Archives par étiquette : Ad Solem

Imprévisible et lumineux, le poème

Colette NYS-MAZURE, À main lev­ée : poésie, Ad Solem, 2022, 107 p., 17 €, ISBN : 9782372981255

nys-mazure a main levée« Écrire à main lev­ée, comme pour laiss­er les mots en lib­erté, ou les ren­dre à leur voca­tion orig­i­naire. Non pas désign­er, ou définir, mais évo­quer l’inapparent dans les sit­u­a­tions qui lui don­nent une fig­ure fugi­tive», tel est le pro­pos d’une autrice qui vient de pub­li­er dans le même temps que ces poèmes d’À main lev­ée un ensem­ble de pages évo­quant un par­cours de vie : Par des sen­tiers d’intime pro­fondeur. Pour Colette Nys-Mazure, la marche, au pro­pre comme au fig­uré, y est une métaphore d’une voie spir­ituelle jamais coupée de la réal­ité char­nelle. Observ­er, con­tem­pler, faire silence, comme dans toute ascèse, est le véhicule d’une irrup­tion qui trans­forme à jamais l’ordre des choses, nous sauvant du néant ou de l’insignifiance. Elle ajoute aus­si : « Pour écrire, j’ai besoin d’une forme de paix intérieure, alors que se mul­ti­plient les trappes secrètes s’ouvrant sous mes gestes, les replis de ter­rain masquant les gouf­fres. Dans cet état fébrile, com­ment per­me­t­tre à l’imprévisible de sur­gir ? » C’est bien de ce sur­gisse­ment-là qu’il est ques­tion dans le phénomène de l’écriture poé­tique : Con­tin­uer la lec­ture

Prix de la revue NUNC : une première sélection très belge

La revue NUNC prime tous les ans deux recueils de poètes vivants, l’un de poésie française, l’autre de poésie étrangère. Le prix de poésie française récom­pensera cette année un recueil pub­lié en 2018 à compte d’édi­teur. La pre­mière sélec­tion, com­por­tant dix-huit titres, reprend plusieurs poètes belges. Le nom du/de la lauréat‑e sera révélé lors du Marché de la poésie de Paris, le 9 juin.

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La nature : grimoire ou miroir ?

Thier­ry-Pierre CLÉMENT, Approche de l’aube, pré­face de Jean-Pierre Lemaire, Ad Solem, 2018, 119 p., 19 €, ISBN : 978–2‑37298–096‑8

Retour délibéré aux fon­da­men­taux de l’ex­is­tence, la poésie de Thier­ry-Pierre Clé­ment octroie au monde naturel une préférence sou­veraine : mon­tagne, forêt, oiseaux, hori­zon mer-ciel, lumière du jour, jeux du vent, nulle atten­tion n’é­tant accordée à la moder­nité urbaine ou tech­nique. Tous ces élé­ments de la nature prim­i­tive, empreints de famil­iar­ité autant que de mys­tère, il s’ag­it pour le poète d’en guet­ter les signes les plus ténus, de les accueil­lir en lui, d’ex­plor­er les sen­ti­ments et les ques­tions qu’ils lui inspirent. « Il est bon d’ap­partenir à la terre », écrit-il, ou, devant le spec­ta­cle d’une glycine, « stupé­fait de recevoir ce matin / tant de mer­veille imméritée ». Ain­si une rela­tion à la fois con­stante et dis­symétrique s’ex­erce-t-elle entre le Dehors et le Dedans, assignés respec­tive­ment aux rôles de dis­pen­sa­teur et de béné­fi­ci­aire, mais sans exclure un pro­fond désir de com­mu­nion, sinon même de fusion : « laisse-la devenir toi / et toi / deviens la rose », « et nous lais­sons la mer / entr­er dans notre cœur ». Même si elle n’est pas explic­itée, la dimen­sion spir­ituelle de cette poésie ne laisse guère de doute : évo­ca­tion brève de thèmes tels que l’at­tente, l’e­spoir, l’é­ter­nité, sans oubli­er cette voix « qui habite au fond de notre cœur / mais est plus vaste que notre cœur ». Ain­si la rela­tion nature-poète forme-t-elle le par­fait récep­ta­cle d’une foi en devenir. Con­tin­uer la lec­ture