Archives par étiquette : Thierry-Pierre Clément

Un nouveau langage pour un monde nouveau

Un coup de cœur du Car­net

Thier­ry-Pierre CLÉMENT, Poésie fenêtre ouverte : essai, Pré­face de Myr­i­am Watthee-Del­motte, Sam­sa, 2024, 178 p., 22 €, ISBN : 9 782875 935755

clement poesie fenetre ouverteLe 9 octo­bre 1992, Thier­ry-Pierre Clé­ment et moi-même rece­vions à Namur le poète Ken­neth White pour un entre­tien sur la géopoé­tique, pub­lié avec divers textes sur le sujet dans le numéro 12 de mai 1993 de la revue Sources. White y déclarait :

[…] je pense qu’on ne peut plus par­ler en ter­mes de nations. […] on ne peut plus par­ler davan­tage en ter­mes d’identité. Je n’aime pas l’idéologie iden­ti­taire. Je peux la com­pren­dre, parce que l’identité quelque­fois, dans une sit­u­a­tion d’opposition, peut être utile. Mais on ne crée pas à par­tir d’une iden­tité, on crée à par­tir d’un jeu d’énergies. Ce qui m’intéresse, c’est d’essayer de met­tre en place, d’encourager un nou­veau jeu d’énergies. Con­tin­uer la lec­ture

La rentrée littéraire 2024, avec sobriété

Rentrée littéraire 2024

Pour la plu­part d’entre nous, le début des vacances est aus­si immi­nent qu’attendu. Évo­quer en ce moment la ren­trée, fût-elle lit­téraire, a donc for­cé­ment quelque chose d’incongru. Pour­tant, les maisons d’édition ont générale­ment déjà bouclé leur pro­gramme autom­nal et plusieurs d’entre elles l’ont présen­té aux libraires, voire aux médias. Comme tou­jours, les autri­ces et auteurs belges seront nom­breux à dévoil­er leur nou­veau livre cet automne. Le point sur leurs sor­ties annon­cées au deux­ième semes­tre.

Mais d’abord quelques con­stats. À part les édi­tions M.E.O., Weyrich et Les impres­sions nou­velles, dont cer­tains romans parais­sent dès la fin août, les maisons d’édition belges ne se calquent pas sur le cal­en­dri­er de la ren­trée lit­téraire française : la plu­part de leurs pub­li­ca­tions sont prévues plus tard dans la sai­son. Ce décalage peut s’expliquer par une volon­té de ne pas se plac­er en con­cur­rence, for­cé­ment déséquili­brée, avec des sor­ties hexag­o­nales accom­pa­g­nées de moyens pro­mo­tion­nels sans com­mune mesure. Il reflète aus­si une logique autre : plusieurs maisons d’édition inter­rogées pour pré­par­er cet arti­cle nous ont expliqué pro­gram­mer leurs paru­tions en fonc­tion non de la ren­trée lit­téraire, mais des événe­ments plus por­teurs pour elles, tels que le Marché de la poésie, le fiEs­ti­val ou encore le Poet­ik Bazar. Con­tin­uer la lec­ture

Prix de la revue NUNC : une première sélection très belge

La revue NUNC prime tous les ans deux recueils de poètes vivants, l’un de poésie française, l’autre de poésie étrangère. Le prix de poésie française récom­pensera cette année un recueil pub­lié en 2018 à compte d’édi­teur. La pre­mière sélec­tion, com­por­tant dix-huit titres, reprend plusieurs poètes belges. Le nom du/de la lauréat‑e sera révélé lors du Marché de la poésie de Paris, le 9 juin.

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La nature : grimoire ou miroir ?

Thier­ry-Pierre CLÉMENT, Approche de l’aube, pré­face de Jean-Pierre Lemaire, Ad Solem, 2018, 119 p., 19 €, ISBN : 978–2‑37298–096‑8

Retour délibéré aux fon­da­men­taux de l’ex­is­tence, la poésie de Thier­ry-Pierre Clé­ment octroie au monde naturel une préférence sou­veraine : mon­tagne, forêt, oiseaux, hori­zon mer-ciel, lumière du jour, jeux du vent, nulle atten­tion n’é­tant accordée à la moder­nité urbaine ou tech­nique. Tous ces élé­ments de la nature prim­i­tive, empreints de famil­iar­ité autant que de mys­tère, il s’ag­it pour le poète d’en guet­ter les signes les plus ténus, de les accueil­lir en lui, d’ex­plor­er les sen­ti­ments et les ques­tions qu’ils lui inspirent. « Il est bon d’ap­partenir à la terre », écrit-il, ou, devant le spec­ta­cle d’une glycine, « stupé­fait de recevoir ce matin / tant de mer­veille imméritée ». Ain­si une rela­tion à la fois con­stante et dis­symétrique s’ex­erce-t-elle entre le Dehors et le Dedans, assignés respec­tive­ment aux rôles de dis­pen­sa­teur et de béné­fi­ci­aire, mais sans exclure un pro­fond désir de com­mu­nion, sinon même de fusion : « laisse-la devenir toi / et toi / deviens la rose », « et nous lais­sons la mer / entr­er dans notre cœur ». Même si elle n’est pas explic­itée, la dimen­sion spir­ituelle de cette poésie ne laisse guère de doute : évo­ca­tion brève de thèmes tels que l’at­tente, l’e­spoir, l’é­ter­nité, sans oubli­er cette voix « qui habite au fond de notre cœur / mais est plus vaste que notre cœur ». Ain­si la rela­tion nature-poète forme-t-elle le par­fait récep­ta­cle d’une foi en devenir. Con­tin­uer la lec­ture