Archives par étiquette : Atelier de l'Agneau

Désarçonner la langue

Un coup de cœur du Car­net

Natha­lie ATLANCan­berra, Ate­lier de l’agneau, 2024, 80 p., 18 €, ISBN : 9782374280851

atlan canberra 1Un titre peut briller comme un tal­is­man, un mot sacré, un ora­cle. Can­ber­ra, recueil en prose poé­tique de Nathalie Atlan, claque, cin­gle la joue, rameute le fan­tôme de la cap­i­tale de l’Australie. Chevauchée ryth­mée par vingt-huit chapitres, le réc­it tail­lé dans une sin­gu­lar­ité absolue se place sous la lib­erté d’une langue qui ne s’interdit aucune danse, aucune inven­tion, qui entend faire voir autant que dis­simuler, racon­ter autant que cacher, obvi­er, slalom­er dans le non-dit, le non-écrit. Can­ber­ra déroule une déam­bu­la­tion géo­graphique, men­tale, ésotérique, celle d’un groupe hétérogène com­posé de l’héroïne Alix Sarah Austin, de ses amis, de chevaux, de lap­ins, d’animaux qui courent entre les lignes. Le tra­jet du texte suit les tra­jets du navire, de l’avion, du zep­pelin qui emmè­nent la troupe de Lon­dres à Can­ber­ra. L’épopée se vit comme une exal­ta­tion de l’espace, du brouil­lage des fron­tières entre les humains, les ani­maux et les plantes, entre le réel et le mag­ique, entre le tan­gi­ble et le mythique. Con­tin­uer la lec­ture

« Sur le petit vapeur, quelque part, au Norrland peut-être… »

Un coup de cœur du Car­net

Piet LINCKEN, Edith SÖDERGRAN (1892–1923), Å itinéraire sué­dois, Ate­lier de l’agneau, 2020, 104 p., 17 €, ISBN : 9782374280424

lincken A itinéraire suédoisDepuis longtemps je prévoy­ais un voy­age vers la Scan­di­navie. L’heure n’étant pas aux déplace­ments, j’ai dû réfrén­er mon élan vers le Nord, met­tre cette des­ti­na­tion au frais dans l’attente de jours meilleurs. Mais c’était sans compter le dernier livre de Piet Linck­en ravi­vant le désir, Å itinéraire sué­dois édité dans la col­lec­tion bilingue de l’Atelier de l’agneau. Artiste poly­mor­phe (musi­cien, pho­tographe, poète, com­pos­i­teur) et tra­duc­teur du sué­dois, l’auteur nous embar­que vers les con­fins de la Suède et de la Fin­lande où il vit régulière­ment. Ver­sion aug­men­tée d’un texte paru précédem­ment, le livre procède par à‑coups, tels les soubre­sauts du moteur de la voiture qui pousse Linck­en sur l’autoroute E6 vers Göte­borg et plus loin encore vers le Nord. Con­tin­uer la lec­ture

En sa Cité ardente…

Un coup de cœur du Carnet

Jacques IZOARD, Langue de liège aveu­gle, Ate­lier de l’agneau, 2016, 60 p., 14 €, ISBN : 978–2‑930440–97‑2

izoardQuand un poète dis­paraît, il y a deux solu­tions : soit le matéri­au de son œuvre, pub­lié ou inédit, se dis­perse aux qua­tre vents et som­bre dans l’indifférence, cette deux­ième mort ; soit ses fidèles per­pétuent sa parole, en l’archivant (sans la cloi­son­ner) et en la resti­tu­ant dans sa pal­pi­tante présence. Car les mots des poètes, eux, ne vieil­lis­sent jamais. Con­tin­uer la lec­ture

Une sacrée glissade

Françoise FAVRETTO, L’Arrachoir 2, St-Quentin-de-Cap­long, Ate­lier de l’Agneau, 2015, 64 p., 14 €

Au long des douze réc­its et nou­velles qui nous emmè­nent sans nous pré­cip­iter, nous changeons de sujet. Du brouha­ha d’une classe de lycée à la révolte et la fuite en douce d’une jeune Afghane, d’un théâtre improb­a­ble à l’absurde recherche d’alibi d’un faux meur­tri­er, ou ailleurs encore. Et par exem­ple dans ce couloir où le tas de cour­ri­er non relevé a pu faire dérap­er les gen­darmes qui forçaient la porte d’un soli­taire pré­sumé mort. Rien de trag­ique cepen­dant dans ce livre léger de Françoise Favret­to qui fait suite à un pre­mier vol­ume pub­lié en sep­tem­bre 2012. Ce sont des herbes un peu sauvages certes que l’auteure sar­cle, déracine à l’aide de son out­il, de celles qu’on aurait pu ignor­er en pas­sant, tête en l’air, mais qui sont sou­vent fleuries et odor­antes. Il faut une réelle atten­tion au monde pour les apercevoir et beau­coup de déli­catesse pour les cueil­lir et les offrir. Con­tin­uer la lec­ture

Le temps du ciel

Un coup de coeur du Carnet
Primaëlle VERTENOEIL

imhauserParu en 2012, le pre­mier recueil de poésie d’Emmanuelle Imhauser, Mise en pages, n’est pas passé inaperçu. Dans un écri­t­ure per­son­nelle, mais non exempt d’influences, la jeune poétesse lié­geoise se dévoilait comme une nou­velle écri­t­ure poé­tique, saluée par les con­nais­seurs. C’est qu’Emmanuelle Imhauser a gran­di par­mi ce que les his­to­ri­ogra­phies lit­téraires appel­lent « l’école lié­geoise ». Fille du poète Fer­nand Imhauser, proche de Jacques Izoard, actrice de la vie cul­turelle de la Prin­ci­pauté, Emmanuelle s’est nour­rie, pen­dant de longues années, de l’effervescence poé­tique qui a ani­mé Liège depuis plusieurs décen­nies. Con­tin­uer la lec­ture