Archives par étiquette : Jacques Izoard

Vivre, est-ce vivre ?

Jacques IZOARD, Vin rouge au poing, Arbre à paroles, 2020, 110 p., 13 €, ISBN : 978-2-87406-690-0

Il était le poète du soudain. À ses yeux, sous ses doigts, ne valait que la sensation pure. Combien aura-t-il disséminé de ces textes fulgurants, qui sont autant de saisies sensuelles, d’images gravées au vif argent d’une mémoire inscrite dans « le passé qui reste et le présent qui passe » ?

Avec la réédition de Vin rouge au poing, initialement publié en 2001, L’Arbre à paroles nous restitue la parole toujours vivace de l’homme à la fois délicat et caparaçonné, bourrelé de complexions intimes et d’une sensibilité à fleur de peau, que fut Jacques Izoard (1936-2008). Continuer la lecture

Le sensuel et le silentiaire

Gérald PURNELLE, L’écriture et la foudre. Jacques Izoard et François Jacqmin. Deux poètes entre les choses et les mots, Midis de la Poésie / L’arbre à paroles – Essais, 40 p.   ISBN : 978-2-87406-637-5

purnelleLa collection d’essais tirés des conférences prononcées lors de ces rencontres privilégiées que sont les Midis de la poésie comptait déjà, parmi les grands noms qui l’émaillent, Pasolini, Brecht, Bauchau, Duras, Aragon… Grâce à l’étude que livre Gérald Purnelle, professeur à l’Université de Liège, deux Liégeois viennent rejoindre cette cohorte d’éminences : Jacques Izoard et François Jacqmin. Continuer la lecture

Parbleu ! La constellation Izoard !

expo-izoardCe qui frappe le visiteur lorsqu’il accède au dernier étage du musée Grand Curtius à Liège, c’est une ribambelle d’images et de mots, et une suite de ricochets qui s’établissent entre ces mots et ces images, avec, pour ligne directrice, aux cimaises et dans les vitrines, non pas un fil rouge, mais un fil bleu. Continuer la lecture

En sa Cité ardente…

Un coup de cœur du Carnet

Jacques IZOARD, Langue de liège aveugle, Atelier de l’agneau, 2016, 60 p., 14 €, ISBN : 978-2-930440-97-2

izoardQuand un poète disparaît, il y a deux solutions : soit le matériau de son œuvre, publié ou inédit, se disperse aux quatre vents et sombre dans l’indifférence, cette deuxième mort ; soit ses fidèles perpétuent sa parole, en l’archivant (sans la cloisonner) et en la restituant dans sa palpitante présence. Car les mots des poètes, eux, ne vieillissent jamais. Continuer la lecture

Izoard, la matière et le corps

Jacques IZOARD, J’apprenais à écrire, à être : anthologie, Bruxelles, Les Impressions nouvelles, coll. «  Espace Nord », 2016, 8,55 €

izoardEmpruntant son pseudonyme au col mythique des Hautes-Alpes qu’il a gravi, à 20 ans, lors d’un périple à travers l’Europe, Jacques Izoard, né Delmotte, a très tôt pris conscience de la jouissance des cimes et des poèmes. Car on peut dire d’emblée que l’auteur de La Patrie empaillée (Grasset, 1973) aura voué sa vie à traduire en poésie cette pleine matière du réel qui fonde et façonne son écriture, toute corporelle. Un acte poétique en quelque sorte existentiel et sensoriel, fait de « chair de poète », comme le rappelle, avec pertinence, Gérald Purnelle, dans l’appareil critique qui accompagne l’anthologie récemment parue dans la collection Espace Nord et dont le titre J’apprenais à écrire, à être résume à lui seul l’ancrage-Izoard. Continuer la lecture