po­rains se détour­nent parce qu’elle dérange, trou­ble les représen­ta­tions offi­cielles du savoir et les vul­gates poli­tique­ment cor­rectes de la doxa. Inter­ro­geant un domaine jusqu’ici peu étudié, l’ouvrage se penche d’une part sur ce que Philippe Lacoue-Labarthe appelle l’esthétisation de la poli­tique réal­isée par le nazisme et d’autre part sur le ques­tion­nement du lien entre nazisme-éro­tisme-pornogra­phie, sur l’érotisation du nazisme dans la cul­ture con­tem­po­raine, prin­ci­pale­ment le ciné­ma. Afin d’éclairer les dimen­sions esthé­tiques et éro­tiques du IIIème Reich et leur lien intime, Arnaud de la Croix étudie deux organes de pro­pa­gande de l’idéologie du « Blut und Boden », de la pureté de la race aryenne : la vision esthé­tique imposée par les hauts dig­ni­taires nazis et les représen­ta­tions offi­cielles, ambigües, de la sex­u­al­ité. Con­tin­uer la lec­ture

Les éclats de conscience

Chris­tine DELMOTTE-WEBER, Je voudrais mourir par curiosité, Oiseaux de nuit, coll. « Rideaux rouges », 2025, 94 p., 10 €, ISBN : 9782931101742

delmotte weber je voudrais mourir par curiositéNous décou­vrons Myr­i­am, seule chez elle. Elle par­le d’un effet par­ti­c­uli­er pro­duit au réveil, comme si sa con­science, à cet instant-là, ne fai­sait plus par­tie d’elle-même. Baba, sa com­pagne, arrive et la réveille. Mais est-elle bien réelle ? Nous com­prenons petit à petit que Myr­i­am est vis­itée par le fan­tôme de Baba. Quelques temps plus tôt, elles ont vécu un ter­ri­ble acci­dent de voiture. Baba est morte sur le coup, Myr­i­am s’en est sor­tie. Elle y a toute­fois vécu un phénomène assez sin­guli­er : une Expéri­ence de Mort Immi­nente (EMI). Depuis, elle essaie de com­pren­dre ce qui lui est arrivé, ain­si qu’à Baba, et s’intéresse beau­coup à la con­science délo­cal­is­able. Baba lui manque énor­mé­ment. Elle aimerait qu’elle vienne plus sou­vent la vis­iter. Con­tin­uer la lec­ture

Le sable, le ciel bleu, la haine et la terreur

Jérémie CLAES, Com­man­dant Solane, Héloïse d’Ormesson, 2025, 304 p., 22 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782350879918

claes commandant solaneVoici déjà que Jérémie Claes, auteur de L’horloger (Héloïse d’Ormesson, 2024) nous revient avec un un nou­veau thriller où nous retrou­vons Solane, flic à la retraite, qui mène une exis­tence pais­i­ble près de Cannes. Alors que les touristes se pressent sur les plages et que l’été bat son plein, 42 corps cal­cinés et mutilés échouent un à un sur le sable, semant l’horreur par­mi les vacanciers. La Méditer­ranée est sou­vent un tombeau pour les migrants, mais rien ne per­met de com­pren­dre ce qui s’est passé, les brûlures et la noy­ade n’étant pas la cause de la mort. Et curieuse­ment, les autorités et la police sem­blent s’accommoder du mys­tère et surtout pressées de tourn­er la page. Con­tin­uer la lec­ture

Hard love – mais pourvu qu’iel soit douz

Un coup de cœur du Car­net

Mar­di FORESTIER, Harde, Trou­ble, 2024, 256 p., 19 €, ISBN : 9782494567955

forestier hardeAus­si écla­tant que le laisse présager sa cou­ver­ture signée par l’artiste Pauline Mau­r­uschat, Harde est une aven­ture amoureuse dans la langue et les sens, un envol à toute berzingue au pays des pos­si­bles. Paru aux édi­tions Trou­ble, il s’agit du deux­ième roman de Mar­di Foresti­er, poétesse des sci­ences-fic­tions queer aux issues heureuses.

