Un coup de cœur du Carnet
Georges EEKHOUD, Voyous de velours ou L’autre vue, préface de Jacques Izoard, postface ce Paul Aron, Impressions nouvelles, coll. « Espace Nord », 2024, 240 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–600‑8
« Mais non, que me voulez-vous à moi qui ne saurais vous peindre, ou vous modeler, ou vous dire en vers et en musique, aussi beaux, aussi suaves, aussi éblouissants et balsamiques que je vous sens et que je vous vois ! » Mais oui, que lui veulent-ils ces Voyous de velours qui ont donné le titre à ce roman de Georges Eekhoud lors de son édition en 1926 à la Renaissance du livre (intitulé L’autre vue quand il a paru aux éditions Mercure de France en 1904), que lui veulent-ils, ces jeunes marginaux des quartiers populaires de Bruxelles ? En réalité, on ne l’apprendra guère. Et là, de toute façon, n’est pas la véritable raison de cette citation, de cette question, qui est avant tout l’énonciation de la politique et de la poétique érotique du livre. Ce que « lui » recherche, ce qu’il leur prend et leur donne, c’est là que tout se joue. S’écrit. Continuer la lecture
Octogénaire atteinte de la maladie d’Alzheimer, Dominique Biron se donne cinq jours pour balayer devant nous son existence avant de tirer sa révérence. Elle vient d’apprendre le diagnostic lors d’une visite médicale, accompagnée de sa fille et de son beau-fils. Elle sait désormais que l’on va la serrer de près, alors qu’elle revendique de toujours sa pleine liberté et vit dans sa modeste villa. Au rythme de la montée en surface des souvenirs, elle revient sur les faits qui l’ont marquée dans son enfance, sur sa vie avec son défunt mari, mort d’avoir avalé une frite de travers, sur la relation distendue avec ses enfants. Elle entrecoupe son récit de réflexions sur son voisinage et sur tout ce qui lui passe par la tête. 