Archives par étiquette : Timotéo Sergoï

(271) Tu me veux du bien, je te veux du beau

Tim­o­téo SERGOÏ, N’oubile pas la baueté du déso­drde, Cac­tus inébran­lable, 2025, 78 p., 12 €, ISBN : 978–2‑39049–115‑6

sergoi n oubile pas la baueté du désodrdreChoisir le dif­fus pour cœur d’écrit, c’est rafraichissant, revig­o­rant et telle­ment proche de penser en soi ; intérieure­ment et ontologique­ment. Bien sûr, il n’y a en général pas d’ordre à lire des apho­rismes, maximes, notes, poèmes. C’est sans doute pourquoi Tim­o­téo Ser­goï tient à les numérot­er et les lis­ter dans le plus grand désor­dre. Le pre­mier chapitre est inti­t­ulé CINQ et si (1) se trou­ve bien à sa place, (2) occupe au chapitre SIX le troisième para­graphe de la page 44, (3) en est le deux­ième à la page 25 du chapitre DEUX et ain­si de suite jusque (322), page 68, chapitre ZERO. Vous êtes un peu per­du ? C’est gag­né ! Con­tin­uer la lec­ture

801 kilomètres de poésie nomade

Tim­o­téo SERGOÏ, Marcher loin des écrans fait de nous des oiseaux, Pré­face de Raoul Vaneigem, Arbre à paroles, 2024, 268 p., 18 €, ISBN : 9782874067464

sergoi marcher loin des écrans fait de nous des oiseauxPoète voyageur « aux semelles de vent », arpen­teur de la poésie du cos­mos, grand errant du verbe sauvage, Tim­o­téo Ser­goï n’a jamais pactisé avec les écrivains insti­tu­tion­nels, cotés en bourse, avec les assis et les fondés de pou­voir du poé­tique. Dans son dernier recueil poé­tique Marcher loin des écrans fait de nous des oiseaux, il délivre un pro­to­cole d’action poé­tique qui prend la forme d’un texte s’étirant sur 801 kilo­mètres. L’exergue con­dense la visée du voy­age géo­graphique, esthé­tique et poli­tique : « 801 km de poésie / pour un marc­hand de yaourt / qui a voulu chang­er le monde ». Con­tin­uer la lec­ture

Poésie en temps de confinement

Tim­o­téo SERGOÏ, Il faut que tu me comptes par­mi nous, Ter­ri­toires de la mémoire, 2022, 120 p., 16 €, ISBN : 978–2‑930408–49‑1

sergoi il faut que tu me comptes parmi nousLe vers de Hölder­lin, « pourquoi des poètes en temps de détresse ? », ne cesse de sauter de siè­cle en siè­cle, de con­vo­quer les poètes à y répon­dre, à tout le moins à s’y affron­ter. Fig­u­rant dans le poème élé­giaque « Pain et vin », ce « Wozu Dichter in dürftiger Zeit ? » se décline sous la plume de Tim­o­téo Ser­goï. Que peut la poésie face au covid-19, quelles ressources indi­vidu­elles et col­lec­tives nous pro­pose-t-elle lors des con­fine­ments ? Com­ment une poésie hors quar­an­taine peut-elle décon­fin­er les corps et dés­in­car­cér­er les esprits ? Durant les cinquante jours de con­fine­ment s’étalant du 20 mars au 8 mai 2020, le poète, comé­di­en, artiste, voyageur Tim­o­téo Ser­goï a lancé à près de deux cents per­son­nes un poème-gravure quo­ti­di­en, un objet poé­tique, une bouteille ivre de mots, ciselée dans un esprit de résis­tance et de sol­i­dar­ité. Il faut que tu me comptes par­mi nous nous délivre des créa­tions qui s’élèvent comme autant de con­tre-feux à un quo­ti­di­en plom­bé à l’intérieur duquel elles dessi­nent une brèche. Il s’agit moins d’un manuel de survie en milieu hos­tile qu’une volte-face rompant avec la résig­na­tion et le nihilisme, qu’un témoignage d’une vie enfer­mée, cade­nassée dans un état d’exception qui tend dan­gereuse­ment à s’inscrire dans le régime socié­tal, à devenir la règle. Con­tin­uer la lec­ture

Neuf infusions de phrases

Tim­o­téo SERGOÏ, Nuit. Bruit. Fruit., Cac­tus inébran­lable, 2021, 86 p., 10 €, ISBN : 978–2‑39049–033‑3

sergoi nuit bruit fruit— Bon­jour, jeune homme, quelle jolie ter­rasse vous avez ici !