Je me cherche. Oui c’est ça, je cherche à faire le tour de moi-même, toutes les options et toutes les lim­ites. Tout ce que je peux déploy­er, con­stru­ire, expéri­menter. Tout ce que je peux appren­dre. Je cherche ce qui va sur­gir hors de moi si je lui laisse la place. Con­tin­uer la lec­ture

Une histoire clandestine

Paul GERARD, Impasse de la Fidél­ité, CFC et Iselp, coll. « non-couché », 2024, 64 p., 16 €, ISBN : 9782875721051

gerard impasse de la fideliteImpasse de la Fidél­ité. Il ne faut pas faire dire au titre du livre de l’artiste Paul Gérard ce qu’il ne développe ni ne sous-tend – une réflex­ion sur le respect de la foi et de l’engagement con­ju­gal, ce serait fon­cer droit dans un cul-de-sac. Il faut le com­pren­dre pour ce qu’il énonce : le nom d’une voie sans issue brux­el­loise sise près de la cen­trale petite rue des Bouch­ers qui, bien qu’aujourd’hui surtout vis­itée pour la stat­ue de Jean­neke Pis et pour ses bistrots hou­blon­nés, fait par­tie inté­grante de l’histoire de la vie noc­turne homo­sex­uelle belge. On y trou­vait notam­ment dans les années 1930 des bars gays et les­bi­ens où l’on pou­vait s’asseoir à la vue de tous·tes et plus tard, des étab­lisse­ments davan­tage clan­des­tins quand la nuit homo­sex­uelle fut moins libre, dans les années 1960 notam­ment. Con­tin­uer la lec­ture

Chevauchée urbaine

Char­lie DEMOULIN, Silence me mord, La grange batelière, 2024, 96 p., 15 €, ISBN : 9791097127466

demoulin silence me mordQue faire quand le sen­ti­ment de l’absurde, du cré­pus­cule éter­nel nous vrille, quand la musique du néant bour­donne dans les tym­pa­ns ? C’est depuis ce lieu béant, depuis ce nihilisme que Char­lie Demoulin lance Silence me mord, pre­mier réc­it (davan­tage que roman) que l’on lira comme un auto­por­trait à l’ère du désen­chante­ment général­isé. Grav­i­tant autour de la came et du sexe, la vie du nar­ra­teur baigne dans un non-sens que la défonce et la baise com­pul­sives per­me­t­tent d’endurer. Si la for­mule « Last exit to Brux­elles » con­vo­quée en qua­trième de cou­ver­ture pro­pose une fil­i­a­tion avec Last Exit to Brook­lyn de Hubert Sel­by Jr, les simil­i­tudes dans la descrip­tion des tribus under­ground ne sont qu’apparentes. Réc­it qui se passe durant le con­fine­ment, Silence me mord est cade­nassé par la soli­tude, par la vacuité de l’existence, ryth­mé par une écri­t­ure-survie abrupte, dis­con­tin­ue, érup­tive. Nous sommes dans l’après Sel­by, dans une quête d’expériences extrêmes qui se fra­cassent con­tre les murs de la société, con­tre les murs intérieurs. Char­lie Demoulin écrit depuis un hori­zon bar­ré, celui de l’après l’âge d’or de la drogue et de l’érotisme, celui de la désori­en­ta­tion d’un monde. Le plan mondain s’est réduit à une addi­tion d’entités solip­sistes que l’auteur aus­culte. Con­tin­uer la lec­ture

Concours de nouvelles De viris : appel à textes

concours de viris 2025

En prélude au prix du roman gay, l’as­bl Capax Infini­ti et le Stu­dio 84 art & Culture[s] lan­cent “De viris”, un con­cours de nou­velles, en col­lab­o­ra­tion avec les édi­tions Lamiroy. Le thème de l’an­née? Le regard. Les nou­velles sont atten­dues pour le 31 décem­bre au plus tard.  Con­tin­uer la lec­ture