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Pour une vie juste et contre les guerres

Ric­car­do PETRELLA, Let­tre aux enfants et aux petits-enfants, suivi de Pour le refus inté­gral de la guerre, Couleur livres, coll. « Libret­to », 2025, 77 p., 9 €, ISBN : 9782870039533

petrella lettres aux enfants et aux petits enfantsDepuis des années, Ric­car­do Petrel­la milite, dans les cours qu’il dis­pense et dans ses mul­ti­ples engage­ments, pour plus de jus­tice sociale, plus d’égalité, la préser­va­tion de l’environnement et en par­ti­c­uli­er de l’eau, bien com­mun uni­versel, dans nos pays indus­tri­al­isés mais aus­si entre nos pays rich­es et ceux dont les ressources sont pil­lées et par­tent ailleurs. Dix ans après Au nom de l’humanité (déjà chez Couleur livres), il veut trans­met­tre dans cette Let­tre aux enfants et aux petits-enfants, un héritage intel­lectuel et éthique sans renon­cer à ses com­bats, rai­son pour laque­lle il fait suiv­re cet acte de foi d’un plaidoy­er Pour le refus inté­gral de la guerre. Et il insiste sur le mot inté­gral à une époque où les va‑t’en guerre occu­pent le devant la scène. Con­tin­uer la lec­ture

Où l’insignifiant jouxte l’essentiel

Serge NÚÑEZ TOLIN, Près de la goutte d’eau sous une pluie drue, Rougerie, 2020, 70 p., 13 €, ISBN : 978–2‑85668–407‑8

Tel qu’il se révèle à petites touch­es dans ce nou­veau recueil, l’au­teur n’est pas un écorché vif ou un parangon de l’an­goisse exis­ten­tielle, tant s’en faut. Au gré de nom­breuses vari­antes, le thème de l’Ac­cord en effet ne cesse de se ren­forcer en se répé­tant au fil des pages : con­nivence du poète avec la nature en ses aspects les plus hum­bles, bouf­fées de joie, sen­ti­ment apaisant d’ex­is­ter, « nuit resplendis­sante de la présence », intu­itions de la total­ité et de la beauté, bon­heur comme « risque » à pren­dre ou, plus sim­ple­ment, comme cet accueil du matin qui se fait en moi autant qu’au dehors. Ain­si le texte de Flaubert qui ouvre la sec­onde par­tie rêve-t-il d’une assim­i­la­tion com­plète avec le monde naturel. Même un bref moment de mélan­col­ie ne suf­fit pas à fis­sur­er la con­fi­ance. Le plus sur­prenant, dans tout ceci, est la bonne adéqua­tion du lan­gage ver­bal au réel : « les mots rejoignent ce qu’ils désig­nent. Tout s’ac­corde alors que je par­le, chaque mot fait mouche et les choses reçoivent, avec le nom qu’on leur a don­né, notre présence recon­duite » ; « pass­er les mots par la prairie du réel. […] S’a­juster au réel, ce qu’on ne cesse de faire ». On le con­state, leçon d’at­tente, d’at­ten­tion et de patience, la poésie de Serge Núñez Tolin tranche forte­ment avec une ten­dance dom­i­nante ces dernières décen­nies : l’ex­trême dif­fi­culté de trou­ver une entente sta­ble avec soi-même, con­di­tion pour­tant indis­pens­able pour faire la paix avec le monde extérieur et les autres, l’i­nadéqua­tion rad­i­cale des mots jouant dans ce mal-être un rôle décisif. Con­tin­uer la lec­ture

L’obsession du caché

Jacques LACOMBLEZ, De dérive et d’in­stant. Poèmes 2012–2014. Brux­elles, Quadri, 2015, 80 p.

lacomblezVoici le 24e livre d’un poète… sans doute mieux con­nu comme artiste plas­ti­cien. Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on apprend qu’un poète se vêt aussi d’un tissu d’eau

Un coup de cœur du Car­net

Serge DELAIVE, Meuse fleuve nord, Tétras Lyre, coll. « Let­trim­age », 144 p., 18 €

delaive1Par­lons bien et par­lons peu : Meuse fleuve nord est for­mi­da­ble. Capa­ble, si on se laisse aller, si on se laisse bercer par ce long « poème-fleuve », de nous emporter bien loin, tout du long de ses 50 pages et de ses 1284 vers. C’est que Serge Delaive n’a pas ménagé sa peine. Con­tin­uer la lec­ture