— Mer­ci madame. Je vous en prie, installez-vous. Per­me­t­tez-moi de vous con­fi­er le menu.

— Mer­ci. Nuit. Bruit. Fruit. Joli nom d’établissement… Quelle sont vos spé­cial­ités ? Con­tin­uer la lec­ture

La guérilla poétique de Timotéo Sergoï

Tim­o­téo SERGOÏ, Apoc­ap­i­talypse, Ter­ri­toires de la Mémoire, 2020, 87 p., 12 €, ISBN : 978–2‑930408–45‑3

Cinq par­ties divisées cha­cune en douze déchirures, douze lames, douze éclats, douze failles frac­turant le tis­su du monde, la car­togra­phie d’un monde avalé dans l’immonde : par­tant d’une ques­tion lim­i­nale « Où en sommes-nous ? », le recueil poé­tique Apoc­ap­i­talypse inter­roge la place de la poésie, du poète, leur con­nex­ion avec une insoumis­sion native. Écrivain, poète (Le tour du monde est large comme tes hanch­es, Le diag­o­naute amouraché, La soli­tude du marin dans la forêt, Blaise Cen­drars, brasi­er d’étoiles filantes…), comé­di­en, mar­i­on­net­tiste, voyageur, Tim­o­téo Ser­goï se place au point de ren­con­tre entre poésie et révo­lu­tion. Con­tin­uer la lec­ture

L’ombre longue de nos épaules

Tim­o­téo SERGOÏ, Tra­vers­er le monde avec un sac de plumes, Mur­mure des soirs, 2019, 168 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930657–48‑6


Pen­dant dix ans j’ai voy­agé, tra­ver­sé quar­ante pays, écrit des cen­taines de feuil­lets. Des textes courts retraçant au jour le jour mon par­cours. C’était au début des années 2000. Je tenais un « blog ». Cela ne s’appelait pas encore comme ça. En route, rien n’était alors tech­no-sim­ple comme aujourd’hui. C’était un car­net de voy­age, un jour­nal de bord en lignes par mil­liers. Je me suis par­fois demandé que faire de tous ces textes intimes et exo­tiques. Faudrait-il les retra­vailler pour pub­li­er ? Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on se frotte avec plaisir à l’art subtil de faire des listes

Un coup de cœur du Carnet

Tim­o­téo SERGOÏ, Les cages tho­raciques, Le Cormi­er, 2016, 64 p.

À chaque sec­onde, il y a un fou qui naît, à chaque sec­onde, il y a un sage qui meurt. (1, 2, 3 sec­on­des.) À chaque sec­onde, deux ani­maux s’embrassent, à chaque sec­onde, les adultes s’en moquent. (1, 2, 3 sec­on­des.) À chaque sec­onde, un cos­mo­naute rit, à chaque sec­onde, un scaphan­dri­er pleure et plonge dans ses larmes. (1–2‑3) (…) À chaque sec­onde, un cou­ple se déchire, à chaque sec­onde, tu ne me man­ques pas. (1–2‑3) Que tes éclats de rire. (4–5‑6) Et tes mains dans le noir. (7–8‑9) Et ta bouche, quelque­fois. (10–11-12) Je t’at­tends sous l’hor­loge.

sergoiTim­o­téo Ser­goï ? Déjà enten­du par­ler ? Non ? Moi, j’imag­ine ceci : Tim­o­téo Ser­goï voy­age, va partout dans le monde, à Mel­bourne, Syd­ney, Moscou, y mon­tre ses mar­i­on­nettes, y vit sa vie d’homme de théâtre, se frotte à la vie comme elle va, à la rude, dans les grandes cités, écrit entre deux avions, entre deux cafés, mais, a pri­ori, pas directe­ment à pro­pos de ce qu’il aura vu, enten­du, côtoyé, et pas directe­ment à pro­pos de ses mis­ères, états d’âme per­son­nels. Tim­o­téo Ser­goï serait, a pri­ori, plutôt du genre à ne met­tre en avant, dans ses poèmes, ni ses tour­ments, ni ses humeurs, ni ses ren­con­tres. C’est que Tim­o­téo Ser­goï serait plutôt du genre à aimer la facétie, les mécaniques poé­tiques, les poèmes qui s’écrivent « tout seuls », je veux dire : les poèmes qui seraient comme des pièges à rêves, qui une fois lancés don­nent l’im­pres­sion de ne jamais s’ar­rêter, tant ils débor­dent de joie et de plaisir, tant leur auteur laisse la part belle à la langue elle-même, au plaisir qu’il y a à enchaîn­er mot sur mot, phrase sur phrase. Con­tin­uer la lec­ture