Archives par étiquette : capitalisme

La guérilla poétique de Timotéo Sergoï

Timotéo SERGOÏ, Apocapitalypse, Territoires de la Mémoire, 2020, 87 p., 12 €, ISBN : 978-2-930408-45-3

Cinq parties divisées chacune en douze déchirures, douze lames, douze éclats, douze failles fracturant le tissu du monde, la cartographie d’un monde avalé dans l’immonde : partant d’une question liminale « Où en sommes-nous ? », le recueil poétique Apocapitalypse interroge la place de la poésie, du poète, leur connexion avec une insoumission native. Écrivain, poète (Le tour du monde est large comme tes hanches, Le diagonaute amouraché, La solitude du marin dans la forêt, Blaise Cendrars, brasier d’étoiles filantes…), comédien, marionnettiste, voyageur, Timotéo Sergoï se place au point de rencontre entre poésie et révolution. Continuer la lecture

Logique spatiale du capitalisme

Renaud DUTERME, Petit manuel pour une géographie de combat, Découverte, coll. « Cahiers libres », 2020, 208 p., 14 € / ePub : 10.99 €, ISBN : 9782348055577

Rares sont les analyses du capitalisme, de son histoire, de son évolution, de ses crises, qui prennent en compte sa dimension spatiale. Dans Petit manuel pour une géographie de combat, Renaud Duterme démonte avec une belle puissance la logique spatiale du système capitaliste : à la géographie dite descriptive, il oppose, dans le sillage d’Elisée Reclus et d’autres, une géographie de luttes fournissant des outils de pensée et d’agir permettant de sortir d’un système mondialisé précipitant la planète vers sa ruine. Continuer la lecture

Tu m’aimes combien ?

François DE SMET, Éros capital, Les lois du marché amoureux, Flammarion, coll. « Climats », 2019, 400 p., 21 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 9782081422698

On voudrait y croire encore, on voudrait y croire toujours que : l’amour est le plus beau, le plus pur des sentiments, la divine idylle peut nous apporter le bonheur, nous emporter loin de la vie laborieuse, dispendieuse. On voudrait et puis des écrivains, des intellectuels brisent nos rêves. Ils nous font perdre espoir. Mais peut-être que sans espoir – ce qui ne signifie pas le désespoir – peut-on affronter la réalité au mieux, dans toutes ses dimensions. C’est ce que semble dire le philosophe François De Smet à la fin d’Éros capital, que ce que nous venons de lire « ne nous emprisonne dans aucun déterminisme ». On ajoutera : peut-être qu’il nous en libère. Mais que venons-nous de lire ?

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